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ENTRETIEN - La comédienne est l’héroïne de cette série, un thriller psychologique adapté de l’œuvre de Franck Thilliez pour France 2.
Passer la publicité Passer la publicité«C’est l’histoire d’une femme qui apprend à être mère», résumait le producteur d’Il était deux fois, série pour France 2 adaptée de l’ouvrage de Franck Thilliez, au festival de La Rochelle où la fiction était présentée en septembre dernier. À la recherche de sa fille qui a disparu, la capitaine de gendarmerie Gabrielle Moscato s’endort dans une chambre d’hôtel en 2013 pour s’y réveiller... en 2025, sans aucun souvenir des douze années qui se sont écoulées. Qui mieux pour l’incarner qu’Odile Vuillemin, toujours à fleur de peau, dans ce thriller psychologique ? La comédienne nous en dit plus sur son rôle et son personnage.
TV MAGAZINE. - Pour la série Les Rivières perdues , vous nous aviez confié, qu’être acteur c’est explorer des parties de soi que l’on n’aurait pas explorées autrement. Quelles sont-elles pour Il était deux fois ?
Odile VUILLEMIN. - Des abysses assez colossaux ! Dans chaque rôle, je vis la vie de quelqu’un d’autre. Là, le personnage n’avait pas forcément ma carrure. J’aime créer des univers. Au sens strict de la question, des mouvements, beaucoup d’incompréhension. Cette expérience m’a fait chercher assez loin, un vrai roller coaster émotionnel. Ce n’était pas seulement un film de plus.
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C’est-à-dire ?
Il y a eu des phases de grande énergie, des phases de désarroi, d’autres où je ne me rendais pas compte que j’étais totalement happée par le personnage. Je pensais me connaître mais non pas du tout ! C’est très complexe, car il y a la trajectoire de Gabrielle en 2013 et celle en 2025 et je devais exprimer les émotions intérieurement.
Avez-vous le souvenir d’une séquence particulière ?
L’expérience m’apprend que mon inconscient travaille beaucoup mieux que moi. Il y a une scène que je devais tourner, c’est après la battue, lorsque je me rends compte que ma fille ne reviendra pas. Je suis arrivée au maquillage, j’avais vraiment les jambes coupées, on m’a portée ! J’ai passé près de quatre heures à pleurer dans la journée, j’étais inarrêtable. Je disais que je ne voulais pas tourner cette séquence, que c’était trop dur. J’ai compris après coup que j’étais arrivée dans l’état du personnage. J’avais formaté totalement inconsciemment mon cerveau.
Aviez-vous lu le livre ?
Non, j’ai travaillé autrement, j’ai beaucoup discuté avec Franck Thilliez, j’ai rencontré un neurologue, j’ai fait une grosse préparation avec l’équipe pour composer Gabrielle. Je trouvais qu’elle devait avoir du poids, je n’en avais pas. Des kilos que j’ai fini par prendre ! Nous avons fait une recherche de costume, la coiffure. J’ai vraiment voulu lui apporter de l’ampleur. C’est aussi la masculinité qui m’a happée dans ce personnage et ce vers quoi on est allé.
Avez-vous joué les scènes d’action vous-même ?
Oui, c’est chouette à faire, très chorégraphié. Dès que je n’ai pas encore fait quelque chose, ou que je ne l’ai jamais fait, j’adore ! Je suis une éternelle étudiante. J’avais un grand souci de réalisme et je me suis sentie en sécurité avec le régleur de cascades. Ça vient titiller l’ego de le réussir soi-même.


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