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Peaux noires : quel héritage ? (TV5Monde) : «Ayez confiance en vous ! »

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La scénariste Tiah Beye, Lisa, collégienne, et la comédienne Aïssa Maïga.

La scénariste Tiah Beye, Lisa, collégienne, et la comédienne Aïssa Maïga. TV5Monde

Cette série documentaire, disponible sur la plateforme de la chaîne, aborde des sujets graves avec une approche à la fois pédagogique, ludique et positive.

Brun ? Marron ? Noir foncé ? Noir ? Marron profond ? Tout simplement noir ? Leur carnation, les personnalités qui témoignent dans Peaux noires : quel héritage ?  en ont une vision différente. Car la série documentaire produite par La Félicité (à qui l’on doit Cheveux Afro) et TV5Monde, s’attache à la relation intime, mais aussi sociale et historique que les personnes noires francophones entretiennent avec leur couleur. Elle la décline en cinq épisodes de 13 minutes et autant de thèmes : Mélanine, La peau en héritage, Représentation, Le colorisme, Empouvoirement.

La genèse de cette série ? Johanna Boyer-Dilolo, une des deux réalisatrices et jeune maman, se pose la question de la transmission. «J’ai regardé des documentaires parlant de l’expérience noire, mais aucun ne partait véritablement de la peau», déclare-t-elle. Surtout, la maternité lui donne la tonalité. « Elle adoucit les choses, poursuit-elle. On aurait pu prendre une direction plus grave, mais j’ai envie de dire à mon fils : tu as la vie devant toi, ça va bien se passer. Il faut apporter sa propre sensibilité.»

À lire aussi Aïssa Maïga dans Escale fatale : «J’aimerais que les regards gagnent en humanité»

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De là, un besoin de pédagogie. Avec des définitions pour connaître le vrai sens des mots. Des sociologues, historiens et professionnels de santé qui apportent leur expertise. Il est ainsi question de phototype, de pigment, d’épiderme. De commerce triangulaire et de l’homme noir considéré comme un bien mobilier. Du code noir de 1685 tout juste aboli. De la dépigmentation qui fait fureur, notamment en Côte d’Ivoire, et de ses risques. Et bien d’autres choses encore.

L’expérience collective est aussi un marqueur fort. «La première ? La sortie de la douche, s’amuse Estelle Ndjandjo, coréalisatrice. Est-ce que tout le monde avait pour ordre de se mettre de la crème, du beurre de karité ? L’hydratation est un culte chez les personnes noires. Les gens brillent. Dans ma famille, si on ne brille pas et que l’on n’est pas parfumé, c’est que l’on n’est pas prêt ! La joie noire également..

Mais l’expérience individuelle touche aussi à l’universel. Les témoignages se rejoignent. Un racisme ordinaire, des remarques psychologiquement destructrices. On entend la scénariste Tiah Beye, l’ancienne députée Rachel Keke, la comédienne Aïssa Maïga (qui a participé à l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier ), la mannequin atteinte de vitiligo Estelle Mendy, Charles-Édouard Eboa, mannequin aussi, albinos...

Le format court, le montage rythmé servent le propos. Tableaux, danse contemporaine, animation, style graphique... viennent judicieusement s’intercaler entre les interventions et enrichir le documentaire tout en ajoutant à l’approche, ludique, légère même parfois, avec ce qu’il faut d’humour. Les peaux, enfin, sont sublimées, par une image magnifique, de gros plans sur leur grain, satiné. «Il n’existe pas une bonne manière de faire, reprend Johanna Boyer-Dilolo. Il faut se poser la question : que veut-on raconter en filmant les peaux ? Nous voulions rendre justice aux carnations des personnes filmées. Estelle et moi, nous sommes cinéphiles. Nous voulions que ce soit beau, que les visages ressortent». Leurs références ? L’oscarisé Moonlight  (2016) de Barry Jenkins, ou BlacKkKlansman : j’ai infiltré le Ku Klux Klan  (2018) de Spike Lee. La série s’achève sur une note résolument positive. «C’est une bénédiction d’être noir, lance Lisa, collégienne. Ayez confiance en vous !»

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