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Nicolas Reynard, hommage à un photographe-aventurier au cœur des tribus d’Amazonie

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Dans le cadre du festival Photoclimat à Paris, Les Maisons du Voyage rendent hommage à ce reporter qui avait entrepris de dresser un inventaire des tribus indigènes en sursis. Jusqu’à sa disparition tragique en 2004.

Bien avant que les termes de « globalisation » et de « mondialisation » fassent leur entrée dans notre vocabulaire courant, Claude Lévi-Strauss les appelait « les fleurs de la différence ». Peuplades étranges, tribus perdues, ethnies rebelles : tous ceux qui, hermétiques à la modernité, ne trouvent plus leur place sur une Terre devenue trop exiguë et soumise à une seule loi. C’est le travail de l’ethnologue d’aller à leur rencontre, de raconter et de témoigner. De fouiller dans les entrailles des civilisations exotiques, traditionnelles, à l’écart du monde en marche. C’est aussi celui du reporter-photographe qui cherche à figer sur pellicule les instants d’une époque.

Nicolas Reynard a consacré sa vie à ces réprouvés de l’Histoire : Gabras du Kenya, Mokens de Thaïlande, Chipayas de Bolivie, mais surtout tous ces nids ethniques d’une Amazonie qu’il affectionnait par-dessus tout. Entre un Tintin philosophe et un Indiana Jones précautionneux, ce chasseur d’images s’est intéressé à ceux que nos temps modernes dérangent et piétinent. Dans les forêts moites et obscures de la jungle brésilienne, il a rencontré et immortalisé les Matis, réduits à quelques centaines d’individus, qui perpétuent le mode de vie des chasseurs-cueilleurs ; mais aussi des groupes indigènes oubliés le long des circonvolutions d’un fleuve mythique qui n’en finit jamais.

Un écho à la colère de ceux qui luttent pour protéger les dernières ethnies libres

Nicolas Reynard

Nicolas Reynard a consacré sa vie aux tribus indigènes Nicolas Reynard

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« Je m’applique à réaliser une véritable iconographie qui, je l’espère, puisse faire écho à la colère de ceux qui luttent pour protéger les dernières ethnies libres. » Nicolas Reynard aimait l’Amazonie. Passionnément. Il avait cette idée que, par son travail de photographe, il aiderait à mieux la faire connaître, et donc à la protéger. Avec le ministère des Affaires indiennes brésilien, il participait à des expéditions chargées d’approcher des tribus inconnues, dans le but de délimiter leur territoire et de préserver leur avenir.

Pendant des années, parallèlement à son travail destiné aux magazines les plus prestigieux de la presse internationale, dont le National Geographic, Le Figaro Magazine ou Paris Match, il partait au plus profond de la forêt, puis en revenait avec des histoires extraordinaires, intemporelles, rassemblant au fil des années un témoignage exceptionnel sur ces individus en sursis.

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Le photographe-aventurier participait à des expéditions chargées d’approcher des tribus inconnues Nicolas Reynard

Passion fatale

Nicolas n’a jamais pu mener à terme son ambitieuse profession de foi. Il est mort en reportage, le 11 novembre 2004, près de Manaus, avec le journaliste Joël Donnet : le petit hydravion dans lequel ils survolaient la jungle amazonienne s’est abîmé dans le río Negro. Il reste ces photographies oubliées, émouvantes, d’une actualité toujours plus vibrante, qui expriment à la fois cette exigence ethnologique et une réflexion artistique originale.

Pour celles en noir et blanc, sa botte secrète est le Polaroid. « Je remets chaque fois à la ou les personnes photographiées le positif, gardant le négatif que j’utilise ensuite, confiait-il. La photo devient un échange. » Et comment ne pas voir également dans ces négatifs altérés par l’humidité et la poussière, couverts de tâches et de rayures, un troublant hommage à son idole, Edward Curtis (1868-1952), photographe mythique qui immortalisa les Indiens nord-américains ?

Nicolas Reynard a parcouru le monde à la rencontre des peuples oubliés Nicolas Reynard

Cette œuvre de Nicolas Reynard est un hommage aux ethnies qui vivent en toute quiétude, sans relation avec notre époque. Jusqu’à quand ? Terriblement menacées par les déprédations du progrès, par les orpailleurs et les fermiers, par les maladies apportées par nos civilisations, elles sont en sursis. Quand le navigateur portugais Pedro Cabral atteignit la côte sud-américaine en 1500, il y avait environ 11 millions d’Indiens dans ce qui est maintenant le Brésil. Cinq cents ans plus tard, il en survit quelque 300.000.

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