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C’est confirmé. Ousmane Sonko sera installé président de l’Assemblée nationale du Sénégal mardi prochain. L’information tombe après des jours de spéculations intenses autour de la démission d’El Malick Ndiaye, actée ce 24 mai 2026. Le leader de Pastef quitte donc l’opposition frontale pour endosser la deuxième fonction de l’État sénégalais. Un basculement que peu avaient anticipé aussi vite.
Ce que l’on sait sur l’installation prévue mardi
La date est posée. Mardi prochain, les députés de l’Assemblée nationale se réunissent pour élire officiellement leur nouveau président. Ousmane Sonko, qui avait suspendu son mandat de député obtenu lors des législatives de 2024, est attendu pour reprendre sa place dans l’hémicycle, avant d’en prendre la tête.
El Malick Ndiaye a ouvert la voie en déposant sa lettre de démission. La séquence a été rapide, presque trop fluide pour ne pas avoir été préparée en amont. Une députée Pastef, Yacine Samb, avait posté un message sibyllin il y a moins de 48 heures, invitant El Malick à « laisser la cour à un autre ». La suite a été mécanique.
Sonko à la présidence de l’Assemblée, c’est Pastef qui occupe les deux têtes de l’État, puisque Bassirou Diomaye Faye tient déjà la présidence de la République. Un tel verrouillage institutionnel est inédit dans l’histoire politique récente du Sénégal.
Ce que ce tournant change vraiment
Difficile de ne pas voir là un repositionnement stratégique voulu par Diomaye. Sonko encadré dans un rôle protocolaire, loin des tribunes enflammées et des confrontations directes avec l’exécutif, ça arrange un président qui veut gouverner sans turbulences internes.
Mais Sonko n’est pas n’importe quel président d’Assemblée. Son style, sa base militante, sa capacité à mobiliser, rien de tout cela ne disparaît avec un titre institutionnel. La vraie question reste entière : va-t-il accepter les contraintes du poste, ou va-t-il transformer l’Assemblée en tribune politique permanente ?
On ne sait pas encore comment il va exercer cette fonction. Aucune déclaration publique de Sonko lui-même n’a filtré à ce stade pour préciser sa vision du rôle.
Pour l’Afrique de l’Ouest francophone, le signal est fort. Un leader d’opposition au sommet du parlement, dans un pays qui a traversé plusieurs années de crise politique intense, c’est un virage que peu auraient parié il y a dix-huit mois.
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Jean-Paul Dzomo Nana
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.


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