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Les élections législatives israéliennes sont prévues le 27 octobre 2026. Deux semaines avant le scrutin, le gouvernement israélien d’extrême droite, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a dévoilé son intention de prolonger et d’étendre encore la guerre qu’il mène depuis trois ans sur plusieurs fronts en Asie occidentale.
Le mardi 13 octobre, Netanyahu a menacé l’Autorité palestinienne dans une allocution télévisée prononcée lors d’une visite au mur d’apartheid érigé à l’intérieur de la Cisjordanie occupée.
Près du camp de réfugiés de Tulkarem, le Premier ministre était accompagné du ministre israélien de la Défense, Israel Katz. Il a affirmé que les habitants déplacés du camp, qu’il a qualifiés de « terroristes », ne retourneraient pas chez eux. La Cour suprême israélienne avait pourtant autorisé leur retour.
Le camp de réfugiés de Tulkarem figurait parmi les trois plus grandes communautés de réfugiés palestiniens du nord de la Cisjordanie visées par l’opération militaire israélienne de grande ampleur baptisée « Mur de fer ».
Selon les estimations de l’ONU, cette opération a entraîné le déplacement d’au moins 33 362 Palestiniens. Elle a fait des centaines de morts et de blessés et conduit à l’arrestation de plus de 1 000 personnes. Elle a également causé d’importants dégâts et destructions touchant des immeubles d’habitation, des infrastructures et des biens.
Lancée début 2025, l’opération « Mur de fer » a été suivie d’une autre opération de grande ampleur à la fin de la même année.
Le gouvernement Netanyahu a affirmé que ces deux opérations visaient à éliminer les groupes armés palestiniens dans les zones ciblées. Pour beaucoup, leurs conséquences montrent pourtant clairement qu’elles s’inscrivent dans la politique de nettoyage ethnique menée par Israël contre la population palestinienne autochtone.
Netanyahu accusé de s’inventer des adversaires pour assurer sa survie politique
Ces opérations semblent avoir considérablement réduit la capacité d’action des groupes de résistance en Cisjordanie. Le gouvernement Netanyahu ne disposerait donc plus d’aucun prétexte valable pour intensifier ses opérations militaires dans le territoire occupé.
Netanyahu a donc cherché à désigner un nouvel ennemi susceptible de menacer la sécurité d’Israël : l’Autorité palestinienne (AP). Son appareil sécuritaire constitue aujourd’hui la seule force armée encore présente sur le terrain.
Depuis plus de deux décennies, les positions et les actions de l’AP sous la présidence de Mahmoud Abbas se caractérisent par la docilité, la conciliation et, dans certains cas, une collaboration manifeste avec les autorités israéliennes.
Accuser l’ensemble de cette entité politique d’orchestrer des hostilités contre Israël aurait donc paru peu crédible aux yeux du public. C’est sans doute ce qui a conduit Netanyahu et Katz à élaborer un autre prétexte pour justifier une éventuelle guerre contre les Palestiniens de Cisjordanie. Ils affirment que des membres des forces de sécurité de l’AP, ainsi que du Tanzim, lié au Fatah, pourraient faire défection et lancer des « attaques djihadistes » contre les forces israéliennes et les colons.
Il convient de rappeler que la majorité des membres des forces de sécurité de l’AP sont affiliés au Fatah, la principale faction palestinienne, au pouvoir en Cisjordanie. Le Tanzim, quant à lui, constitue la structure militante de base du Fatah et assure ses activités de terrain à caractère paramilitaire.
« Nos ennemis envisagent de nous mettre à l’épreuve dans les jours qui précèdent les élections », a déclaré Netanyahu en faisant référence à l’AP, lors de sa visite près du mur d’apartheid.
« Je les avertis : nous sommes prêts à faire face à tous les scénarios, y compris à ce qu’on appelle un renversement des rôles. Si cela devait se produire, je déconseille à nos ennemis de nous mettre à l’épreuve. Vous feriez face ici à une force que vous n’auriez jamais imaginée », a-t-il poursuivi.
