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Le valeureux coureur belge a pris le meilleur au sprint sur le champion du monde au terme d’une journée fantastique. Il s’offre enfin la Reine des classiques au terme d’un dimanche de toutes les folies.
Passer la publicité Passer la publicitéQuel spectacle ! Quelle journée ! Après des succès sur Milan-San Remo et le Tour des Flandres, Tadej Pogacar s’est incliné, au sprint face à Wout Van Aert. Paris-Roubaix, la course de tous les excès, de tous les dangers a, ce dimanche, été fidèle à sa légende. Et plus encore. Tellement plus. Les coups de théâtre se sont succédé pour servir une course incontrôlable, constamment branchée sur haute tension, posée sur un impitoyable tapis violent qui a vu se succéder d’étourdissantes courses-poursuites.
Tadej Pogacar, victime d’une crevaison à 120 km de l’arrivée dans le secteur pavé (n°23, Verchain), a, sur un vélo d’emprunt, vécu 7 minutes intenses, avant de poursuivre avec un vélo à ses cotes et de parvenir à retrouver la tête de la course après des sueurs froides et une vingtaine de kilomètres avec de la fumée sous le casque et de la rage dans les jambes. Juste avant la stratégique et redoutée Trouée d’Arenberg. Au cœur de la «Tranchée», Mathieu Van der Poel a été éjecté du train d’enfer. Victime d’une crevaison, le Néerlandais (finalement 4e à 15’’, juste devant Christophe Laporte, le premier Français) a chevauché le vélo de son équipier Jasper Philipsen, avant de renoncer, de remonter la course à contre-sens, à pied, de repartir avec son vélo (grâce à une roue passée par son équipier Tibor Del Grosso), avant d’être victime d’une deuxième crevaison. Et de sortir d’Arenberg, assommé. Avec 1’59’’ de retard.
Après avoir chassé ses idées noires, ventre à terre, mâchoire serrée, il a commencé à grignoter. Seconde après seconde. Pour reprendre des couleurs, avaler de la confiance, bâtir un retour étourdissant, participer à la composition de la plus étourdissante édition de Paris-Roubaix depuis de longues années. Revenu à 21’’, le Néerlandais, privé de soutien, vidé de toutes ses forces, n’a finalement pu retrouver la tête de la course. Triple vainqueur de l’épreuve (2023, 2024, 2025), le Néerlandais ne rejoindra pas les recordmen Roger De Vlaeminck et Tom Boonen (quatre pavés chacun). Mais il aura fait preuve d’une volonté digne d’éloges.
Devant lui, comme lors de la dernière étape du dernier Tour de France qui s’était invitée sur la Butte Montmartre, Tadej Pogacar et Wout van Aert composaient un tandem de feu, coupant les trajectoires, évitant les drapeaux, traversant la poussière et les fumigènes, à une vitesse record. Van Aert, cœur vaillant, souvent malchanceux, s’est accroché avec force et lucidité à la roue du Slovène qui a failli tomber à 17 km de l’arrivée dans le secteur du Carrefour de l’Arbre. Et au sprint, avec des nerfs d’acier, le Belge s’est imposé. En force. Pour décrocher son deuxième «Monument» (après Milan-San Remo 2020). Avec le doigt pointé vers le ciel, en souvenir de son coéquipier Michael Goolaerts, victime d’un arrêt cardio-respiratoire et décédé sur Paris-Roubaix en 2018. Wout Van Aert disputait son premier Paris-Roubaix. Il y aura connu des larmes et des désillusions (2e en 2022, 3e en 2023, 4e en 2025). Avant la récompense lors de son 7e Paris-Roubaix. Au comble de l’émotion. Magnifique…


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