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Confrontés aux conséquences de la sécheresse et des crises internationales, les fabricants d’aliments pour animaux restent confiants sur leurs capacités à fournir les éleveurs, mais n’ont aucune visibilité sur l’origine des matières premières, les types d’aliments à fournir ni les futurs prix.
Charlotte Murat - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :
Que les éleveurs se rassurent, ils ne manqueront pas d’aliments à donner à leurs animaux dans les mois à venir. « C’est notre métier, on saura faire », affirme Dominique Breton, président du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (SNIA), qui rassemble 106 entreprises et représente 43 % de la production nationale d’aliments composés. D’où viendront les matières premières ? Quels types d’aliments les fabricants devront-ils fournir aux éleveurs bovins, en quelle quantité et à quel prix ? Toutes ces questions restent en revanche sans réponse pour le moment.
Les aliments pour animaux, c’est 100 % de l’alimentation des porcs et des volailles et environ 20 % de l’alimentation des bovins, sous forme de concentrés rajoutés au fourrage. Or, le fourrage, on en manque cruellement cette année à cause de la canicule et de la sécheresse. Les prairies ont grillé et les récoltes de maïs ensilage sont en recul de 27 %. « Nous sommes tout à fait capables de fabriquer des aliments riches en cellulose pour remplacer les fourrages manquants, mais c’est très difficile d’avoir de la visibilité sur les besoins des éleveurs », note François Cholat, ancien président du SNIA devenu expert conseiller pour le syndicat. Les stocks hivernaux sont déjà entamés, mais une arrivée précoce du printemps, par exemple, pourrait permettre de remettre les vaches au pré plus tôt et donc limiter les futurs besoins de substitution.
72,7 % de matières premières françaises
Autre conséquence de la sécheresse, les pertes de production, estimées à 45 % pour le maïs grain et 20 % pour les betteraves. Or, ces matières premières entrent dans la composition des aliments pour animaux. « Nous mettrons tous les moyens nécessaires pour trouver toutes les matières premières », promet Ludovic Michel, vice-président du SNIA, quitte à aller les chercher hors de France et à faire baisser le taux habituel de 72,7 % de matières premières françaises. « Les éleveurs dont le cahier des charges impose 100 % de céréales françaises devront sans doute demander des dérogations », note au passage l’élu.
Ces matières premières venues d’ailleurs, en particulier le maïs, coûteront-elles plus cher ? « Cela dépendra des cours du marché », répond le syndicat. Et cela, c’est aussi lié à l’actualité internationale, tout comme les coûts de production des aliments pour animaux. « La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une hausse de 25 % du prix des acides aminés et de 10 % du prix des vitamines », détaille Dominique Breton. À cela s’ajoute une augmentation de 20 % des prix industriels (énergie, carburant et logistique). Autant de paramètres qui rendent impossible une estimation des futurs coûts de ces aliments pour les éleveurs.


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