Souvenez-vous. Il fut un temps, juste après le covid, où prendre l’avion impliquait de dealer avec sa culpabilité. A cette époque, on était conscient que «le transport aérien émet entre 20 et 30 fois plus de gaz à effet de serre par passager que le train» et on en tirait des conséquences. Depuis, Trump a accédé au pouvoir, les conflits internationaux ont explosé, l’IA redistribue les cartes en matière de rapport à la réalité, bref, le monde perd la tête à vitesse grand V.
Dès lors, même chez des écolos convaincus, on entend cette phrase magique: «Oui, je prends l’avion, car les guerres, ça pollue de toute façon.» Et ils ne sont pas seuls à décoller, l’âme légère. Commandé par Aviationsuisse et effectué sur un panel représentatif de 3734 Alémaniques et Romands, un sondage de l’institut Sotorno publié en mai dernier montre que seulement 28% de nos concitoyens «éprouvent de la honte en achetant leur billet d’avion». Pour les autres, donc 72%, c’est open bar, ou plutôt open sky.


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