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« Papa jouait avec nous » : en Essonne, un père condamné pour avoir agressé ses jumelles de 8 ans

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Un homme de 56 ans a été condamné à 5 ans de prison ferme par le tribunal judiciaire d'Évry-Courcouronnes pour avoir agressé sexuellement ses deux filles jumelles âgées de 8 ans.

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Illustration - Un homm

Illustration – Un homme de 56 ans a été condamné à 5 ans de prison ferme par le tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes pour avoir agressé sexuellement ses deux filles jumelles. (©T.F. / actu Essonne)

Par Rédaction Essonne Publié le 10 août 2026 à 6h06

Jean-Yves* flotte dans son tee-shirt orange quand il apparait dans le box de la 10ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes. Son ex-femme est assise sur les bancs réservés aux parties civiles, le dos droit, digne, les yeux un peu perdus dans le vague, comme si elle essayait encore de comprendre comment le père de ses deux filles jumelles a pu à ce point déraper. Elle est soutenue par les enfants de son ancien compagnon, qui eux aussi, observent cet homme de 56 ans, cadre dans le finance, aux revenus confortables, se débattre dans ses contradictions et dans ses tentatives d’explication, qui ont bouleversé jusque dans les tréfonds de l’inimaginable l’ensemble du tribunal. Son entourage présent, comme sa fille de 27 ans, se cachent parfois le visage comme s’ils retenaient leurs sentiments, faisant face à leur père confus, qui a brisé à tout jamais l’harmonie de leur famille recomposée.

« Papa jouait avec nous »

Il y a quatre mois, Bénédicte* pousse la porte du commissariat. Elle vient porter plainte au nom de ses deux petites filles jumelles, qui ont été abusées par leur père pendant près d’un an, alors qu’elles n’étaient âgées que de huit ans.

Devant les enquêteurs, Lucie et Jade* racontent l’impensable. Depuis la séparation de leurs parents, elles passent les week-ends chez leur père qui s’occupe de sa mère âgée. Elles partent aussi avec lui en vacances à Saint Tropez.

Dans le secret de leur chambre, derrière les tentures de la toile de tente, elles ont été soumises à un jeu pervers et dégradant. Chacune leur tour, elles subissaient des caresses à travers leurs vêtements de nuit, sentaient leur père se frotter à elle, dans des pauses qui n’avaient rien de tendres.

« Viens on va jouer au poney », disait le père à l’une, ou « On va s’amuser à Brad Pitt », annonçait –t-il à l’autre, comme un code déclencheur de ses exactions sordides. Pendant plusieurs semaines, le même scénario s’est répété.

« Papa jouait avec nous. Il nous embrassait avec la langue », ont détaillé les deux sœurs jumelles avec leurs mots d’enfant.

« Techniquement, je ne leur faisais pas l’amour »

De son côté, Jean Yves se triture les mains dans son box, évitant le plus possible de croiser le regard de ses proches. Il se psychanalyse à haute voix, tendant maladroitement de trouver des motifs légitimes à ses actes, caché derrière ses lunettes rectangulaires à écaille. Un divorce douloureux, une prise de poids qu’il n’assume pas, la perte momentanée de son emploi, comme une litanie pour rester enfermé dans son déni.

« Techniquement, je ne leur faisais pas l’amour », lâche-t-il devant l’assistance médusée. Avant de susurrer : « C’est moi l’adulte, c’est moi qui suis responsable », comme s’il avait besoin encore de s’en convaincre.

« À vous entendre, on a l’impression que tout cela n’est pas si grave », lui réplique la présidente du tribunal visiblement agacée.

Bénédicte, la mère des jumelles, a tenu à témoigner au nom de ses filles. « Je suis encore sidérée. Notre séparation était plutôt sereine jusque-là. Il a tout brisé. Mes filles se sentent coupables d’avoir envoyées leur père en prison, » révèle-t-elle en triturant nerveusement son chouchou léopard qu’elle porte au poignet.

Cinq ans de prison ferme

Son avocate, Maitre Julie Motreff, a décrit dans sa plaidoirie les conséquences du comportement du prévenu. Des petites filles qui ne veulent plus être approchées par les hommes de leur famille. « Elles culpabilisent, leurs résultats scolaires en chute libre », a-t-elle retracé, pointant au passage l’illusion dans laquelle s’est enferré le prévenu tout au long de l’audience.

Le procureur de la République a dépeint le mode opératoire réitéré de Jean-Yves, ses intentions malfaisantes, le conditionnement auquel il soumettait ses deux petites jumelles, comme si elles étaient devenues ses jouets.

« Les faits sont choquants, particulièrement dérangeants. Ma tâche est difficile », a reconnu Maitre Jérémy Gabison, l’avocat de Jean Yves, en débutant sa plaidoirie.

« Toute reconnaissance est imparfaite. Les mots de mon client ont pu choquer, mais il a stoppé de lui-même ses agissements sur ses filles six mois avant qu’elles s’ouvrent à leur maman », écartant les risques de récidives de son client.

À l’issue du délibéré, Jean-Yves a été condamné à 5 ans de prison ferme, dont un an avec sursis. Son autorité parentale lui a été retirée. Il est inscrit désormais sur le fichier des délinquants sexuels.

*Les prénoms ont été changés.

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