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Le projet nickélifère Crawford, situé près de Timmins, reçoit finalement l’approbation du gouvernement fédéral. Selon Ottawa, cette décision pourrait permettre un investissement de 5 milliards de dollars et la création de plusieurs milliers d’emplois dans la région.
La ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature, Julie Dabrusin, a conclu que les effets négatifs du projet sont justifiés par les retombées économiques et sociales qu’il pourrait générer.
Situé à 42 kilomètres au nord de Timmins, le site accueillera une mine de nickel-cobalt à ciel ouvert ainsi qu’une usine métallurgique. L’exploitation de cette mine pourrait s’étendre sur environ 40 ans.
Un moteur économique pour le Nord de l’Ontario
Le gouvernement fédéral présente Crawford comme un projet stratégique pour le secteur canadien des minéraux critiques, notamment pour répondre à la demande croissante de nickel utilisé dans les batteries de véhicules électriques.
Ottawa prévoit environ 5 milliards de dollars d’investissements, la création potentielle de 4000 emplois directs et indirects, ainsi qu’une contribution estimée à plus de 70 milliards de dollars au PIB canadien et 67 milliards de dollars à celui de l’Ontario.
À Timmins, la maire Michelle Boileau accueille favorablement la décision.
On a eu l’occasion, en tant que communauté, de pouvoir partager nos rétroactions et de faire partie de la planification , indique-t-elle.
De voir tout ce travail enfin atteindre l’approbation, on est fiers d’en faire partie
Elle s’attend notamment à des retombées pour l’ensemble de l’économie locale, des fournisseurs miniers aux commerces de la région.
La maire reconnaît toutefois que l’arrivée de nouveaux travailleurs exercera une pression supplémentaire sur le marché du logement.
On est déjà en train de se préparer pour cette croissance , soutient-elle. On est confiants que, dans les prochaines années, on va avoir le logement nécessaire pour soutenir le projet, ajoute-t-elle.
Une approbation sous conditions
L’approbation fédérale s’accompagne de plusieurs conditions juridiquement contraignantes que Canada Nickel devra respecter pendant toute la durée de vie du projet.
Ces exigences touchent notamment la protection des poissons et de leurs habitats, des oiseaux migrateurs, la réduction des impacts sur les peuples autochtones ainsi que la restauration progressive du site après l’exploitation.
Le rapport d’évaluation d’impact s’appuie sur les connaissances de la Nation Taykwa Tagamou ainsi que des Premières Nations de Mattagami, Matachewan et Flying Post.
Pour Jean-Charles Cachon, professeur émérite à la Faculté de gestion de l’Université Laurentienne, ces conditions ne mettent toutefois pas fin aux discussions avec les communautés autochtones.
Selon lui, les ententes devront évoluer au fil du temps et être adaptées aux enjeux qui pourraient surgir pendant les décennies d’exploitation.
Ce sont des documents vivants qui vont devoir être gérés au quotidien
Du côté de l’organisme Northwatch, l’analyse est plus critique.
Brennain Lloyd, coordonnatrice de projet, estime que l’approbation de Crawford soulève des questions sur la façon dont Ottawa définit l’intérêt public . Selon elle, le gouvernement fédéral reconnaît lui-même les impacts environnementaux du projet.
Je pense que la Loi sur l’évaluation d’impact est faible pour détailler comment est faite cette détermination de l’intérêt public.
Si c’est dans l’intérêt public, nous devons demander : quel public et quels intérêts ?
Pour sa part, Jan Sumner, directrice générale de Wildlands League, adopte une position plus nuancée.
Elle rappelle que Crawford se trouve dans un secteur déjà perturbé par des activités humaines, contrairement à d’autres projets qui nécessiteraient d’ouvrir de nouveaux territoires.
C’est une meilleure option que de construire dans des zones intactes, comme le Cercle de feu , indique-t-elle.
Prochaines étapes
Malgré ce feu vert fédéral, Canada Nickel Company doit encore obtenir les permis et autorisations nécessaires avant la première pelletée de terre.
Si tout progresse comme prévu, la construction pourrait débuter d’ici la fin de l’année 2026.
Avec les informations de Catherine Morasse et Raphaël Robitaille
Plus de détails à venir


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