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Il a vu sa fin politique annoncée puis démentie plus de fois que tout autre dirigeant de l’histoire moderne d’Israël mais à 76 ans, Benjamin Nétanyahou se représente fin octobre à sa propre succession.
Surnommé « Bibi », le premier ministre israélien ayant exercé le plus longtemps, plus de 18 ans, qui est en outre jugé pour corruption, se prépare à des élections que beaucoup considèrent comme susceptibles de mettre un terme à l’une des carrières les plus marquantes et controversées de la politique israélienne.
Benjamin Nétanyahou a déclaré qu’il « entendait gagner » le scrutin, bien qu’il fasse l’objet de vives critiques depuis l’attaque sans précédent du Hamas palestinien le 7 octobre 2023 qui a entraîné la mort de plus de 1200 personnes dans le pays, brisant l’image de « Monsieur Sécurité » qu’il avait construite pendant des décennies.
Trois ans plus tard, il affiche des succès militaires face au Hamas affaibli dans la bande de Gaza, mais aussi face au Hezbollah libanais et à l’Iran, qu’Israël a attaqué à deux reprises.
Mais cela le sauvera-t-il ?
« Changer le Moyen-Orient »
Né à Tel-Aviv le 21 octobre 1949, Benjamin Nétanyahou tient un bagage idéologique musclé de son père Benzion, ex-assistant de Zeev Jabotinsky, leader de la tendance sioniste dite « révisionniste », favorable au « Grand Israël ».
À l’opposé du processus de paix israélo-palestinien des années 1990, qu’il a contribué à enterrer, M. Nétanyahou prône une vision d’Israël comme « État juif » avec des frontières s’étendant jusqu’à la Jordanie, d’où ses déclarations en faveur de l’annexion de pans de la Cisjordanie occupée et de mesures favorisant l’essor des colonies israéliennes.
Au tournant des années 1970, le jeune Nétanyahou effectue son service militaire dans un commando d’élite. Le drame fondateur de sa vie survient lorsque son frère aîné, Yonatan, est tué en dirigeant l’opération de libération des otages d’Entebbe, en Ouganda, en 1976.
« Lorsque j’ai appris la mort de Yoni, j’ai eu le sentiment que ma vie s’était arrêtée », écrira-t-il plus tard.
Élevé en partie aux États-Unis et diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), il est rapidement devenu l’un des porte-parole les plus efficaces d’Israël à l’international, aussi à l’aise sur les plateaux de télévision américains que dans les couloirs des Nations unies.
Élu au Parlement en 1988, il prend la tête du Likoud (droite) en 1993 avant de devenir, trois ans plus tard, à 46 ans, le plus jeune premier ministre de l’histoire du pays.
Il a été chef du gouvernement de 1996 à 1999, puis de 2009 à 2021, avant d’entamer son troisième mandat fin 2022.
Pendant des années, il a soutenu que la sécurité d’Israël reposait sur la puissance militaire, la supériorité du renseignement et la dissuasion.
L’attaque du Hamas a révélé de graves défaillances sur ces trois plans et à mesure que la guerre à Gaza s’éternisait, Benjamin Nétanyahou a présenté le conflit sous un angle de plus en plus historique : non plus comme une simple guerre contre le Hamas, mais comme une lutte générationnelle destinée à remodeler le Moyen-Orient et à briser l’influence régionale de l’Iran.
« Nous avons changé le Moyen-Orient », a-t-il martelé ces derniers mois.
Ses partisans estiment qu’il a répondu à l’heure la plus sombre d’Israël par une détermination militaire sans précédent, affrontant Téhéran directement ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait.
« Vieilli »
Peu de relations ont autant compté pour lui que celle qu’il entretient avec le président américain Donald Trump, « le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche », selon ses mots.
Mais l’alliance semble tanguer.
Le président s’en est récemment pris avec virulence à son allié au cours des difficiles négociations avec l’Iran, auxquelles Israël a assisté en spectateur.
Sur le plan intérieur, les critiques se sont également intensifiées.
« Benjamin Nétanyahou est un homme doté de nombreux talents, mais il a vieilli, il est fatigué et il est entouré des personnes les moins aptes à diriger un pays », a récemment déclaré le chef de l’opposition, Yaïr Lapid.
Bien que très populaire chez certains Israéliens, il ne pourrait pas actuellement former de gouvernement, selon les dernières enquêtes d’opinion.
Mais depuis des décennies, celui qui a voulu consacrer sa vie à « assurer l’avenir de (son) peuple ancestral » déjoue tous les pronostics annonçant sa chute.
Dans un entretien récent, il expliquait qu’il était à l’aise avec l’idée de prendre des décisions impopulaires qu’il jugeait justes et qu’il ressentait peu le besoin d’être encensé dans la presse.
« Je préfère un mauvais éditorial qu’une nécrologie élogieuse », disait-il.


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