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On pensait qu’un nuage rose, vert et bleu cachait un arc-en-ciel : ces reflets de nacre ne viennent pas du tout des gouttes de pluie

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Lever les yeux vers un ciel qui semble taché de rose, de vert et de bleu, c’est tentant : ce halo nacré se love souvent tout près du Soleil. Car ce que l’on observe n’a rien à voir avec un arc-en-ciel caché derrière les nuages, comme on pourrait le croire au premier coup d’œil. Ce spectacle discret porte un nom précis, l’iridescence des nuages, et il obéit à une mécanique bien différente de celle qui dessine les grands arcs colorés après la pluie. Décryptons ensemble ce jeu de lumière aussi beau que méconnu.

À retenir

  • L'iridescence des nuages est causée par la diffraction de la lumière, et non par la décomposition de la pluie comme pour un arc-en-ciel classique.
  • Ce phénomène apparaît quand la lumière traverse des gouttelettes ou cristaux de glace minuscules et de taille uniforme, sans qu'aucune substance colorée ne soit impliquée.
  • Ce spectacle rare et fugace se produit surtout dans les nuages fins comme les altocumulus, cirrocumulus, nuages lenticulaires, cirrus et altostratus, souvent près du Soleil où il peut passer inaperçu.

Un nuage multicolore qui n’a rien d’un arc-en-ciel classique

Le réflexe est naturel : face à un nuage bariolé, on pense immédiatement à un arc-en-ciel timide, dissimulé derrière les voiles de vapeur. Pourtant, ces deux phénomènes n’ont presque rien en commun. L’arc-en-ciel classique résulte de la décomposition de la lumière à travers des gouttes de pluie, qui créent une bande colorée visible uniquement selon un angle d’observation précis. L’iridescence, elle, fonctionne tout autrement. Elle ne dépend pas de la pluie, mais d’un mécanisme optique bien plus subtil, la diffraction. Ce nuage multicolore n’est donc pas un arc-en-ciel raté ou caché, c’est un phénomène à part entière, avec ses propres règles.

La diffraction, ce phénomène discret qui peint le ciel de nacre

Les irisations apparaissent lorsque la lumière est diffractée par de très petites gouttelettes ou de petits cristaux de glace de dimensions assez semblables. La NOAA explique que ce spectacle se produit notamment dans des nuages fins ou en formation : les couleurs renseignent sur leurs minuscules constituants, pas sur la présence d’une substance colorée. Autrement dit, il n’y a aucune substance colorée, seulement de la lumière qui se disperse en traversant ces particules d’eau ou de glace quasiment identiques entre elles. C’est cette uniformité de taille qui permet aux teintes de ressortir avec autant de netteté. Un nuage trop épais, ou composé de particules très différentes les unes des autres, ne donnera jamais ce même résultat nacré.

Pourquoi ce spectacle reste si rare et si fugace à observer

L’iridescence des nuages reste un phénomène relativement rare, et c’est précisément ce qui en fait tout le charme. Pour qu’elle se manifeste, le nuage doit être fin et contenir de nombreuses gouttelettes ou cristaux de taille à peu près identique. Dans ces conditions bien particulières, les rayons du soleil ne rencontrent que peu de gouttelettes à la fois, ce qui favorise l’apparition des couleurs. Ce phénomène se produit généralement dans certains types de nuages : les altocumulus, les cirrocumulus, les nuages lenticulaires et les cirrus. L’Observatoire de Hong Kong décrit également des irisations dans les altostratus, souvent à proximité apparente du Soleil. Cette position joue d’ailleurs un rôle dans la rareté perçue du phénomène : il peut facilement passer inaperçu dans l’éblouissement, caché par la luminosité ambiante. Les nuages semi-transparents ou en formation restent donc les plus propices à ce spectacle fugace, qu’il faut souvent guetter avec patience pour espérer le surprendre.

Au final, ce nuage irisé n’a rien d’un arc-en-ciel dissimulé, c’est un petit miracle optique provoqué par des particules d’eau ou de glace minuscules et étonnamment régulières. La prochaine fois qu’un ciel se pare de reflets roses, verts ou bleus, un simple regard suffit pour en profiter. Ce genre de spectacle rappelle, une fois de plus, que le ciel réserve encore bien des surprises à qui prend le temps de le regarder.

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Rédigé par Luc D.

Passionné par les phénomènes météorologiques, Luc aime décrypter les caprices du ciel et rendre la science du temps accessible à tous.

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