Le revirement de la représentante démocrate Haley Stevens au profit de Mike Rogers dans la course au Sénat dans le Michigan a provoqué des démissions dans son équipe et la colère de son parti, à quelques jours du scrutin. Battue lors des primaires par Abdul El-Sayed, elle s’oppose à ce dernier sur la politique américaine concernant Israël.

La députée Haley Stevens, démocrate du Michigan, s’exprime aux côtés de Mike Rogers, candidat républicain au Sénat du Michigan, à l’issue d’un office religieux à la Perfecting Church, dimanche 1er novembre 2026, à Détroit. - JOSE JUAREZ/AP PHOTO/JOSE JUAREZ La députée Haley Stevens, démocrate du Michigan, s’exprime aux côtés de Mike Rogers, candidat républicain au Sénat du Michigan, à l’issue d’un office religieux à la Perfecting Church, dimanche 1er novembre 2026, à Détroit. JOSE JUAREZ/AP PHOTO/JOSE JUAREZ

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Plus de 54 millions de votes anticipés

D’après l’agence AP et la chaîne CNN, plus de 54,7 millions de personnes ont déjà voté pour ces élections de mi-mandat. Ce décompte inclut les votes anticipés en personne et par correspondance.

Dans de nombreux États où se jouent les sièges sénatoriaux les plus disputés, le vote anticipé a dépassé celui des élections de mi-mandat d’il y a quatre ans.

Des électeurs font la queue au Conseil des élections de Cuyahoga le dernier jour de vote anticipé à Cleveland (Ohio), le 1ᵉʳ novembre 2026. Des électeurs font la queue au Conseil des élections de Cuyahoga le dernier jour de vote anticipé à Cleveland (Ohio), le 1ᵉʳ novembre 2026.

Dans l’Iowa, Donald Trump dit qu’il veut « empêcher les communistes et les djihadistes » de contrôler les Etats-Unis

Donald Trump est de retour sur le terrain. Après avoir passé son samedi dans sa résidence floridienne de Palm Beach où il a participé à des « rassemblements téléphoniques », le président républicain prend part à deux meetings, dimanche.

Il s’est d’abord rendu une nouvelle fois dans l’Iowa, qu’il avait pourtant largement remporté en 2024.

Donald Trump lors d’un meeting de campagne à Dubuque (Iowa), le 1ᵉʳnovembre 2026. Donald Trump lors d’un meeting de campagne à Dubuque (Iowa), le 1ᵉʳnovembre 2026.

« Nous allons gagner », a-t-il répété à la foule dans un discours de deux heures, interrompu à plusieurs reprises par des manifestants. Accusant ces trouble-fêtes d’être payés, Donald Trump a exhorté ses soutiens à se mobiliser pour « empêcher les communistes et les djihadistes qui haïssent l’Amérique de prendre le contrôle des États-Unis en s’emparant du Congrès américain ».

« Ce que nous avons fait est sans précédent, et ils vont tout démolir », a insisté le républicain, qui n’a cessé d’étendre le pouvoir exécutif depuis son retour à la Maison Blanche, aidé par un Parti républicain docile.

Malgré son optimisme affiché, cette nouvelle visite dans l’Iowa, puis celle prévue plus tard dans la journée au Kansas, autre État traditionnellement ancré à droite, pourrait trahir une certaine fébrilité du camp républicain.

Dans ces terres conservatrices, les sondages donnent en effet les démocrates au coude-à-coude en raison du mécontentement vis-à-vis de l’explosion du coût de la vie et de la guerre en Iran, lancée malgré la promesse de Donald Trump d’arrêter les campagnes militaires à l’étranger.

Alaska : la justice rejette le recours de l’administration Trump visant à bloquer la certification du scrutin sénatorial

Une juge fédérale a rejeté, dimanche, un recours préventif de l’administration Trump visant à empêcher la certification d’une éventuelle défaite du sénateur républicain Dan S. Sullivan en Alaska aux élections de mi-mandat.

Le ministère de la justice invoquait un risque de confusion avec un candidat homonyme, Daniel J. Sullivan Jr., recruté par un consultant démocrate lié à la campagne de Mary Peltola pour prendre des voix au sortant, selon une enquête du New York Times. La candidate démocrate et les instances nationales du parti ont nié tout lien avec cette candidature.

