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Les chouettes lapones survolent en nombre inhabituel le littoral de la Côte-Nord ces jours-ci. Selon plusieurs ornithologues, on assiste à une irruption de ces imposants rapaces aux grands yeux jaunes.
À l’Observatoire d'oiseaux de Tadoussac, on qualifie ces signalements d’exceptionnels. Le directeur de l'organisme, Alexandre Terrigeol, nuance toutefois qu’il existe des années où les observations sont encore plus nombreuses et situées plus au sud.
Sur le terrain, en Haute-Côte-Nord, Renaud Pintiaux cumule les observations entre Baie-Sainte-Catherine et Les Escoumins. Depuis la mi-décembre, le photographe animalier a relevé sept ou huit individus différents. Et il n’est pas le seul, les clichés de chouettes lapones abondent sur les réseaux sociaux.

La chouette lapone se pose souvent au sommet des arbres pour chasser.
Photo : Gracieuseté / Renaud Pintiaux
Celui qui sillonne le territoire quotidiennement parle carrément d’une invasion.
Quand il y a une irruption, je vois quelques individus seulement, mais cette année, j’en vois pratiquement à chaque fois que je sors. Cette semaine, j’en ai même vu trois ensemble!
Mais pourquoi le sud?
Ces strigidés, à l’image des durbecs récemment, ne sont pas là par hasard. Poussés par un manque de nourriture dans la forêt boréale, ils se déplacent vers le sud pour traquer le campagnol à dos roux.
Si Renaud Pintiaux refuse de divulguer les lieux précis de ses observations pour éviter le dérangement humain, il partage cependant les sites typiques de fréquentation des chouettes.
Elles sont souvent près des champs, posées sur des piquets à la lisière des forêts, en haut des arbres. Il leur faut un terrain assez dégagé pour qu’elles puissent chasser.

C'est grâce à son ouïe très fine que la chouette lapone peut traquer les petits rongeurs dans la neige.
Photo : Gracieuseté / Renaud Pintiaux
Des observations privilégiées, mais délicates
En racontant ses rencontres avec ces oiseaux, le photographe animalier s’enflamme. Pour lui, c’est la même fascination qui l’étreint que lorsqu’il voit un souffle au large du Saint-Laurent.
C’est vraiment un moment d’émerveillement, confie Renaud Pintiaux. La chouette lapone est très lente, elle tourne sa tête très doucement. Il y a une impression de calme qui se dégage. Puis, tout d’un coup, elle se réveille et se met à chasser. Elle va voler et fondre sur ses proies dans la neige.

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De nombreuses observations de chouettes lapones ont été signalées en Haute-Côte-Nord depuis la mi-décembre.
Photo : Renaud Pintiaux
Si ces oiseaux sont plus visibles ces jours-ci, la directrice du Centre d’interprétation des oiseaux de proie de Godbout, Noémie Roy, invite à la prudence.
L’important, c’est de déranger le moins possible l’oiseau, surtout s’il est en mode repos ou chasse. L’hiver, ils ont besoin de tranquillité, parce qu’ils peuvent être en mode survie.
Un conseil que Renaud Pintiaux partage, ajoutant qu’il faut à tout prix éviter de les appâter et conserver en tout temps une distance respectueuse avec la faune ailée.


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