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La saga du Centre aquatique de Vancouver devant la Cour suprême provinciale

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Plus d’une centaine de personnes ont rempli une salle d’audience de la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour tenter de préserver la piscine de 50 m du Centre aquatique de Vancouver situé au centre-ville près de la plage Sunset.

Les arguments de Robert Fleming, l'avocat du groupe Protecting Our Vancouver Aquatic Centre Society, se sont concentrés sur un plébiscite (nouvelle fenêtre) présenté aux électeurs en octobre 2022. À l'époque, il était demandé aux électeurs d'approuver un emprunt de 103 millions de dollars pour le remplacement, le renouvellement ou la remise en état du Centre aquatique de Vancouver.

Tout le monde pensait qu’il s’agissait d’une piscine de 50 m, a expliqué Robert Fleming en cour.

Mais en fin de compte, la Ville et la Commission des parcs ont choisi d'installer une piscine de 25 m et d'un espace pour enfants.

C'est comme si vous faisiez une demande pour une hypothèque. Vous avez trouvé une maison de quatre chambres qui vous plaît, et après avoir surmonté les difficultés liées au financement bancaire, on vous annonce le jour de la signature que, finalement, on vous a vendu une maison de deux chambres.

L'enjeu est la construction d'une piscine de 50 m, mais il va bien au-delà, explique Jon Girard, le fondateur du groupe qui nage dans la piscine depuis une dizaine d’années. Elle définit l’avenir de la démocratie à Vancouver, et notamment la question de la valeur réelle d'un vote.

À quelques reprises durant l'audience, le juge Christopher Giaschi a dû demander au public d’arrêter d'applaudir.

Jon Girard est debout devant un mur en béton.

Jon Girard, qui nage dans la piscine, a fondé le groupe Protecting Our Vancouver Aquatic Centre Society.

Photo : Radio-Canada

Une question de prix

L’avocat de la Ville de Vancouver, Iain Dixon, a fait valoir que la formulation du plébiscite était ambiguë justement pour laisser la possibilité de changer le plan.

Le conseil a voulu conserver la flexibilité nécessaire à l’évolution du projet au fil du processus de la planification urbaine, a-t-il expliqué.

Et c’est ce qui a été approuvé. Il n'est pas question d'une résolution précise à une piscine de 50 m.

Or, Iain Dixon a expliqué qu’au final, garder une piscine de 50 m coûtait trop cher.

Une femme tient une pancarte devant le bâtiment de la cour.

Sylvie Kruchten, qui nage au Centre aquatique de Vancouver depuis une quinzaine d'années. Sa pancarte dit : « Donnez-moi une plus grande piscine ! »

Photo : Radio-Canada

Au coeur de l’argument

Peu importe l'interprétation de la formulation du plébiscite, les deux avocats se sont entendus que le conseil peut aller de l’avant avec la piscine de 25 m, mais qu'il doit en prendre la responsabilité avec un vote officiel.

Iain Dixon affirme que les conseillers ont déjà donné leur aval, en juin 2025 : les conseillers municipaux souhaitaient à l'unanimité aller de l'avant avec le projet recommandé. Cela ressort clairement du dossier.

Robert Fleming n'est pas d'accord.

Selon lui à ce moment-là, les conseillers municipaux n’avaient pas été suffisamment informés sur la question par les employés de la Ville, et ils ne comprenaient pas que leur vote allait à l’encontre du plébiscite.

Il est clair qu’ils n’en avaient aucune idée. Cela ressort clairement de la transcription [de la rencontre municipale], a déclaré M. Fleming.

Mes clients seraient contents de renvoyer la question au conseil.

Un homme en gilet bleu devant une baie vitrée.

Matthew Ho, un joueur de water-polo a assisté à l'audience vendredi pour montrer son soutien au groupe Protecting Our Vancouver Aquatic Centre Society.

Photo : Radio-Canada

La question d’une injonction

Le groupe Protecting Our Vancouver Aquatic Centre Society a également demandé au juge une injonction pour empêcher la fermeture de la piscine qui est prévue le 28 juin.

Iain Dixon a répondu qu’il existe des enjeux de sécurité importants en raison du bâtiment vieillissant qui nécessite sa fermeture permanente. Il a notamment parlé de morceaux de béton du plafond qui sont tombés dans l’eau.

Robert Fleming dit qu’il n’y a aucune preuve indiquant que le bâtiment n’est pas sécuritaire.

Le juge a promis de répondre à la demande d’injonction le mardi 23 juin.

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