L’administration demandait de bloquer la certification si les suffrages obtenus par l’homonyme pouvaient faire basculer le résultat, puis d’enquêter pour déterminer si ses électeurs avaient en réalité voulu voter pour le sénateur.

Mais la juge Sharon Gleason a souligné que le gouvernement n’expliquait pas comment une telle enquête pourrait préserver le secret du vote, rapporte le New York Times, dimanche. Elle a également estimé qu’une intervention fédérale en plein scrutin risquait de provoquer précisément la confusion que l’administration disait vouloir éviter.

Les autorités électorales de l’Alaska s’opposaient, elles aussi, au recours. Elles faisaient notamment valoir que le bulletin distinguait les deux candidats par leur nom, leur affiliation politique et la mention du mandat du sortant.

Donald Trump devrait lancer un dernier appel aux électeurs lundi à Washington

Le président américain devrait prononcer lundi un discours de clôture de campagne au bord du Reflecting Pool, à Washington, à la veille des élections de mi-mandat, selon des personnes proches du dossier citées par CNN.

Donald Trump devrait évoquer la réouverture du bassin et ses projets de rénovation dans la capitale, tout en adressant un message plus aux électeurs. Cette intervention constituera l’une de ses dernières occasions de défendre son bilan avant le scrutin de mardi.

Plusieurs de ses conseillers l’ont pourtant exhorté à éviter de mettre en avant ces chantiers à l’approche des élections. Ces projets lui valent des critiques sur l’attention qu’il accorde aux préoccupations des Américains en matière de pouvoir d’achat. Donald Trump doit regagner Washington après les meetings dimanche dans l’Iowa et au Kansas.

Bonsoir,

Le président américain peut mettre son veto à un texte adopté par le Congrès, en le renvoyant avec ses objections dans un délai de dix jours, dimanches exclus. Mais le Congrès peut passer outre à la majorité des deux tiers dans chacune des deux Chambres, comme le prévoit l’article I, section 7, de la Constitution. Une simple majorité démocrate ne suffirait donc pas à surmonter un veto de Donald Trump.

Ce pouvoir porte sur l’ensemble du texte : le président ne peut pas rejeter uniquement certaines dispositions. Comme le précise un rapport du Sénat français, ce pouvoir de blocage pousse aussi les institutions à négocier, chacune risquant d’être tenue pour responsable de l’impasse par l’opinion publique.

Donald Trump en a lui-même fait l’expérience : le 1er janvier 2021, des républicains ont rejoint les démocrates pour surmonter son veto à la loi d’autorisation de la défense, comme le relatait Le Monde. Le Sénat avait voté par 81 voix contre 13. En septembre 2016, le Congrès avait surmonté le veto de Barack Obama à une loi permettant aux proches des victimes du 11-Septembre de poursuivre l’Arabie saoudite devant la justice américaine.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Donald Trump salue le « courage » de la démocrate Haley Stevens après son soutien à Mike Rogers

Le président américain a salué, dimanche, le ralliement de la représentante démocrate Haley Stevens au républicain Mike Rogers dans la course au Sénat dans le Michigan. Donald Trump a décrit l’élue comme une démocrate « très respectée », disposant d’un large soutien, notamment parmi les habitants noirs et juifs de cet Etat.

« Haley a dit ce que peu de gens osent dire. Par son geste, elle a fait preuve d’une loyauté remarquable et presque sans précédent envers les habitants du Michigan », a-t-il écrit sur Truth Social. « Cela s’appelle du courage, et rares sont ceux qui en ont autant que vient d’en montrer la représentante Haley Stevens ! »

Michigan : le ralliement de Haley Stevens au républicain Mike Rogers provoque des démissions et la colère des démocrates

Le soutien de la représentante démocrate Haley Stevens au républicain Mike Rogers dans la course au Sénat dans le Michigan a provoqué des démissions dans son équipe et la colère de son parti, à deux jours du scrutin.

Son directeur de cabinet, Justin German, a démissionné avec « de nombreux membres de [l’]équipe », se disant « profondément attristé » par ce choix au détriment du démocrate Abdul El-Sayed, rapporte le New York Times. Son directeur de la communication, Logan Basch, a également quitté ses fonctions.

Mme Stevens ayant annoncé son ralliement après un office dans une église à majorité noire de Detroit, Virgie Rollins, présidente du caucus noir du Parti démocrate du Michigan, l’a accusée d’avoir « utilisé les habitants noirs du Michigan pour un coup politique ».

