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REPORTAGE - Sous les décombres de la côte vénézuélienne, alors que les secours étrangers plient bagage, les rescapés se retrouvent livrés à la prédation des forces de l’ordre et des réseaux du régime.
Passer la publicité« Regardez-les, ces machines là-bas ! Vous croyez qu’elles grattent pour nous ? C’est un général qui a fait amener sa pelleteuse, c’est pour des gens très spéciaux, pas pour nous ! » Carmen, 69 ans, n’a plus la force de pleurer. Sur les pelouses calcinées du terrain de golf de Caraballeda, à La Guaira - territoire le plus sinistré par les séismes du 24 juin dernier, transformé en un immense camp de réfugiés -, cette femme brise l’omerta d’un doigt tremblant dirigé vers les lignes de béton effondrées.
Comme tant d’autres parents de la diaspora vénézuélienne installée en Colombie, elle a pris la route vendredi, en urgence après la catastrophe, traversant la frontière dans le but de retrouver sa fille disparue sous les décombres de la côte. Lors de la secousse, sa fille unique s’est retrouvée piégée sous une colonne, le bassin broyé. « Elle a hurlé pendant des heures sous les yeux des gens, raconte-t-elle. Elle suppliait : “Trouvez une scie, trouvez un couteau, coupez-moi…


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