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ÉCONOMIE. Les entreprises de la région résistent mieux aux tarifs douaniers américains que ce que le milieu économique craignait. C’est le constat qu’en fait le directeur général de Drummond économique, Gerry Gagnon, plus d’un an et demi après leur imposition.
En mars 2025, l’administration du président Donald Trump a imposé des tarifs de 25 % sur de nombreux produits canadiens importés vers les États-Unis. À ce moment-là, Drummond économique avançait que 3100 emplois dans des entreprises manufacturières exportatrices dans Drummond seraient en danger.
«On parlait quand même de 1,3 milliard de dollars qui étaient exportés vers les États-Unis annuellement et ce montant représentait plus de 80 % de nos exportations totales», met en évidence M. Gagnon lors d’une entrevue téléphonique avec L’Express.
Depuis l’an dernier, d’autres tarifs sont entrés en vigueur à quelques reprises, dont ceux du mois d’août dernier après la rupture des négociations sur l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Aujourd’hui, l’économie de la région de Drummondville s’en sort relativement bien, selon le directeur général de Drummond économique. «La perte des 3100 emplois ne s’est pas avérée. On les a conservés. Notre taux de chômage se situe à 3,8 %, donc à peu près équivalent, sinon un peu plus bas, à ce qu’il était en 2025. On est au plein emploi», rassure M. Gagnon.
Les secteurs touchés par les tarifs américains sont moins présents à Drummondville qu’ailleurs au Québec et au Canada. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)Deux raisons peuvent expliquer ce constat, selon lui. D’une part, il y a la diversité des domaines économiques représentés par les entreprises locales. «On a quand même à peu près une dizaine de secteurs qui sont bien représentés dans notre économie, dont six qui sont porteurs», fait-il savoir.
D’autre part, des secteurs plus visés par les tarifs américains, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile, ne sont pas autant exploités à Drummondville qu’ailleurs au Québec ou au Canada.
«Je ne dirais pas que certaines entreprises sont en difficulté, mais je dirais quand même qu’il y en a plusieurs qui sont touchées par les tarifs. Par exemple, dans le domaine de l’emballage, plusieurs manufacturiers m’ont dit que, lorsque le président [Donald Trump] a tarifé certains produits d’emballage en papier, carton, pellicule de plastique, etc., ils se sont retrouvés avec des [coûts de production plus élevés]», explique Gerry Gagnon.
Investissements mis ailleurs
Au niveau des investissements, plusieurs entreprises ont pris la décision de mettre des projets sur la glace en raison de l’incertitude qu’occasionnent les tarifs et la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis.
Pourtant, les entrepreneurs de la région ont continué d’investir, mais d’une autre façon, avance le directeur général de Drummond économique. «Plutôt que de construire de la brique et du mortier, ils se sont mis à investir un peu plus en recherche et développement ou en achat d’équipement pour augmenter leur productivité.»
«Nos manufacturiers se retrouvaient un petit peu dans un cul-de-sac. Pour essayer de trouver des moyens de compenser les tarifs, l’une des stratégies efficaces, c’est de devenir plus productif. [Certains] ont aussi débuté leurs démarches [afin d’exporter] vers l’international ou d’autres marchés canadiens», précise-t-il.
Selon les chiffres compilés par Drummond économique, les investissements dans le secteur manufacturier étaient de 169 millions de dollars en 2025. L’année précédente, ce montant s’élevait à 188 millions de dollars.
La fermeture de l’usine Venmar, située sur le boulevard Lemire, a eu lieu le 29 octobre dernier. (Photo : William Hamelin)Le cas de Venmar
La semaine dernière, l’usine Broan-NuTone — Venmar a cessé ses opérations de production après plus de 48 ans d’activités. La production sera transférée vers d’autres sites de l’entreprise aux États-Unis et au Mexique.
Pour Gerry Gagnon, «l’arc-en-ciel dans l’orage» réside dans le fait que certains types d’emplois ne seront pas délocalisés. Le service à la clientèle, les ventes ainsi que la recherche et le développement continueront de se faire dans les bureaux drummondvillois de l’entreprise.
Sans trop vouloir se prononcer à la place des représentants de Broan-NuTone — Venmar, le directeur général de Drummond économique pense que les tarifs américains sont un des facteurs derrière la fermeture de l’usine, mais sûrement pas la cause principale.
«C’est assurément un des éléments qui a eu un impact dans les décisions des manufacturiers et des multinationales [dans la dernière année]. Je pense que la plupart des multinationales ont nécessairement mis en cause des emplois, mais elles ont assurément pris des décisions stratégiques sur la façon de déployer leurs services ou leurs unités de vente tant d’un côté de la frontière que de l’autre», croit-il.
Gerry Gagnon mentionne, en terminant, que, s’il faut retenir une chose, c’est que les entreprises de la MRC de Drummond traversent mieux la tempête tarifaire que prévu.
«Nos entreprises sont, malgré tout, assez résilientes et elles l’ont prouvé encore une fois. On verra comment se dérouleront les choses après les élections de mi-mandat aux États-Unis. Toutefois, je pense que les manufacturiers sont des gens résilients, qui ont le cœur à l’ouvrage et qui se retroussent les manches quand ils sont face à des défis», conclut M. Gagnon.


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