L’élue a assuré que son soutien à M. Rogers n’était « pas du tout antimusulman », alors que Donald Trump a faussement qualifié Abdul El-Sayed de « djihadiste ». Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a réaffirmé son soutien au candidat et dénoncé des attaques « racistes, islamophobes et totalement mensongères ».

L’impact électoral de ce ralliement reste incertain : un sondage CNN, publié jeudi, donnait Abdul El-Sayed en tête avec 49 % des intentions de vote, contre 42 % pour Mike Rogers, et le soutien de 95 % des électeurs démocrates susceptibles de voter.

Michigan : la démocrate Haley Stevens rallie le républicain Mike Rogers, deux de ses collaborateurs démissionnent

La représentante démocrate Haley Stevens a annoncé dimanche son soutien au républicain Mike Rogers dans la course au Sénat dans le Michigan, rompant avec le candidat de son parti, Abdul El-Sayed.

« Je voterai pour Mike Rogers au Sénat, et je vais vous dire pourquoi : parce que nous devons faire passer le pays avant tout. Nous ne pouvons pas cautionner la haine. Nous ne pouvons pas soutenir Hasan Piker », a-t-elle déclaré à des journalistes après avoir assisté à un office avec Rogers à Perfecting Church, à Detroit. Le streameur controversé a participé à des événements de campagne d’Abdul El-Sayed. Mme Stevens a précisé qu’elle n’avait pas encore voté et que « 90 % » de ses votes iraient à des démocrates.

Son directeur de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné après l’annonce de son soutien à Mike Rogers, selon deux sources citées par CNN.

Le président du Parti démocrate du Michigan, Curtis Hertel, a accusé Mme Stevens d’avoir « abandonné tout ce qu’elle prétend défendre ».

Les divisions démocrates éclatent au grand jour dans le Michigan : la démocrate Haley Stevens apparaît aux côtés du républicain Mike Roger

La représentante démocrate du Michigan Haley Stevens est apparue dimanche aux côtés du candidat républicain au Sénat Mike Rogers, lors d’un office religieux à Detroit, après avoir été priée de renoncer à une apparition commune avec Abdul El-Sayed, son ancien rival devenu candidat de leur parti. « L’évêque commençait à s’agacer, parce qu’il s’agi[ssait] d’un véritable office religieux », a expliqué la représentante démocrate du Michigan Debbie Dingell, qui avait demandé à Haley Stevens de ne pas venir pour éviter que sa querelle avec Abdul El-Sayed ne perturbe la cérémonie.

Battue de peu par Abdul El-Sayed, lors de la primaire d’août, Haley Stevens lui reproche notamment ses prises de position sur Israël. Les tensions se sont ravivées autour d’une publicité d’un groupe de gauche indépendant liant l’aide américaine à Israël au prix élevé des produits alimentaires. Abdul El-Sayed a déclaré samedi que sa campagne n’en était pas à l’origine et qu’il n’en partageait pas le contenu, une clarification saluée par Mme Stevens.

A quelques kilomètres de là, M. El-Sayed participait dimanche à un autre office avec plusieurs figures démocrates, dont l’élu de Caroline du Sud Jim Clyburn. Mais leur message d’unité est éclipsé par les divisions internes. « Mike Rogers en a savouré chaque instant », a déploré Debbie Dingell.

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Donald Trump se voit en « Monsieur Veto » si les démocrates remportent le Congrès

Donald Trump a prévenu qu’il pourrait devenir « Monsieur Veto » si les démocrates remportaient la majorité au Congrès, dans un entretien avec Miranda Devine, dont Fox News a diffusé un extrait sur le réseau social X. Une formule qui rappelle le surnom donné à Louis XVI pendant la Révolution française, en raison de son recours au veto royal.

Le président américain a expliqué qu’il mettrait son veto aux textes adoptés par les démocrates avant de négocier d’éventuels compromis. « Avec un peu de chance, nous n’aurons pas à nous en préoccuper », a-t-il ajouté, espérant que les républicains conserveront le contrôle du Congrès après le scrutin de mardi.

