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Le milieu des affaires au Nouveau-Brunswick se retrouve encore dans l’incertitude à la suite de la menace du président américain, Donald Trump, d'imposer des droits de douane de 100 % sur les produits canadiens vendus aux États-Unis si Ottawa signe un accord commercial avec la Chine.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. C’est l’incertitude toujours économique qui domine, mais on commence un peu à s’habituer, affirme le PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, Jonathan Duffaud.

Jonathan Duffaud est le PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Le président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick, Joël Lamarche, exprime un avis similaire. Après près d’un an du nouveau président américain, je pense qu’il n’y a plus grand-chose qui nous surprend, il n’y a plus grand-chose qui nous secoue. C’est tout le temps la même incertitude et on apprend à vivre avec ça.

Joël Lamarche, président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick.
Photo : Zoom
Ce n’est pas la première menace de droits de douane de la part du président Trump, rappelle la première ministre Susan Holt. Je pense que c’était un an passé presque exactement qu’on attendait la menace de tarif de 25 % sur tout le Nouveau-Brunswick, et ce n’est pas ce qui s’est passé.
Diversifier les marchés
Le premier ministre Mark Carney a rappelé l'importance de diversifier les collaborations commerciales à l'échelle internationale, durant son discours prononcé la semaine dernière à Davos, en Suisse.

Le premier ministre Mark Carney a pris la parole à Davos pour signaler une rupture de l'ordre mondial. Il a appelé les puissances moyennes, comme le Canada, à tenir tête aux forces hégémoniques et à collaborer davantage entre elles.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Du côté du sirop d’érable, il y a beaucoup de nouveaux contrats du côté européen, fait entendre Joël Lamarche.
Mais les ententes économiques prennent parfois du temps à entrer en vigueur.
On est toujours à un taux, à mon avis, qui est près de 90 % d’exportation aux États-Unis, ce qui ne veut pas dire que les efforts qui sont faits ne vont pas porter leurs fruits cette année ou dans les années suivantes, mais, pour l’instant, on est clairement encore totalement dépendant, ou presque totalement dépendant, des États-Unis, indique Jonathan Duffaud.

Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Susan Holt recommande aux entreprises exportatrices de poursuivre leurs efforts de diversification de leurs marchés.
C’est à nous au Nouveau-Brunswick de prendre l'opportunité d'aller trouver de nouveaux clients, de nouveaux marchés à un moment où, tout autour du monde, il y a des pays et des entreprises qui veulent acheter au Canada, acheter au Nouveau-Brunswick, nos produits et nos services, souligne Mme Holt.
L’industrie agricole a connu une hausse de ses ventes locales en 2025.
C’est sûr que la meilleure chose que le consommateur peut faire, c’est supporter local. C’est là qu’on peut s’améliorer aussi. Mais il ne faut pas se cacher non plus qu’on a pas mal d’exportations parce qu’il y a bien des produits qu’on produit en surplus au Nouveau-Brunswick, on n’a pas le choix, pour avoir accès aux marchés d’exportation, ajoute Joël Lamarche.
Les droits de douane, une arme à deux tranchants
Jean-François Thibault, professeur de science politique et doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université de Moncton, estime que l’ensemble de l’économie canadienne va subir le choc de ces tarifs-là si le président Trump décide de les imposer.

Jean-François Thibault, professeur de science politique et doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université de Moncton.
Photo : Zoom
Ceci dit, les tarifs de 100 % comme ça vont aussi faire mal à l’économie américaine, et du point de vue du président qui s’en va vers les élections de mi-mandat, ce n’est pas nécessairement une bonne chose de semer le trouble ou le doute encore et fragiliser un peu plus son économie, poursuit M. Thibault.
Des droits de 100 % seraient catastrophiques pour les deux pays, juge l'Association des transformateurs de homard des Maritimes. Son directeur général, Nathanaël Richard, ajoute que l'accord entre le Canada et la Chine aura une portée limitée sur l’industrie, étant donné que 80 % des produits de homard congelés sont exportés aux États-Unis, contre 1 % en Chine.
D’après un reportage d’Allie Chouinard et les renseignements des émissions La matinale et Le téléjournal Acadie


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