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L'ancienne ministre de la Culture est poursuivie pour corruption et trafic d’influence, elle doit justifier de 900 000 euros reçus de Renault.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 13:35 | mis à jour aujourd'hui à 13:48 - Temps de lecture :
Le procès pour corruption de Rachida Dati s'achève ce lundi. Le parquet national financier (PNF) a requis ce lundi contre Rachida Dati, jugée pour corruption, quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet électronique, ainsi que cinq ans d'inéligibilité et d'interdiction de la fonction publique, avec exécution provisoire pour ces peines complémentaires.
Ces réquisitions, si elles étaient suivies par le tribunal lorsqu'il rendra sa décision dans quelques mois, feraient immédiatement perdre à Rachida Dati son mandat de maire du VIIe arrondissement et empêcheraient son retour dans la magistrature, au sein de laquelle elle vient d'être réintégrée et est actuellement en attente d'un poste. Contre l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, en fuite au Liban et jugé en son absence, le parquet a requis quatre ans de prison avec maintien du mandat d'arrêt.
Ultime confrontation
Après cinq journées d'une audience devenue de plus en plus rugueuse et électrique, le retentissant procès de celle qui était encore ministre de la Culture à l'hiver dernier se termine sur une ultime confrontation entre le parquet national financier (PNF) et la coriace défense de Rachida Dati.
Également poursuivi mais en fuite au Liban, l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn est jugé en son absence. Le PNF estime que la convention d'honoraires d'avocat du 28 octobre 2009 signée entre Rachida Dati et Carlos Ghosn, avec une rémunération forfaitaire annuelle de 300 000 euros hors taxes pour l'ex-ministre, a servi à maquiller un travail de lobbying au Parlement européen pour Renault-Nissan entre 2009 et 2013, ce que son mandat d'eurodéputée prohibait.
Depuis le début de la procédure en 2019, Rachida Dati nie mordicus et soutient n'avoir fait qu'un travail d'avocate pour le constructeur automobile, activité qui était légalement compatible avec sa fonction d'élue. Carlos Ghosn « a signé un contrat d'avocat, j'ai signé un contrat d'avocat et j'ai exercé comme avocat », a martelé sur tous les tons à la barre l'élue parisienne de 60 ans. De ce travail juridique, l'enquête n'a cependant retrouvé presque aucune trace écrite.
Appel à la relaxe
Après le réquisitoire du PNF lundi matin, annoncé pour durer quatre heures, ses avocats Mes Olivier Pardo, Benjamin Mathieu, Olivier Baratelli et Antoine Beauquier appelleront dans l'après-midi le tribunal à la relaxe de leur cliente. La défense affirme que Rachida Dati a effectivement travaillé comme avocate pour Renault-Nissan, permettant à l'alliance des avancées sur des dossiers stratégiques dans des pays sensibles comme le Maroc, l'Algérie ou l'Iran. Elle a fait citer à la barre plusieurs témoins en ce sens.
Rachida Dati attribue le peu de traces retrouvées de ce travail à la culture du secret et du cloisonnement de Carlos Ghosn, tout-puissant magnat de l'automobile jusqu'à son arrestation au Japon en 2018, soucieux de limiter ou détruire les documents écrits.
Réfugié au Liban pour échapper aux mandats d'arrêt des justices japonaise et française, Carlos Ghosn, 72 ans, ne s'est pas présenté à l'audience parisienne et est jugé par défaut. Il pourra ainsi former opposition au jugement et obtenir automatiquement un nouveau procès de première instance.


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