Interrogé sur son dernier message aux électeurs pour les inciter à voter, Donald Trump a vanté son bilan économique, affirmant que les revenus individuels et le nombre de personnes ayant un emploi n’avaient jamais été aussi élevés, et présentant les chiffres de la pauvreté comme les meilleurs jamais enregistrés. Il a également assuré que l’armée américaine était « la plus forte » et que le pays renouait avec la production industrielle.

Donald Trump doit tenir dimanche des meetings au Kansas et dans l’Iowa pour soutenir les républicains, alors que son impopularité donne aux démocrates une chance de conquérir au moins l’une des deux Chambres du Congrès, selon les sondages.

Pourquoi les résultats pourraient se faire attendre dans plusieurs Etats

Le dépouillement avance à des rythmes très différents selon les Etats américains. En 2024, à minuit, 96 % des voix avaient été comptées en Caroline du Sud et 95 %, dans l’Ohio, contre seulement 46 % dans le Michigan et 33 % dans le Maine, selon les données de l’Associated Press présentées par le New York Times.

Le lendemain à midi, le Michigan avait atteint 99 %, tandis que le Maine en était à 80 %. En Alaska, où les derniers bureaux de vote ferment à 1 heure du matin, heure de la côte est, 75 % des voix avaient été dépouillées à la mi-journée.

Ces chiffres donnent un point de comparaison pour les élections de mi-mandat de mardi, sans préjuger du rythme du décompte cette année. Dans le Maine et en Alaska, le vote préférentiel pourrait aussi prolonger l’attente : si aucun candidat ne dépasse 50 % des voix, plusieurs étapes de redistribution des suffrages peuvent être nécessaires pour départager les candidats.

La Maison Blanche sème le doute sur l’évolution des résultats pendant le dépouillement

C’est un échange qui intervient alors que Donald Trump multiplie les accusations infondées de fraude électorale à l’approche du scrutin de mardi. Samedi, la chaîne publique PBS News a publié un message pédagogique sur le réseau social X pour expliquer pourquoi les résultats des élections de mi-mandat pourraient ne pas être connus dès le soir du scrutin. « Si vous vous couchez le soir des élections sans savoir qui a remporté une course au Congrès, c’est normal. Et si, au réveil, un candidat qui était à la traîne quelques heures plus tôt est passé en tête, c’est normal aussi », a-t-elle écrit.

La Maison Blanche a répliqué sur son compte X, écrivant : « Non, ce n’est pas normal. »

Le message de PBS accompagnait un article de PolitiFact, un site américain de vérification des faits, expliquant pourquoi les résultats peuvent tarder à être connus et évoluer au fil du dépouillement, sans que cela constitue un signe de fraude.

Plusieurs facteurs expliquent ces délais :

  • Des écarts très serrés, qui obligent à attendre les derniers bulletins, voire à procéder à un recomptage.
  • Le vote par correspondance, dont les bulletins nécessitent des vérifications et peuvent, dans certains Etats, être reçus après le scrutin s’ils ont été expédiés à temps.
  • Des règles différentes selon les Etats, notamment sur la possibilité de préparer les bulletins avant le jour du vote.
  • Le vote préférentiel, dans le Maine et en Alaska, qui peut nécessiter plusieurs étapes de redistribution des voix.

Aucun Etat n’est tenu de terminer le décompte officiel le soir du scrutin. L’essentiel est d’obtenir des résultats exacts reflétant la volonté des électeurs, souligne l’article, qui met en garde contre les accusations de fraude fondées sur la seule lenteur du dépouillement.

En Alaska, Dan Sullivan promet d’accepter le résultat du scrutin malgré la polémique sur un candidat homonyme

Le sénateur républicain Dan Sullivan a assuré dimanche sur CNN qu’il accepterait le résultat de l’élection sénatoriale, même en cas de défaite face à la démocrate Mary Peltola.

L’équipe de campagne de cette dernière est soupçonnée d’avoir participé au recrutement d’un autre Dan Sullivan pour semer la confusion parmi les électeurs. Selon le New York Times, qui cite son ancien directeur de campagne, Mary Peltola aurait eu connaissance du projet, sans y être directement impliquée.

Dan Sullivan a dénoncé le « mépris » de sa rivale et de son équipe pour les Alaskiens, tout en laissant aux juristes le soin de déterminer si les faits présumés constituent une infraction. Donald Trump a, lui, réclamé des poursuites.

