Un des départs de feu est « imputable » à des migrants après l'échec d'un départ de bateau, l'autre « pourrait être lié » à une grenade lacrymogène de gendarmes, a indiqué mercredi le parquet.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 22:05 | mis à jour aujourd'hui à 22:11 - Temps de lecture :

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Un des départs du feu qui a récemment ravagé une zone sensible du littoral du Pas-de-Calais est « imputable » à des personnes migrantes et un deuxième « pourrait être lié » à une grenade lacrymogène lancée par des gendarmes, a indiqué mercredi le parquet.

« Il est d'ores et déjà acquis que le premier départ de feu a pour origine un incendie volontaire imputable aux migrants à la suite de la mise en échec d'un départ de bateau », a indiqué le procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer, Patrick Leleu. « Le second départ de feu pourrait être lié à l'intervention des gendarmes et à l'utilisation d'une grenade lacrymogène ; les investigations se poursuivent sur ce point », a-t-il précisé.

Aucune interpellation pour l'instant 

« Aucune interpellation » n'a eu lieu à ce stade et l'enquête sur l'origine de ces départs de feu se poursuit, a ajouté le parquet. L'incendie qui avait débuté mercredi dernier a été maîtrisé lundi selon les autorités. Il a ravagé 190 hectares d'une zone dunaire du littoral du Pas-de-Calais, également fréquentée par de nombreux touristes. Selon Angèle Vettorello, coordinatrice de l'association Utopia 56 à Calais qui a recoupé des témoignages de riverains et de personnes exilées présentes, une grenade lacrymogène aurait été tirée par des gendarmes alors qu'un « bateau était transporté vers la mer », et « les traînées de fioul » causées par ce dernier auraient alors entraîné la mise à feu de végétation sur les dunes.

L'autre départ de l'incendie pourrait quant à lui être lié à des « cigarettes de personnes exilées », a-t-elle détaillé, déplorant la « pression de la part des autorités » subie par les personnes qui attendent, parfois « plusieurs jours voire des semaines » avant de tenter de rejoindre l'Angleterre sur des embarcations précaires. Interrogé lundi lors d'un point presse sur l'usage des lacrymogènes, le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch avait rappelé que les gendarmes, s'ils « se font agresser, ils ont le droit de se défendre », ajoutant faire « très attention à ces questions d'emploi du feu ». Le parquet de Boulogne-sur-Mer avait ouvert la semaine dernière une enquête à la fois pour « destruction involontaire » et « destruction volontaire par incendie ».

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