Othman Garrido a été acquitté du chef d'assassinat mais reconnu coupable de meurtres en bande organisée par la cour d'assises spéciale de Paris ce mardi.

La rédaction avec AFP - Hier à 22:35 | mis à jour hier à 23:02 - Temps de lecture :

L'avocat d'Othman Garrido à l'ouverture de son procès. Photo Sipa / Sabrina Dolidze L'avocat d'Othman Garrido à l'ouverture de son procès. Photo Sipa / Sabrina Dolidze

L'ex-jihadiste français Othman Garrido, accusé d'avoir été un bourreau de l'organisation Etat islamique (EI), a été condamné mardi soir à 30 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté des deux tiers, par la cour d'assises spéciale de Paris. Le Montpelliérain âgé de 32 ans a été acquitté du chef d'assassinat mais reconnu coupable de meurtres en bande organisée lors d'une double exécution publique en 2015 en Syrie, et d'association de malfaiteurs terroriste. L'avocat général avait réclamé la peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans.

Garrido, qui a vécu de 2012 à 2020 en Syrie où il avait rejoint l'EI, a été un « jihadiste enragé, acharné », a lancé l'avocat général, en demandant à la cour de le reconnaître coupable de meurtres et d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Sa présence lors de l'exécution publique de deux Iraniens le 13 septembre 2015 à Al-Qaryatayn (centre de la Syrie) est documentée de façon irréfutable par plusieurs clichés retrouvés dans un téléphone qui aurait appartenu à sa femme.

Évolution « parfaite » mais « suspecte »

Juger Garrido, « c'est juger l'un des statuts les plus hauts de l'EI avec Tyler Vilus », un autre jihadiste français, haut cadre de l'organisation, condamné en 2021 à perpétuité pour avoir participé à une double exécution publique en 2015 en Syrie, a insisté l'avocat général. L'EI avait instauré un « califat » en 2014 sur de vastes pans de territoires en Irak et en Syrie, avant d'être défait en 2019 par une coalition internationale menée par les Américains.

Tout au long de son procès, Othman Garrido, « né radicalisé » dans une famille ultra religieuse, sous la férule d'un père converti à l'islam, a fait valoir qu'il était parti contraint, « sous emprise », et s'est présenté comme un jihadiste forcé, terrorisé par la mort et en quête de reconnaissance. « Othman Garrido a passé huit ans en Syrie, il est parti avant la naissance du califat, est revenu après sa chute », a insisté l'avocat général.

Face au discours de déradicalisation de l'accusé, qui a frappé l'audience par son parcours en prison et sa prise de distance affichée avec le jihadisme, le magistrat a exprimé ses doutes. « Son évolution est parfaite. Nous en prenons acte, il y a nécessairement une réalité. Mais cette évolution est tellement inattendue, immédiate, spontanée, radicale, qu'elle est évidemment suspecte », a-t-il lancé.

Articles les plus lusFaits-divers - Justice