Des enquêtes ont été ouvertes par les autorités de l’Alaska et le ministère fédéral de la justice. Malgré son engagement à reconnaître le résultat, Dan Sullivan a conclu : « A tous les Alaskiens : allez voter. Ne vous laissez pas voler cette élection. »

Donald Trump menace l’Iran de nouvelles frappes après les élections de mi-mandat

A trois jours des élections, alors que des informations de presse évoquent une possible offensive militaire après le scrutin de mardi, le président américain a menacé samedi de nouvelles frappes contre des installations nucléaires iraniennes.

Affirmant avoir déjà détruit une grande partie des capacités nucléaires de l’Iran, Donald Trump a assuré qu’il restait « un ou deux sites » à traiter, notamment le mont Kolang, surnommé « Pickaxe Mountain », situé à environ 200 kilomètres au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz. « Nous pouvons faire ça en dix minutes », a-t-il déclaré à des journalistes dans sa résidence de Floride, assurant pouvoir intervenir « très rapidement ».

D’Atlanta, où se tient le G20, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a toutefois assuré samedi que Donald Trump n’avait pris « aucune décision » concernant de nouvelles frappes, tout en affirmant privilégier une « solution diplomatique ».

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a, de son côté, évoqué cette semaine « une opportunité historique unique » d’éliminer définitivement ce qu’il considère comme la menace iranienne.

Le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a averti qu’une nouvelle attaque entraînerait une « riposte immédiate, puissante et sans limite géographique ». Il a ordonné à ses responsables militaires d’élargir la liste des cibles potentielles aux intérêts américains et israéliens.

Seuls 25 % des Américains font confiance aux sondages électoraux

A deux jours des élections de mi-mandat, seul un Américain sur quatre (25 %) estime que les sondages évaluent correctement les intentions de vote, selon une enquête en ligne Politico/PF Global menée auprès de 2 083 adultes américains du 24 au 26 octobre.

Dans le détail, 23 % estiment que les sondages sous-évaluent les républicains, 18 % qu’ils sous-évaluent les démocrates, tandis que 34 % ne savent pas se prononcer.

Interrogés sur les enquêtes annonçant des victoires démocrates dans plusieurs scrutins décisifs, 41 % des Américains les jugent crédibles, contre 23 % qui anticipent au contraire des victoires républicaines. Plus d’un tiers des enquêtés (35 %) restent indécis.

La défiance est particulièrement forte chez les électeurs de Donald Trump : près de 40 % de ceux qui ont voté pour lui en 2024 estiment que les sondages sous-évaluent les républicains. Parmi ses partisans MAGA, 60 % contestent les enquêtes annonçant des victoires démocrates.

Autre résultat révélateur : 20 % des personnes interrogées reconnaissent avoir déjà donné à un sondeur une intention de vote différente de leur vote réel. Cette proportion atteint près de 29 % chez les 18-34 ans.

Malgré cette méfiance, les sondages continuent de peser sur la mobilisation : 55 % des Américains affirment qu’ils iraient certainement voter si leur candidat était largement distancé.

Dans l’Ohio, Etat pivot des élections de mi-mandat, une campagne républicaine sous tension et sans retenue

Quatre scénarios pour le Sénat américain, d’une victoire démocrate à une majorité républicaine

A deux jours des élections américaines de mi-mandat, les sondages donnent aux démocrates une avance suffisante pour envisager de reprendre le contrôle du Sénat. Mais de faibles erreurs de mesure pourraient inverser le résultat, souligne une analyse du Washington Post, samedi, qui présente quatre scénarios.

  • Les sondages ont raison : les démocrates reprennent le Sénat. Ils remporteraient notamment des sièges dans des Etats traditionnellement républicains comme le Texas, l’Alaska, l’Ohio et le Kansas. Ils disposeraient d’au moins 53 sièges, l’Iowa restant indécis.
  • Les sondages sous-estiment les républicains. Une erreur d’un peu plus de 2 points dans certaines courses suffirait à produire un Sénat partagé à 50-50, que les républicains conserveraient grâce à la voix prépondérante du vice-président J. D. Vance. Avec 4 points d’écart supplémentaires en leur faveur, ils pourraient atteindre 54 sièges.
  • Une vague démocrate plus forte que prévu. Si les sondages sous-estiment les démocrates comme en 2022, ceux-ci pourraient remporter 55 sièges. Une mobilisation exceptionnelle des jeunes et des électeurs hispaniques pourrait même menacer les républicains dans des Etats comme la Floride, le Mississippi ou la Louisiane.
  • Les démocrates progressent, mais échouent à reconquérir le Sénat. Malgré des victoires en Caroline du Nord, dans l’Ohio et au Texas, ils perdraient de justesse dans le Maine, l’Iowa, l’Alaska et le Kansas. Résultat : 50 sièges pour chaque camp, et le maintien du contrôle républicain.

