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MUNICIPAL. La municipalité de Saint-Edmond-de-Grantham est désormais administrée provisoirement par la Commission municipale du Québec (CMQ) depuis le mardi 3 novembre. La démission récente de cinq conseillers, empêchant ainsi le conseil municipal d’avoir le quorum nécessaire pour tenir une séance le soir même, en est la cause.
Cinq des six conseillers municipaux ont remis leur démission, au cours des derniers jours, avant la tenue de la séance du conseil, mardi soir, soit Alex Gendron, Steve Courchesne, Sylvio Blais, Audrey Morin et Samuel Lanoie.
De ce fait, le maire de Saint-Edmond-de-Grantham, Richard Kirouac, a été obligé de saisir la CMQ. La Commission a ainsi pris le contrôle de la municipalité.
Contacté par L’Express, M. Kirouac a refusé de commenter la situation et a référé le journal auprès de la CMQ pour avoir plus de détails sur les raisons expliquant les démissions.
«Ce n’est pas que je ne veux pas donner de l’information, mais, au moment où l’on se parle, ce n’est plus de ma responsabilité de le faire», a-t-il simplement dit.
Le maire de Saint-Edmond-de-Grantham, Richard Kirouac. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)Dans ce genre de cas, la CMQ administre une municipalité dont le conseil municipal n’a plus suffisamment de conseillers en fonction pour atteindre un quorum afin de prendre des décisions valables. Pour obtenir le quorum, à Saint-Edmond-de-Grantham, il faut quatre membres du conseil municipal sur sept présents durant la séance.
Ce sont les juges administratifs Me Valérie Haince et Me Sandra Bilodeau qui siègeront au côté du maire Kirouac et du conseiller municipal restant, Christian Lupien, confirme par courriel la porte-parole de la CMQ, Audrey Paris.
«La Commission remplace le conseil municipal. Elle adopte les résolutions à la place du conseil pour que la municipalité puisse continuer de fonctionner. Les décisions de la Commission ont le même effet que celles adoptées par le conseil municipal. Les membres délégués par la Commission s’assurent de la bonne administration de la municipalité et du maintien des services aux citoyens», fait-elle savoir.
L’administration provisoire prendra fin lorsque le conseil municipal de Saint-Edmond-de-Grantham retrouvera le quorum, après la tenue d’une élection partielle. La CMQ diffusera par la suite un rapport d’administration provisoire avec des recommandations.
Climat malsain
Dans sa lettre de démission, dont L’Express a pu obtenir une copie, l’une des conseillères municipales, Audrey Morin, explique qu’elle et ses quatre collègues ont pris cette décision en raison d’un climat malsain qui règne au sein de la gouvernance de la Municipalité.
«[…] les opinions divergentes, les remises en question et le désir de faire avancer certains dossiers de façon juste et éclairée se sont à plusieurs reprises heurtés à des résistances de la part du maire et de la direction générale. À cela se sont ajoutés des propos dénigrants ainsi que des comportements que je considère comme étant de l’intimidation», a-t-elle écrit.
«Nous sommes pleinement conscients de la portée de cette décision collective. Le climat ne nous permet plus d’accomplir adéquatement notre mandat et c’est par respect pour les citoyens que je pose ce geste. Les citoyens ont droit à la qualité de gouvernance qu’ils méritent», a ajouté Mme Morin dans sa lettre.
Mardi soir, 25 citoyens étaient présents lors de l’annulation de la séance du conseil municipal. Mélanie Dorais, qui était sur les lieux, a rapporté à L’Express que plusieurs souhaitent désormais que le maire et la directrice générale, Sonya Turcotte, délaissent leurs fonctions.
Pour sa part, Richard Kirouac ne compte pas démissionner de son poste de maire. «Si j’avais voulu le faire, je l’aurais fait hier en même temps que tout le monde», a-t-il lancé au bout du fil.
Mme Dorais partage avoir interpellé la CMQ, comme certains citoyens de Saint-Edmond, afin d’effectuer une enquête sur la situation actuelle au sein de l’administration municipale. «La confiance n’est plus [là] envers le maire et la DG [afin] d’assurer une saine gestion de la municipalité», souligne-t-elle par écrit.
La CMQ affirme qu’elle ne peut confirmer ou infirmer l’existence d’une divulgation ou d’une enquête concernant un élu, une municipalité ou un organisme, puisque le traitement des divulgations de la Commission municipale est confidentiel.
[NDRL : Une précédente version de ce texte disait que Saint-Edmond-de-Grantham était sous tutelle de la Commission municipale du Québec, ce qui n’est pas le cas. Dans la situation actuelle, la Municipalité est sous une administration provisoire de la Commission, puisque le conseil municipal n’a plus suffisamment de conseillers en fonction (quorum) pour prendre des décisions valables.]


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