• Accueil
  • Insolite
  • Cette maison, « c'est l'Histoire » : quel avenir pour la Boisserie, demeure du général ...

La bisbille familiale autour de l’héritage de Charles de Gaulle devient une affaire d’État et fait craindre pour l’avenir de sa demeure, la Boisserie à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne). L’État ou le Département de la Haute-Marne pourraient l’acquérir. Ce dernier vient de faire une offre d’acquisition à la famille pour 1,5 million d’euros. Mais l’un des petits-fils du général souhaiterait l’acheter.

Frédéric Plancard - Aujourd'hui à 18:15 - Temps de lecture :

Devant la Boisserie, Gérard et Annie, qui viennent du Pas-de-Calais, s’inquiètent du devenir de la maison de Charles de Gaulle. Photo EBRA/L’Est Républicain/Alexandre Marchi Devant la Boisserie, Gérard et Annie, qui viennent du Pas-de-Calais, s’inquiètent du devenir de la maison de Charles de Gaulle. Photo EBRA/L’Est Républicain/Alexandre Marchi

Dans la cour de la Boisserie, la demeure achetée en 1934 par le général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, en Haute-Marne, Gérard et Annie s’inquiètent du devenir de cette maison qui reçoit 40 000 visiteurs par an. Eux viennent du Pas-de-Calais et ont entendu parler de l’affaire qui secoue le lieu. En cause ? Ce qui ressemble à une bisbille autour de l’héritage familial. L’amiral de Gaulle, fils du général, a eu quatre fils. L’un d’eux a vendu sa part de la maison à un de ses frères, Pierre, qui détient donc désormais 50 % de la Boisserie, les deux autres frères, Yves et Jean, en détenant donc 25 % chacun. Pour Gérard et Annie, cette maison, « c’est l’Histoire. C’est tellement important, on peut le remercier ».

Le devenir de la Boisserie , « on l’évoque depuis très longtemps », confie Nicolas Lacroix, le président du Département de la Haute-Marne. « Je souhaite plutôt que ce soit une gestion publique, que ça devienne soit propriété de l’État, soit propriété du Département, et qu’on puisse gérer comme c’est le cas aujourd’hui, c’est-à-dire avec une ouverture au public ». Mais avec le souhait, quand même, qu’elle reste au Département auquel la famille a confié la gestion. Une reprise en régie, avec le Mémorial de Gaulle, depuis le 1er  mai 2026.

Une offre à 1,5 million d’euros

Nicolas Lacroix s’était même rendu à l’Élysée, « le Président souhaite que l’État en fasse l’acquisition. Sauf qu’en fait, ça ne bouge pas ». Et puis, le président du conseil départemental estime que les frères « sont très réticents à ce que ce soit l’État » qui l’achète. En revanche, ils seraient plus ouverts envers le Département. Tout ceci tenait sur un fil jusqu’à début août. Pierre de Gaulle, connu pour ses positions prorusses, postait sur le réseau X un appel « à sauver la maison du Général de Gaulle  ! » en souhaitant qu’elle reste au sein de la famille. Suivait un lien vers une cagnotte en ligne pour son rachat.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix

« Ça reste quand même le petit-fils du général de Gaulle », confie Nicolas Lacroix, qui a eu un entretien avec la ministre de la Culture après ce message. « Mais je ne sais pas ce qu’il veut en faire ». D’autant que des idées de développement ne manquent pas, comme l’ouverture du premier étage au public, ou un parcours consacré à l’histoire et à la mémoire du général de Gaulle.

Le président a donc demandé « à une société privée, de faire une évaluation du bâtiment, de la maison et des biens ». Ce vendredi, l’assemblée départementale a autorisé le président à présenter à la famille « une offre d’acquisition de la Boisserie, mobilier inclus, pour un montant de 1,5 million d’euros ». Une étape qui permet « de poursuivre les négociations avec la famille de Gaulle ».

La demeure achetée en 1934 par le général de Gaulle. Photo d'archives Sipa

La demeure achetée en 1934 par le général de Gaulle. Photo d'archives Sipa

« De Gaulle appartient à la France »

Dans de la boutique de souvenirs, derrière l’église, René Piot est la dernière personne, hors famille, à avoir vu vivant le général de Gaulle. « Le jour de sa mort, à 15 h, il m’a reçu dans son bureau. » Une entrevue pour confirmer « un accord pour un terrain ». Le général lui a dit, à la fin de l’entretien : « Je vous ferai passer quelque chose. » Le lendemain « son chauffeur m’a apporté la lettre avec un chèque de 500 francs ». Cette lettre est le dernier écrit de de Gaulle. Pour la Boisserie, « je ne suis pas surpris qu’ils veuillent que ça reste à la famille, dit-il. Il faut qu’ils trouvent une entente avec l’État, le Département et que ça reste ouvert au public. De Gaulle appartient à la France ». Nicolas Lacroix de renchérir : « Ça intéresse tout le monde parce que les Français sont très attachés à cette maison et à son devenir ».

Pascal, de Picardie, est ému. Son père était dans le régiment de chars du colonel de Gaulle. Pour l’ouverture de la maison au public, oui, il est d’accord, « pour la transmission ». « Sans son caractère et sa persévérance, on n’en serait pas là ». Mireille et Michel, de Saint-Malo, restent favorables à une ouverture, « ça fait partie de l’histoire. Mais il faut que ça soit géré par quelqu’un qui sait gérer ». Et « ce qui nous manque aujourd’hui, c’est un de Gaulle ».

Articles les plus lusInsolite