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À Beauvais, 150 places de parking vont sauter : quelle est cette loi qui réduit la place des voitures ?

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La Ville de Beauvais va perdre 150 places de stationnement d’ici fin 2026, avec une priorité donnée dans un premier temps aux secteurs situés autour des écoles.

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Chercher une place de stationnement en ville n’est pas toujours une sinécure. Alors, forcément, voir près de 150 emplacements disparaître peut susciter quelques interrogations chez les automobilistes beauvaisiens.

Un marquage de neutralisation au sol est déjà visible à proximité du passage piéton permettant de rejoindre l’école Philippe Cousteau de Beauvais. (©Léa Mosco / Actu Oise)

Par Nicolas Giorgi Publié le 10 août 2026 à 6h02

« Mais il n’y avait pas une place ici avant ? » À la rentrée, certains habitants de la plus grande ville de l’Oise risquent de se poser la question en découvrant des zébras blancs à la place de leur emplacement de stationnement habituel. Depuis le 4 août 2026, la Ville de Beauvais a lancé une vaste opération de « neutralisation » des places situées à proximité immédiate des passages piétons. Alors oui, à Beauvais, 150 places vont disparaître. Mais derrière les coups de peinture blanche et cette centaine de places en sursis, il y a surtout une obligation nationale… et une volonté affichée de rendre les rues plus sûres. Pourquoi c’est maintenant que ça se passe ? On vous explique.

Une distance de cinq mètres à respecter près des passages piétons

Derrière cette opération se trouve une obligation légale. La Loi d’orientation des mobilités (LOM), vous connaissez ? Son article 52 impose en effet aux communes de supprimer à leur charge les possibilités de stationnement situées « dans les cinq mètres en amont des passages piétons », dans le sens de la circulation.

L’objectif est d’éviter qu’une voiture stationnée ne dissimule un piéton sur le point de traverser, et que celui-ci ne soit renversé. Le but avoué est donc de réduire l’accidentologie en ville.

Le stationnement de véhicules juste avant un passage piéton crée des angles morts importants. Il masque la présence des piétons, en particulier des enfants, des personnes à mobilité réduite ou des seniors, prêts à traverser, tout en empêchant ces derniers de voir arriver les véhicules.

Un problème que les spécialistes de la sécurité routière désignent sous le nom de « masque à la visibilité ».

Des places supprimées, mais pas forcément de l’espace perdu

Les automobilistes verront concrètement les effets de cette opération avec l’apparition de zébras blancs à l’emplacement des anciennes places. Mais ces espaces ne seront pas nécessairement laissés vacants. La Ville prévoit notamment d’y installer des arceaux pour les vélos.

Dans les secteurs où les risques sont jugés plus importants, des bordures ou d’autres dispositifs (îlots de sécurisation, etc.) pourront également être déployés afin d’empêcher les voitures de se garer.

« Cet été, on se concentre sur la neutralisation des places, puis, à l’automne, on sera plus sur la partie arceaux vélos et stationnement vélo », confirme-t-on à la direction des mobilités de la Ville.

150 places en moins… sur 25 000

La campagne a débuté au mois d’août, une période choisie notamment parce que la circulation est moins importante. « L’été, il y a quand même un peu moins de monde, c’est donc plus facile de neutraliser des places », explique notre interlocutrice au service mobilités.

Il y a un mois, plusieurs disparitions de femmes avaient semé le trouble à Beauvais. Deux enquêtes pour disparition inquiétantes sont toujours en cours.

Chercher une place de stationnement en ville n’est pas toujours une sinécure. Alors, forcément, voir près de 150 emplacements disparaître peut susciter quelques interrogations chez les automobilistes beauvaisiens.(©Nicolas Giorgi / actu Oise)

Une mission qui a été confiée à l’entreprise Axe Signa. La Ville indique par ailleurs s’appuyer sur les recommandations du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) pour déterminer les solutions à mettre en place.

Plusieurs secteurs proches des établissements scolaires sont déjà concernés, notamment autour des écoles Jacques-Prévert, Philippe-Cousteau dans le quartier Saint-Jean, et aux abords de l’école Marissel.

Des places ont également déjà été neutralisées pour éviter que des voitures ne mordent sur le passage piéton devant la rue Jeanne-d’Arc, près du Jeu de Paume, ou rue de la Tapisserie, non loin de la gare.

De quoi faire grincer quelques dents dans une ville où trouver une place peut parfois relever du parcours du combattant ?

Pas si sûr. La Ville relativise l’impact de la mesure. Beauvais compte environ 25 000 places de stationnement. Les 150 emplacements supprimés représentent donc moins de… 1 % de l’offre totale de stationnement. Une goutte d’eau, donc.

« On sera prêts dans les temps »

Des associations d’usagers de la bicyclette, tels que Vellovaque, ont déjà salué l’initiative, regrettant même qu’elle ne soit pas intervenue plus tôt, la Ville de Beauvais ayant attendu la dernière ligne droite pour agir, puisque les communes doivent être en conformité avec cette réglementation au plus tard le 31 décembre 2026.

À Beauvais, l’opération doit s’étaler jusqu’à cette date. « On sera prêts dans les temps », promet la Ville.

Cela ne signifie pas pour autant que les automobilistes ne remarqueront rien.

Forcément, on va neutraliser des places payantes ou en zone bleue, mais c’est une obligation légale.

Beauvais n’est pas la seule ville concernée

La ville préfecture de l’Oise est loin d’être un cas isolé. La même obligation s’applique effectivement partout en France. Ainsi, certaines collectivités vont devoir supprimer plusieurs milliers de places. À Lille, plus de 4 600 emplacements sont concernés. À Amiens, environ 3 300 places doivent disparaître, tandis que Bordeaux en compte près de 1 000 et Roubaix plusieurs centaines également. Tout compte fait, avec seulement 150 places de moins, Beauvais tire donc plutôt très bien son épingle du jeu.

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