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La prestigieuse école de commerce a rejoint le mouvement des lycéens ce jeudi 15 octobre avec un blocage partiel organisé par des étudiants.
Par Sarah Coulet avec AFP

JULIEN DE ROSA / AFP
Des étudiants lors du blocus d’HEC Paris à Jouy-en-Josas jeudi 15 octobre.
« Privilégiés mais pas aveuglés » ; « Sans les lycéens, on court vers l’écHEC » ; « Nos valeurs ne sont pas cotées en Bourse ». Les banderoles sont nombreuses devant HEC, alors que l’une des meilleures écoles de commerce françaises est bloquée ce jeudi 15 octobre, en soutien au mouvement des lycéens.
Selon la préfecture et un élève présent sur place, « une vingtaine d’étudiants » sont stationnés devant l’établissement situé à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. L’action « va se poursuivre dans la matinée », mais « on n’a pas prévu de rester toute la journée », a indiqué Baptiste Hernandez, étudiant à HEC, à l’agence de presse française. Le blocus tombant en pleine semaine d’examen, certains accès à l’établissement ne sont pas condamnés, rapporte BFM.
« Nous sommes conscientes et conscients qu’en tant qu’élèves à HEC, nous faisons partie des étudiantes et étudiants les plus privilégiés de ce pays », ont-ils écrit dans un communiqué transmis à l’AFP.
« Cette prise de parole a pour seul but d’amplifier la voix des étudiantes et étudiants. Écoutez les collectifs, tout a déjà été dit », ont-ils déclaré. « Combien de mains arrachées, de lycéennes et lycéens révoltés, de professeures et professeurs consternés et de manifestations ignorées avant que le pouvoir en place agisse pour notre futur à tous ? », s’indignent-ils.
Des débats internes
Moins habitués aux mouvements sociaux, plusieurs établissements privés se sont joints à celui des lycéens, de l’Institut catholique de Paris au lycée Stanislas, en passant par l’École du Louvre ces derniers jours.
Le blocus organisé à HEC serait lui de l’ordre de l’inédit dans l’histoire de l’école. Il aurait été préparé en sous-marin, dans une conversation sur WhatsApp, comme le révélait Le Figaro dans un article publié mercredi 14 octobre. « Vous êtes encouragés à venir dès le début, évidemment, mais libre à vous de nous rejoindre plus tard », écrivait l’un des organisateurs sur la messagerie, à destination des 360 membres que la discussion comptabilisait au moment de la parution de l’article.
Ce geste solidaire a suscité quelques débats : certains estimaient que le blocage n’était pas suffisant, tandis que d’autres souhaitaient profiter de l’occasion pour défendre des revendications propres à leur école. « Il faut se concentrer sur le sujet des lycéens, pour éviter de passer pour les riches qui se plaignent de leur école super chère », aurait tempéré un élève.
« Ces jeunes sont assez peu politisés »
Les organisateurs du mouvement ont fait part au Figaro d’une crainte : le manque d’engagement politique de leurs camarades. « Il faut être réaliste, ces jeunes sont assez peu politisés. Et l’extrême gauche est très peu représentée ici. »
Une mobilisation qui a pourtant fait réagir Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle. « Les élèves d’HEC Paris rejoignent le mouvement des lycéens. J’insiste pour qu’il soit bien clair que cela n’a rien à voir avec ma conférence tenue sur place », a-t-il écrit sur X, précisant à l’adresse du Premier ministre qu’il était « inutile d’engager des poursuites pour incitation à la rébellion ». D’après Le Canard enchaîné, Sébastien Lecornu aurait tenté d’engager des poursuites contre l’insoumis, qu’il accuse d’inciter les adolescents à la rébellion.
Le mouvement a entraîné l’ouverture de 36 enquêtes de l’IGPN à la suite de violences commises contre des lycéens, dont certaines ont causé des blessures mutilantes.


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