Pourquoi une telle incertitude ? Les avances démocrates sont inférieures à deux points dans plusieurs Etats décisifs. Surtout, les sondages sont moins nombreux que lors des précédentes élections : 66 enquêtes sénatoriales réalisées en octobre avaient été publiées au 16 octobre, contre 123 en moyenne à la même période lors des quatre précédentes élections de mi-mandat. Leur fiabilité dépend notamment de leur capacité à mesurer la mobilisation des électeurs ruraux et des partisans de Donald Trump.

Les dernières informations sur les midterms, dimanche 1er novembre à 6 heures

  • Alors qu’il est attendu sur place, dimanche, pour des meetings dans l’Iowa et le Kansas, Donald Trump a participé, samedi, à six « rassemblements téléphoniques » à distance. Le comité d’organisation a précisé que ces rassemblements étaient prévus pour les élections en Pennsylvanie, dans l’Ohio, à New York et au Michigan, ainsi que deux appels distincts pour la Floride.
  • Un peu plus de 52 millions de personnes ont déjà déposé leurs bulletins par des opérations de vote anticipé, selon CNN, que ce soit physiquement dans un bureau ou par correspondance. Au total, environ 112 millions de personnes avaient voté lors des élections de mi-mandat de 2022.
  • Malgré des sondages qui donnent des prédictions extrêmement serrées, Donald Trump s’est montré optimiste pour le camp républicain. « Je pense qu’on va bien s’en sortir. Je crois qu’on va surprendre beaucoup de monde. Et vous savez pourquoi ? Grâce aux meetings », a dit le président américain, samedi soir.
  • Californie : une analyse va à l’encontre des affirmations de l’administration Trump sur de potentiels électeurs non-citoyens. D’après une étude réalisée par des analystes de données de l’université de Californie de Los Angeles (UCLA), plus de 40 % des 20 000 noms signalés par l’administration Trump comme de potentiels électeurs non-citoyens américains en Californie ne figurent pas en réalité sur les listes électorales de l’Etat.
  • Au Texas, la bataille pour le Sénat fait rage entre le démocrate James Talarico et le républicain Ken Paxton. « Cette élection consiste à choisir entre un sénateur qui met de l’argent dans votre poche ou un autre qui se remplit les poches », a déclaré le démocrate James Talarico en présentant le sénateur sortant comme l’exemple d’un système politique corrompu.
  • Alaska : le FBI s’est rendu chez des donateurs de Dan J. Sullivan, candidat homonyme du sénateur républicain sortant, Dan S. Sullivan, sur fond de soupçons de fraude. Le New York Times a révélé cette semaine que des personnes liées à la campagne de la candidate démocrate Mary Peltola avaient poussé un ancien enseignant à la retraite à se présenter pour créer la confusion chez les électeurs et priver le sénateur sortant de certaines voix.

Une campagne confrontée aux risques de l’IA

Ces élections de mi-mandat constituent la première grande échéance électorale des Etats-Unis à se dérouler alors que des millions de personnes utilisent désormais des outils d’Intelligence artificielle (IA) pour s’informer sur la politique. Mais des chercheurs alertent sur ces chatbots qui contribuent à semer la confusion.

Si les chatbots peuvent contribuer à démentir des théories du complot et à informer les électeurs, plusieurs études montrent qu’ils s’appuient fréquemment sur des sources peu fiables et peuvent diffuser de fausses informations.

Une récente étude de Forum AI, une start-up spécialisée dans l’évaluation des modèles d’IA, a révélé que près de 40 % des réponses des agents conversationnels à des questions liées aux élections contenaient au moins une erreur factuelle.

Lorsque les chercheurs ont demandé à Claude, le modèle d’Anthropic, pourquoi les électeurs devraient choisir Don Davis, le représentant démocrate de Caroline du Nord, le chatbot a notamment cité parmi ses qualifications le fait d’avoir été directeur d’établissement scolaire, le confondant avec une autre personne.

