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DÉCRYPTAGE - La spectaculaire réussite du Belge qui a privé Tadej Pogacar d’un succès historique ou le nouveau raté de l’Italien Ganna ont marqué une étourdissante édition de la Reine des classiques.
TOPS
L’incroyable scénario
Paris-Roubaix était un rodéo furieux. Périlleux de rester accroché à la selle. Impossible de résister aux crevaisons. Un cocktail explosif qui a rendu la course incontrôlable. La journée ensoleillée, poussiéreuse, rapide n’a épargné personne. Tour à tour, Tadej Pogacar, Mathieu van der Poel et Wout van Aert ont vu surgir les pépins. Un scénario endiablé qui a laissé filer de spectaculaires et éprouvantes courses-poursuites. Et une course folle traversée à une vitesse record (49 km/h). Une journée entrée dans la légende.
Deux Paris-Roubaix pour le prix d’un
Les hommes (258,3 km ; dont 54,8 km de secteurs pavés) d’abord, puis les femmes (143,1 km ; dont 33,7 km de secteurs pavés) dans la foulée ont, pour la première fois, défilé le même jour. Un défi logistique pour les organisateurs, une mise en scène sublime. Une journée appréciée à l’intérieur des courses et sur les bas-côtés. Avec deux sprints remportés par le Belge Wout van Aert et la championne d’Allemagne Franziska Koch (FDJ-United-Suez).
L’émouvante victoire de Van Aert
Le vaillant coureur belge (31 ans) décroche enfin la récompense de ses efforts, à sa septième tentative. Il tournait autour, aurait pu se décourager mais il a, comme toujours, su s’accrocher. Et s’imposer, lors d’un succès qu’il a dédié à son coéquipier Michael Goolaerts, retrouvé inconscient dans le secteur pavé de Viesly en 2018 avant de décéder dans la soirée d’un arrêt cardiaque à l’hôpital. «WVA» vivait alors son premier Paris-Roubaix. «Ça fait huit ans depuis je voulais lever le doigt au ciel pour Michael ici», a-t-il avoué au comble de l’émotion.
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Le goût du défi de Pogacar
Le champion du monde voulait compléter sa collection de «Monuments» et graver son nom, après Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie, au palmarès de Paris-Roubaix. Comme en 2025, le Slovène doit se contenter de la 2e place. Après avoir tout donné. Au terme d’une course folle (3 crevaisons, 2 changements de vélo), il n’est pas parvenu dans les dernières portions pavées à se débarrasser de Wout van Aert solidement accroché à sa roue arrière. Le sprint ne pouvait pas échapper au Belge. Tadej Pogacar (27 ans) a promis de revenir. Une chance pour la course et le printemps des classiques. Sa quête prouve son désir immense de marquer l’histoire.
Le panache de Van der Poel
Le Néerlandais, triple tenant du titre, rêvait de rejoindre les recordmen Roger De Vlaeminck et Tom Boonen (4 pavés chacun) mais la Trouée d’Arenberg (deux crevaisons) a vite déchiré les plans. Deux crevaisons plantées comme des coups de poignard. Au pire moment. Tout semblait déjà perdu. Il s’est accroché avec cœur pour remonter les deux minutes et les illusions perdues. Le petit-fils de Raymond Poulidor est revenu à une vingtaine de secondes de la tête de course. En vain (finalement 4e). Mais son panache a servi l’intensité de la course.
FLOPS
Le manque de réussite de Ganna
Le robuste Italien (Ineos) figurait dans le (petit) clan des outsiders. Dans l’ombre du duo star Pogacar-Van der Poel. Il a, comme de nombreux autres, souffert (crevaisons, chute). Vainqueur d’A Travers la Flandre (le 1er avril, au nez et à la barbe de Wout van Aert), Filippo Ganna peine toujours à s’illustrer sur Paris-Roubaix (6 participations, aucun Top 5).
La discrétion des Français
Elle est relative, en raison de la performance de Christophe Laporte (5e dans la roue de Mathieu van der Poel, son meilleur résultat en 10 participations) qui s’est démultiplié pour servir les desseins de Wout van Aert (comme Pauline Ferrand Prévot, 3e, qui s’est mise au service de Marianne Vos, 2e). Mais il a été le seul Français à s’illustrer. Dans le clan bleu, seuls 3 coureurs parviennent à se classer dans les 35 premiers (Laporte, Anthony Turgis 14e, Clément Russo 23e). Cette semaine, les Français, inspirés par Paul Seixas, ont brillé loin des pavés.
Des fumigènes malvenus
Comme dans les stades de foot, ils ont pris la mauvaise habitude de surgir pour se faire une place au cœur du spectacle. Eux qui sont, par exemple, interdits sur le Tour depuis 2018. Sur les portions pavées de Paris-Roubaix, ils viennent ajouter des risques inutiles. La visibilité était par endroits limitée en raison de la poussière soulevée et dans les boyaux étroits. Le tapis est suffisamment inconfortable pour ne pas avoir besoin d’en rajouter. Ils ont, sans dommage, accompagné les éclaireurs Pogacar et van Aert sur un secteur.


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