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Pour ce samedi, si certaines villes ont déjà interdit les rassemblements, on ne connaît pas encore le sort du cortège parisien, dont un parcours a été déposé en préfecture.
Par Timothée Barnaud avec AFP

VALERIE DUBOIS / Hans Lucas via AFP
Des manifestants du mouvement lycéen et étudiant, le 8 octobre à Paris.
Plusieurs manifestations ont été interdites à travers la France ce jeudi 22 octobre en raison de risques de troubles, à la suite des violences et pillages du week-end dernier en marge de la mobilisation sociale, ont annoncé les autorités ce mercredi.
À Paris, la préfecture de police a pris un arrêté interdisant les rassemblements et manifestations dans certains secteurs de la capitale ce jeudi entre 8h à 20h.
Sont concernés notamment l’Élysée, Matignon, l’Assemblée nationale, le Sénat ainsi que des lieux touristiques comme les Champs-Élysées, le musée du Louvre et le quartier des grands magasins. L’interdiction porte également sur les places d’Italie, de la Bastille, de la République, la zone commerçante de Châtelet et des Halles, l’île de la Cité ainsi que les gares parisiennes.
Un peu plus tôt dans la journée, la préfecture de police avait interdit une manifestation déclarée par Interfac IDF, prévue ce jeudi dans la capitale, en raison de « l’incapacité de l’organisateur à éviter les exactions » lors des rassemblements les 13 et 17 octobre, et pour « garantir la sécurité des biens et des personnes ».
Interfac IDF, qui se présente comme l’assemblée générale des étudiants des facultés franciliennes, avait déclaré pour jeudi un parcours allant du boulevard de l’Hôpital jusqu’à la place de la Bastille. Ils ont dénoncé « le choix de la répression policière et administrative » du gouvernement, et annoncé saisir le tribunal administratif de Paris pour contester cette interdiction.
Manifestations interdites à Lyon, Grenoble ou Lille
Toujours dans le cadre du mouvement lycéen et étudiant, le préfet du Rhône a interdit une manifestation prévue ce jeudi après-midi à Lyon, organisée par l’Unef et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
« Face aux risques sérieux de troubles à l’ordre public et au regard du contexte actuel, j’ai fait le choix, en responsabilité, d’interdire ce rassemblement pour éviter tout débordement et garantir la sécurité de tous », a déclaré le préfet Étienne Guyot dans un communiqué.
Le parcours déposé par les organisateurs prévoyait une arrivée place Bellecour, où des violences avaient éclaté samedi en marge de la manifestation contre « la vie chère » avec notamment l’incendie d’une antenne de l’office du tourisme.
La préfète de l’Isère a pris une décision similaire à Grenoble, où « tout rassemblement, attroupement, manifestation ou cortège de personnes est interdit » à partir de 6h ce jeudi, dans un périmètre délimité afin de « préserver l’hyper-centre et cette partie du centre de Grenoble qui a été extrêmement durement éprouvée durant cette journée du 17 ».
Tous les attroupements et toutes les « manifestations à caractère revendicatif » sont aussi interdits dans de larges secteurs à Lille et dans la commune voisine de Wattignies jeudi de 7h et 22h selon un arrêté préfectoral publié mercredi.
Déjà des interdictions pour samedi
Plus que ce jeudi, une autre date est déjà dans toutes les têtes : celle du samedi 24 octobre, pour l’« acte II » du mouvement social qui a mis entre 550 000 et 800 000 personnes dans les rues le 17 octobre, avec une fin de journée marquée par des scènes de violence et de pillages.
Dans certaines villes, les manifestations ont d’ores et déjà été interdites pour ce samedi. C’est le cas à Rouen et au Havre, où les rassemblements seront interdits entre 9h et 20h, faisant « suite aux violences urbaines qui se sont déroulées à Rouen et au Havre, comme dans de nombreuses autres villes en France » le 17 octobre.
Dans le sud de la France, à Toulon, les « manifestations, cortèges, défilés et rassemblements à caractère revendicatif » seront interdits dans le centre-ville samedi de 11h à 23h59, a annoncé le préfet du Var Simon Babre.
À Grenoble, les manifestations dans le centre-ville ont été interdites jusqu’à 6h ce dimanche, tandis qu’au Mans, le préfet de la Sarthe a indiqué interdire pour sa part « toute manifestation jusqu’au mardi 27 octobre 8h » dans le centre-ville.
Quel sort pour la manifestation parisienne ?
En revanche, aucune information pour l’instant sur le sort réservé à la manifestation parisienne de ce samedi. Un parcours a été formellement déposé par un représentant de la coordination des gilets jaunes du 17 octobre, ce mercredi.
« Je viens d’envoyer avec quelques collègues une déclaration en préfecture pour un parcours qui part de Bastille et qui va à Opéra. La CGT Paris annonce qu’ils vont aller à Bastille, l’Union étudiante également », a affirmé ce mercredi sur France 2 Benjamin Ball, éditeur du site cartographiant toutes les actions prévues samedi prochain pour l’« acte II » du mouvement.
« Et samedi 24 ? Toutes les manifestations seront-elles interdites ? On ne se laissera pas faire », promet d’ailleurs l’Interfac IDF, qui compter organiser ce jeudi à 18h une nouvelle assemblée générale.
Le ministère de l’Intérieur doit détailler ce jeudi le dispositif de sécurité pour samedi mais a d’ores et déjà prévu le recours à des blindés, aux militaires de la force Sentinelle et aux unités d’élite de police et gendarmerie.


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