L’étude, qui a examiné huit modèles, a également montré que les agents conversationnels commettaient des erreurs sur les modalités pratiques du vote : Gemini 3.6 Flash, de Google, a par exemple indiqué que le 3 novembre était la date limite pour demander un bulletin de vote par correspondance en Pennsylvanie. Cette échéance était en réalité fixée une semaine plus tôt.

Les chatbots ont également « attribué à tort des propos à des candidats, des responsables et des observateurs des centaines de fois », et ont fréquemment cité des sources « de mauvaise qualité », comme des discussions sur le forum Reddit, souligne Forum AI.

Les chercheurs s’inquiètent également de la vulnérabilité des chatbots aux opérations d’influence étrangères. Des journalistes de l’Agence France-Presse avaient réfuté, fin octobre, une vidéo vraisemblablement manipulée à l’aide de l’IA, censée montrer un ancien élève du candidat démocrate au Sénat au Texas, James Talarico, qui l’accusait d’agression sexuelle. Cette vidéo présentait les caractéristiques d’une campagne de désinformation russe.

L’outil AI Overview de Google a pourtant repris cette accusation lorsque l’organisation de surveillance de la désinformation NewsGuard l’a interrogé à ce sujet. Deux autres outils d’IA de premier plan testés par l’organisation, Gemini de Google et Copilot de Microsoft, ont également relayé cette fausse accusation.

La mairie de Los Angeles tiraillée par une bataille entre démocrates

Aux Etats-Unis, une part importante d’électeurs semble lassée par l’establishment démocrate. Et à Los Angeles, la force de cette vague antisystème est la grande inconnue de la course pour la mairie qui oppose deux femmes de gauche issues de minorités, lors du scrutin du 3 novembre.

L’édile démocrate Karen Bass, 73 ans, est critiquée pour sa mauvaise gestion des incendies meurtriers de 2025, et le nombre massif de sans-abri dans la deuxième ville du pays, qui accueillera les Jeux olympiques en 2028. Contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, elle n’a pas été réélue au premier tour en juin 2026. Elle est contrainte à un duel avec son ex-alliée Nithya Raman, une conseillère municipale de 45 ans, membre des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA).

Karen Bass à Los Angeles, le 31 octobre 2026. Karen Bass à Los Angeles, le 31 octobre 2026.

Longtemps considérée comme un repoussoir aux Etats-Unis, l’étiquette socialiste a actuellement le vent en poupe, notamment depuis que Zohran Mamdani est devenu maire de New York. Comme lui, Mme Raman attire des électeurs souvent plus jeunes, excédés par les loyers stratosphériques de Los Angeles et qui trouvent le Parti démocrate trop timoré.

Les Angelins sont « insatisfaits » du « statu quo », a-t-elle affirmé lors d’un récent événement avec la communauté latino. Parmi ses griefs, elle cite le coût de la vie, le sans-abrisme et le manque d’entretien des routes, un problème si prégnant qu’Arnold Schwarzenegger a fait sensation en 2023 en rebouchant lui-même un nid-de-poule dans son quartier de Brentwood.

« Nous sommes dans une situation pire dans cette ville que celle d’il y a quatre ans, avant que Karen Bass ne devienne notre maire », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse.

Vétérane de la politique américaine, Mme Bass a siégé au Congrès et n’a jamais perdu une élection. Mais elle a beaucoup perdu en popularité à cause des incendies qui ont fait 31 morts près de Los Angeles en janvier 2025. Les retards d’intervention des pompiers et l’assèchement des bouches d’incendie dans certains quartiers ont provoqué une rancœur tenace chez nombre d’habitants.

Son absence lors du déclenchement des feux, à cause d’un voyage officiel au Ghana, nourrit l’idée que sa gestion a été calamiteuse. Pour ne rien arranger, la maire était également en déplacement à Chicago cet été lorsqu’un autre incendie s’est déclaré dans un entrepôt, provoquant d’épaisses fumées toxiques dans la ville.

Malgré des relais locaux fidèles et une campagne mieux financée, elle se bat pour conserver son poste. Les sondages la donnent au coude-à-coude avec Mme Raman dont les positions ont souvent été très proches des siennes.

Nithya Raman à Los Angeles, le 31 octobre 2026. Nithya Raman à Los Angeles, le 31 octobre 2026.