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Les lycéens continuent de réclamer des bâtiments en meilleur état, le remplacement des profs absents et des emplois du temps mieux construits.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

DIMITAR DILKOFF / AFP
Suzanne Nijdam, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), Ryad Rani, secrétaire général de l’Union syndicale lycéenne (USL), et Sabrine Kharbach, porte-parole du syndicat étudiant Union Étudiante, défilent lors d’une manifestation de lycéens à Paris, le 13 octobre 2026, dans le cadre d’une mobilisation nationale des lycées.
Les lycéens continuent de défiler en cortège, mais combien sont-ils ? Les autorités et les organisateurs du mouvement ont bien du mal à se mettre d’accord. Le ministère de l’Intérieur indique qu’au total 161 500 personnes ont défilé ce mardi 13 octobre en France, dont 41 500 à Paris, réparties sur deux cortèges.
De son côté, l’intersyndicale des organisations étudiantes et lycéennes a revendiqué environ 480 000 personnes sur l’ensemble du territoire pour cet « acte V » du mouvement. L’écart est impressionnant. Mais tous deux s’accordent sur une chose : le mouvement connaît un regain de mobilisation.
Lors de « l’acte IV », jeudi dernier, le ministère de l’Intérieur avait en effet dénombré quelque 71 000 lycéens manifestants dans tout le pays, dont 24 500 à Paris. La CGT indiquait de son côté que plus de 130 000 personnes s’étaient mobilisées à travers le pays. « L’acte III » avait lui mobilisé 450 000 personnes en France selon les organisateurs, 256 000 selon le ministère de l’Intérieur.
La colère ne retombe pas, malgré les annonces du ministre
Si le nombre de manifestants fluctue, les revendications restent les mêmes : les lycéens réclament des emplois du temps mieux pensés, ils dénoncent des bâtiments vétustes et expriment leur inquiétude face aux professeurs non remplacés.
« J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique-chimie » depuis la rentrée, s’inquiète par exemple Lise, une élève de terminale au Kremlin-Bicêtre, qui a manifesté à Paris ce mardi. « Encore pire, je connais une classe de terminale qui n’a pas de prof de philo », déplore cette adolescente, un autocollant « à bas Parcoursup » sur son dos.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a beau avoir annoncé un plan pour redéployer en urgence 3 000 enseignants titulaires, qui seraient sans affectation, dans les lycées où les absences de professeurs sont les plus préjudiciables, la colère des lycéens et enseignants mobilisés depuis bientôt un mois, pour certains, ne retombe pas. « On ne peut pas avoir un budget avec 1 500 postes en moins et faire semblant de sortir 3 000 postes de son chapeau », pointe Adeline Ferier, 42 ans, enseignante en lettres en collège, membre du syndicat Snes-FSU, qui manifeste à Strasbourg.
Appel à manifester le samedi 17 octobre
Selon une source policière, 360 actions ont eu lieu mardi, avec une cinquantaine d’universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l’objet de blocage. Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy… La militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des épicentres du mouvement.
Alors que les vacances de la Toussaint s’apprêtent à débuter pour deux semaines, l’incertitude plane sur l’avenir du mouvement. Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, qui doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, appellent à rejoindre la relance de la mobilisation des gilets jaune ce samedi 17 octobre.


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