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De la musique à plein volume et des cris dans la nuit : des résidents qui habitent à proximité du restaurant ILO affirment que sa terrasse a souvent des allures de fête arrosée jusqu’aux petites heures du matin. Ils espèrent retrouver leur quiétude avec le départ de l’établissement du Marché de la gare. Ils implorent la Ville de trouver un nouvel entrepreneur qui sera davantage en harmonie avec leur quartier.
C’est vraiment très très bruyant. C’est une discothèque sans murs, sans toit, illustre Nathalie Forest.
Elle vit dans la coopérative d’habitation Les enfants terribles depuis environ six ans sur la rue de l’Esplanade. Devant chez elle, le lac des Nations s’étend sur plusieurs mètres. Sur l’autre rive juste en face, la terrasse du restaurant ILO.

De gauche à droite : Évelyne Lapointe, Émilie Dugré et Nathalie Forest vivent sur la rue de l'Esplanade, à Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
L'étendue d’eau nous aide à recevoir le son, explique Nathalie Forest. Comme ses voisins, elle soutient qu’elle est contrainte de fermer les fenêtres de son appartement plusieurs fois par semaine entre le mois de mai et d’octobre. Même coupée de l’extérieur, le vacarme est intenable, déplore-t-elle. Je dors à l’arrière et dans ma chambre, la fenêtre vibre, dit-elle.

Le bruit rebondit sur le lac des Nations et gagne de l'ampleur. Voici la vue des résidents de la coopérative.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Les nuits sont aussi courtes pour Évelyne Lapointe, qui habite le même immeuble. C’est difficile de trouver le sommeil pour moi et pour mes trois enfants, confie la locataire.
Les résidents disent s’être plaints à plusieurs reprises du bruit. Le Service de police de Sherbrooke soutient avoir reçu 23 signalements depuis 2025 pour nuisance sonore au restaurant ILO, mais aucun constat d'infraction n'a été remis à ses propriétaires, notamment parce qu’ils se montrent collaboratifs à l’arrivée des agents, selon le porte-parole Martin Carrier.

ILO resto-terrasse doit dire au revoir à son emplacement au Marché de la gare. Sherbrooke a résilié le bail de l'établissement pour non-paiement.
Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau
Malgré tout, la situation se répète, dénonce Évelyne Lapointe. Quand c’est récurrent et qu’il y a inaction, c’est problématique.
Émilie Dugré, qui vit elle aussi dans la coopérative Les enfants terribles, aimerait que la Ville fasse respecter ses règlements. À Sherbrooke, faire jouer de la musique sur une terrasse après 22 h 30 est interdit.
La cohésion avec le quartier sera considérée
La situation pourrait changer pour les résidents. Les propriétaires du restaurant ILO sont dans l'obligation de quitter le Marché de la gare parce qu’ils ont omis de payer leur loyer depuis près d’un an. Comme leur dette s’élève à plus de 54 000 $, la Ville de Sherbrooke a résilié leur bail.
Les citoyens espèrent que le Service de développement économique de la Ville de Sherbrooke, qui a la responsabilité de trouver le nouveau locataire commercial, gardera en tête leurs préoccupations.

De gauche à droite : Émilie Dugré, Évelyne Lapointe et Nathalie Forest
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Le service a refusé notre demande d’entrevue. Il nous a toutefois indiqué par courriel qu'il tiendra compte de trois critères dans ses recherches.
Le futur commerçant doit tout d’abord être de vocation agroalimentaire, il doit ensuite venir enrichir l'offre du Marché de la gare. La collaboration harmonieuse avec le quartier, pour éviter notamment les nuisances sonores, fera aussi partie de la grille d’analyse.
Une terrasse, avec de la musique avec du volume normal, ce serait l’fun, laisse tomber Nathalie Forest.


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