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Après une vive opposition au tournant des années 2010, l’idée d’exploiter les gaz de schiste a refait surface pendant la campagne électorale alors que certains partis s’y montrent favorables. Bob Lemay, propriétaire de la ferme Les Becquets et opposant à l’exploitation des gaz de schiste, croit que l’opposition est prête à s’organiser rapidement.
La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, ouvre aussi la porte à relancer la filière. Elle s’est dite prête à consulter les Québécois, même si son candidat local, Donald Martel, se montre beaucoup plus réticent. Motivé par la situation géopolitique, notamment les relations commerciales avec les États-Unis, le Parti conservateur du Québec souhaite aussi rouvrir le dossier.
J’ai vraiment l’impression de vivre dans le même film qu’en 2009. Parce qu’Éric Duhaime, au début, il disait gaz de schisteet là, dans ses entrevues, il ne parle plus de gaz de schiste, il parle de gaz naturel. Et c’était comme ça à l’époque, affirme Bob Lemay.
L’agriculteur estime que, même sur des terrains autres qu’agricoles, l’exploitation comporte des dangers. Il explique que le puits, qui se creuse à l’horizontale sur plusieurs kilomètres, déborderait des limites du terrain sur lequel il serait aménagé.
De plus, il souligne les risques élevés de contaminer la nappe phréatique. Il cite des études réalisées pour la MRC de Bécancour qui font état d’une source qui s’étend de Deschaillons à Sainte-Marie-de-Blandford.

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Bob Lemay ne croit pas que les retombées économiques seraient importantes pour la région.
Photo : Radio-Canada
Un contexte différent
Ses quatre enfants souhaitent prendre la relève de la ferme. Ses terres ne sont pas à vendre. Je ne suis pas agriculteur pour recevoir des redevances, affirme Bob Lemay. Il ajoute que la valeur des terres agricoles est tellement élevée que même une compensation ne serait pas avantageuse pour lui.
On nous compare souvent à l’Alberta, mais [les puits] sont dans le nord de l’Alberta. Ils ne sont pas dans la zone complètement agricole , souligne l’agriculteur. Il estime que l’investissement dans l’agriculture est plus viable à long terme.
Il en va de même pour les éoliennes qu’il préférerait voir s’implanter à l’extérieur des milieux agricoles. Il y a en masse de place ailleurs pour développer, conclut Bob Lemay.
Ce qu’en disent les candidats de Nicolet-Bécancour*
Milan Codebecq-Pérusse - Québec solidaire
On est catégorique. Il n’y a pas de question à se poser là-dessus. Le débat est clos depuis 15 ans. De toute façon, c'était une catastrophe. Les premiers forages qui ont été faits, c’était dans des régions habitées, il n’y avait pas eu de consultations publiques. On ne va pas passer à travers le même manège. À Québec solidaire, on veut une transition énergétique, mais on veut qu’elle se fasse avec une acceptabilité sociale.
On ramène les gaz de schiste quand il n’y aucune nouvelle étude. Je comprends qu’on dit qu’on a besoin de se développer et de se protéger de Trump et de son administration, mais ça ne justifie pas tout. J’ai vu des gens stressés de ça. Moi, je suis totalement contre. Le Parti québécois s’est positionné contre aussi. [...] Pour 9 milliards sur 10 ans, scraper nos terres agricoles, je pense qu’il faut être conséquents.
[Pour développer l’énergie éolienne], il va falloir être plus transparents. Je trouve que la démarche qui a été faite dans les dernières années, elle a été garrochée. Ils ont laissé les municipalités gérer ça. Ils n’ont pas les compétences et l’expertise pour gérer ça.
Donald Martel - Coalition Avenir Québec
Il n’y aura pas d’exploitation de gaz de schiste sur le territoire de Nicolet-Bécancour dans le prochain mandat, ça, c’est certain. Notre stratégie de développement de l’énergie, c’est l’hydroélectricité et l’éolien, on n’est pas dans le gaz de schiste du tout. C’est nous qui avons adopté une loi pour adopter un moratoire. S’il y a des gens qui veulent rediscuter de ça, on n’est pas un parti dogmatique, on peut en discuter.
Nous, on veut pas forcer personne [à accueillir des éoliennes]. Pour moi, c’est important de protéger les terres agricoles. [...] Même s’il y avait un promoteur, même s’il y avait un projet de MRC, on l’a vu dans le coin des jardins de Napierville, on est dans les meilleures terres du Québec. On a un rempart qui s’appelle la CPTAQ qui a refusé l’autorisation. Moi, je suis en parfait accord avec ça. C’est une voie d’avenir, l'éolien, mais il faut trouver des endroits où il y a le moins d’impacts possible et qu’il y ait des retombées significatives.
Guillaume Langlois - Parti conservateur du Québec
Le plus important, c’est l’acceptabilité en premier. Mais c’est sûr qu’on veut développer autant que possible notre autonomie énergétique. Donc, les gaz de schiste, il faut y réfléchir à nouveau. Ce qu’on regarde c’est pour voir si on peut faire quatre projets pilotes au Québec. Après c’est de voir, de manière transparente, avec des consultations et surtout pas faire comme en 2008 où on avait exclu le BAPE et les études environnementales pour aller plus vite.
L’idée c’est de voir les endroits qui pourraient être acceptables. Il y a des endroits qui pourraient être intéressants, loin du fleuve, loin des cours d’eau. Dans le parc industriel de Bécancour par exemple, ça pourrait être une option envisageable. Si on pouvait trouver des sites d’enfouissement, ils sont déjà habitués à traiter les eaux. Et souvent, ce sont des sites qui font plusieurs kilomètres.
Même affaire [pour les éoliennes], on le dit pas aux gens. Les organismes, ou Hydro-Québec, les promoteurs arrivent dans les villages et ils ont déjà signé des ententes avec des gens chez qui seraient [installées] les éoliennes. Il faut pas le faire comme ça, il faut le faire de manière transparente.
Sophie Martinbeault - Parti libéral du Québec
Dans Nicolet-Bécancour, c’est clair, c’est non. On ne veut pas relancer l’exploitation des gaz de schiste sur le territoire. On a des projets d’éoliennes, on a des projets pour aller chercher plus d’électricité. Mais il faut faire attention, parce que chaque projet énergétique comporte ses avantages et ses inconvénients. C’est pourquoi je suis prudente par rapport à ces projets-là. Ils vont devoir nécessiter une acceptabilité sociale.
Pour avoir une acceptabilité sociale, il va falloir que les gens aient toutes les informations en main pour prendre une décision. Dans l’éolien, dans les derniers appels d'offres, je crois qu’on n’a pas eu toutes les informations qu’on aurait dû avoir. C’est important d’y aller tranquillement pour avoir un projet qui va être structuré et qui va comporter le plus haut taux d’acceptabilité sociale.
*Les réponses des candidats ont été placées par ordre alphabétique.


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