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La situation des nids-de-poule dans les rues de Montréal est « épouvantable », cet hiver, de l'aveu même de la mairesse Soraya Martinez, qui a subi deux crevaisons. Et ça se vérifie dans de nouvelles données de CAA-Québec, obtenues par Radio-Canada.
Entre le 9 janvier et le 24 février, CAA-Québec a assisté 3526 automobilistes dans les rues de Montréal pour une crevaison, soit une moyenne de 75 par jour.
C'est 48 % plus de crevaisons rapportées à CAA-Québec dans la métropole par rapport aux mêmes dates, l'an dernier.
Les automobilistes des autres régions du Québec vivent aussi une épidémie de crevaisons, avec un moyenne provinciale en hausse de 28 % par rapport à l'hiver précédent.
Ces chiffres peuvent inclure des causes autres que les nids-de-poule, mais le porte-parole de CAA-Québec Simon Bourassa est convaincu que l’augmentation du nombre de services pour des crevaisons cette année n’est sûrement pas étrangère à l’état de la chaussée.
C’est une augmentation qui est assez impressionnante.
Les statistiques de CAA-Québec sont, en plus, sous-représentatives des effets réels des nids-de-poule, puisque bon nombre d'automobilistes se rendent eux-même au garage pour effectuer les réparations nécessaires.

Les garages sont fortement sollicités, cet hiver. (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Carolyne Brochu
C'est le cas de Jessica Talbot, une résidente de l'arrondissement de Lachine, à Montréal, qui a crevé un pneu pour la première fois de sa vie à cause d'un énorme trou dans la chaussée.
Un nid-de-dinosaure
Jessica Talbot roulait sur la voie de service de l'autoroute 20, à Montréal, fin janvier, quand elle est tombée sur une série de cratères. Elle n'avait jamais rien vu de tel.
On a contourné les nids-de-poule le mieux qu'on a pu, raconte-t-elle, mais elle n'a pu éviter un méga trou très profond, qu'elle compare à un nid-de-dinosaure.
Il a fait éclater notre pneu, dit-elle. Le trou a aussi cassé la jante et désaligné la roue.
La réparation lui a coûté 400 $ et elle craint de subir encore le même sort puisque le trou est toujours là et le printemps, propice à la formation de nouveaux nids-de-poule, n'est pas encore arrivé.

Les nids-de-poule peuvent causer des dommages aux pneus et aux suspensions des véhicules. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté
Le pire est à venir
Normalement, on voit ça au printemps, renchérit Simon Bourassa. C’est un peu annonciateur de ce qui va se passer dans les prochaines semaines, quand il y aura la vraie période de dégel.
On risque d’être fortement sollicités, parce que ce n'est pas encore la saison des nids-de-poule. Ça commence habituellement autour du mois de mars.
CAA-Québec remarque que le nombre de service pour crevaison qui se transforment en service pour remorquage est en hausse, ce qui témoigne de la sévérité des impacts aux véhicules, cette année.
La mairesse de Montréal a, elle-même, dû faire appel à un service de remorquage après une double crevaison sur la rue Notre-Dame, le 2 février.
Soraya Martinez a prévenu les Montréalais que le pire est à venir au printemps avec le dégel. Elle a promis d'envisager des solutions.
CAA-Québec demande aux autorités d'agir
Ça coûte de plus en plus cher de réparer un véhicule, constate M. Bourassa. Sur une voiture électrique, avec des pneus de 21 pouces, ça peut coûter 600 $ du pneu.
On ne pourra pas subir des hivers comme ça, chaque année. À long terme, pour les automobilistes, ce n’est pas quelque chose qui est envisageable.

Le porte-parole de CAA Québec, Simon Bourassa
Photo : Radio-Canada
Selon lui, il va falloir pousser la réflexion sur l’entretien des routes au Québec, de manière beaucoup plus approfondie, parce que le patchage et les solutions à court terme, ce ne sera pas viable.
5556 signalements à la Ville de Montréal
Le Centre de services 311 de la Ville de Montréal a reçu 5556 requêtes en lien avec un nid-de-poule, du 1er janvier au 15 février 2026.
Le porte-parole de la Ville Hugo Bourgoin assure que nous ne ménageons aucun effort pour prévenir les nids-de-poule à long terme. La Ville prévoit investir 683,8 millions de dollars dans les programmes de planage-revêtement d'ici 2035.
Nous avons octroyé, plus tôt ce mois-ci, 10 contrats de colmatage sur le réseau artériel, en plus de transférer davantage d'argent aux arrondissements, ajoute M. Bourgoin.

Une colmateuse à nid-de-poule, dans une rue de Montréal. (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron
Du côté du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec, près de 10 millions de dollars ont été investis chaque année pour réparer les nids-de-poule.
Il est possible d’estimer que plus de 163 571 nids-de-poule ont été réparés en 2024-2025 sur le réseau du Ministère, indique son porte-parole Louis-André Bertrand.


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