Les déclarations de Netanyahu sont venues réaffirmer l’existence d’un « plan d’urgence » que Katz avait dévoilé la semaine précédente. Selon Katz, Netanyahu avait approuvé ce plan pour le cas où ce scénario hypothétique se concrétiserait.
Selon des analystes, une guerre en Cisjordanie avant les prochaines élections israéliennes n’est pas à exclure, surtout si Netanyahu et sa coalition d’extrême droite estiment que leur victoire est incertaine.
Les premiers sondages réalisés à l’approche du scrutin indiquent de façon constante que le bloc de Netanyahu reste en deçà des 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité. Il n’est actuellement crédité que de 51 à 53 sièges.
Même si le déclenchement d’une guerre ne permet pas de reporter les prochaines élections, il semble viser à renforcer le soutien de l’opinion publique à la coalition de Netanyahu. Celle-ci doit une grande part de ses appuis à sa promotion du nettoyage ethnique pour concrétiser le projet de « Grand Israël ».
L’escalade des violences et des provocations israéliennes perçue comme un prélude à une guerre en Cisjordanie
Les dernières semaines ont clairement montré que le gouvernement Netanyahu avait déjà préparé le terrain en vue d’une guerre en Cisjordanie.
Les forces israéliennes ont intensifié leurs raids dans différentes régions de Cisjordanie, en ciblant particulièrement Ramallah, capitale administrative de fait de l’AP, et Al-Bireh. Dans le même temps, Al-Bireh est devenue un foyer de violences commises par les colons.
L’armée israélienne a également lancé une campagne de destruction de monuments dédiés aux martyrs et à d’éminents dirigeants palestiniens décédés dans l’ensemble du territoire.
Le mercredi 14 octobre, cette campagne a notamment donné lieu à la démolition d’un mémorial dans le camp de réfugiés d’Al-Jalazone, au nord d’Al-Bireh. Il présentait des photographies du défunt président palestinien Yasser Arafat et d’autres hauts dirigeants du Fatah décédés. Beaucoup ont interprété cet acte comme une tentative de susciter l’indignation, notamment parmi les militants de base du mouvement.
L’offensive contre Al-Jalazone est survenue au lendemain du lancement, par l’armée israélienne, d’une opération élargie à Ramallah et à Al-Bireh. Cette opération a entraîné la fermeture d’Addameer et de l’Union des comités de femmes palestiniennes. Ces deux organisations de la société civile documentent les violations commises par les autorités d’occupation israéliennes contre le peuple palestinien.
Des journalistes ont été empêchés de couvrir le raid. Des soldats israéliens les ont menacés avec leurs fusils et ont tiré dans leur direction des balles métalliques recouvertes de caoutchouc ainsi que des gaz lacrymogènes.
Dans le cadre de cette opération, les forces israéliennes ont également fait irruption dans la cour du Complexe médical de Palestine, anciennement connu sous le nom d’hôpital de Ramallah. Elles ont arrêté le journaliste Abdul Qader Hailan et blessé le journaliste Yousef Shehadeh ainsi que deux autres citoyens palestiniens.
Netanyahu aurait pressé Trump de relancer l’agression contre l’Iran
Le déclenchement d’une guerre en Cisjordanie est considéré comme une option plus probable et plus immédiate pour Netanyahu et son gouvernement. Mais de récentes informations de presse indiquent qu’il a tenté de convaincre le président américain Donald Trump de relancer l’agression contre l’Iran avant les élections israéliennes.
Même si Trump ne donne pas suite à la demande de Netanyahu concernant l’Iran, la situation en Cisjordanie laisse présager de nouveaux événements tragiques pour le peuple palestinien dans les semaines à venir. L’AP pourrait elle aussi se retrouver en difficulté.
Source originale: Breakthrough News
Traduit de l’anglais par Investig’Action


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