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  • Suspense à Paris et Marseille, alliance à Toulouse… Les points chauds du second tour

Les tractations pour le second tour des municipales se sont accélérées et précisées lundi, notamment à gauche. Entre alliances fragiles, appels au rassemblement et divisions, Paris, Marseille, Lille et Toulouse s’annoncent comme les principaux champs de bataille électoraux.

La rédaction - Aujourd'hui à 06:02 | mis à jour aujourd'hui à 08:42 - Temps de lecture :

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Le premier tour à peine digéré, les regards se tournent déjà vers dimanche prochain. Plusieurs grandes villes pourraient connaître un changement d’équipe municipale à l’occasion du second tour. Des alliances délicates ont commencé à se nouer, lundi, notamment à gauche.

Quadrangulaire à Paris, Grégoire repousse Chikirou

Dans la capitale, le socialiste Emmanuel Grégoire a pris une longueur d’avance, mais la messe n’est pas encore dite. À la tête d’une alliance PS-Les Écologistes-PCF, il arrive en tête avec 37,9 % des voix, loin devant la candidate Les Républicains et ex-ministre de la Culture, Rachida Dati (25,5 %). Un écart de plus de 12 points confortable… mais « rien n’est fait », tempère Emmanuel Grégoire.

Le jeu reste ouvert car Sophia Chikirou (La France insoumise) est également qualifiée pour le second tour avec 11,7 %. Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a de son côté exclu la moindre alliance avec LFI. « Je ne demande rien à Sophia Chikirou, elle fera ce qu’elle veut », a-t-il déclaré lundi.

Dans l'autre camp, sous pression de sa famille politique, le candidat Horizons/Renaissance à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, qui a obtenu 11,34 % des voix, a opéré lundi une fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati et annoncé qu'il se retirait de la course à l'Hôtel de ville.

Une quatrième liste reste potentiellement en course : celle de Sarah Knafo (Reconquête !), qui a obtenu 10,4% des voix. Son maintien pourrait annihiler complètement les chances de la droite de s'imposer dans la capitale.

Les candidats à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire (PS-Ecologistes-PCF), Sophia Chikirou (LFI) et Rachida Dati (LR). Photo Sipa/Franck Derouda

Les candidats à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire (PS-Ecologistes-PCF), Sophia Chikirou (LFI) et Rachida Dati (LR). Photo Sipa/Franck Derouda

Marseille : duel serré, cavalier seul de Payan

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan (divers gauche) est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national), 36,7 % contre 35 %.

Sébastien Delogu, qualifié au second tour avec 11,9 % des voix, a « tendu la main » au leader du Printemps marseillais, ce dernier a affirmé qu’il n’était « pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit ». Une position jugée « irresponsable » par Sébastien Delogu. De son côté, le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé « solennellement » à LFI de se retirer à Marseille.

De son côté, la candidate de droite et du centre Martine Vassal (12,4 %), a décidé de maintenir sa liste.

Lille : les écologistes en arbitres, un accord avec le PS

A Lille, l'écologiste Stéphane Baly, arrivé troisième au premier tour (23,4 %) a annoncé lundi s'allier avec le maire socialiste sortant Arnaud Deslandes, arrivé en tête avec 26,3 %, laissant la candidate LFI Lahouaria Addouche (23,36%) isolée. 

Cet accord, « je crois, correspond à l'attente que de nombreux Lillois avaient exprimé au cours des dernières semaines », a estimé Arnaud Deslandes, qui a succédé il y a un an à Martine Aubry, lors d'une conférence de presse commune avec Stéphane Baly lundi soir.

Le maire sortant a parlé d'un accord construit dans un « esprit de concorde », pour un projet « social et écologique ».

Toulouse : union express à gauche

À Toulouse, quatrième ville de France, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (divers droite) est arrivé en tête du premier tour (37,2 %), mais il est talonné par François Piquemal (La France insoumise, 27,5 %) et François Briançon (union de la gauche, 24,9 %). À la surprise générale, LFI a devancé la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS). Face au risque de division, la gauche a rapidement serré les rangs : une « liste commune » a été annoncée dès lundi matin pour tenter de renverser la mairie au second tour.

Besançon : alliance pour « battre la droite »

La maire sortante de Besançon, l’écologiste Anne Vignot (33,37 %), largement distancée par le candidat LR Ludovic Fagaut (40,13 %), soutenu par le MoDem de Laurent Croizier, a annoncé lundi s’allier à LFI pour « battre la droite ». Elle s’unit avec la candidate insoumise Séverine Véziès, qui a obtenu 10,9 % des suffrages.

Grenoble : Carignon devance Ruffin

Le candidat LR Alain Carignon a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour (27,04 %), devançant légèrement la favorite Laurence Ruffin (26,3 %), à la tête d’un collectif de partis écologistes et de gauche. Dans la soirée, elle a annoncé un accord « technique » avec Allan Brunon (LFI, 14,59 %), arrivé troisième. Romain Gentil, qui réunit Place Publique, le PRG et le parti écologiste Equinoxe, était crédité de 10,00 % à l’issue du premier tour, mais n’a en réalité obtenu que 9,99 % des suffrages. Il n'a donc finalement pas pu se maintenir au second tour. Il lui manquait trois voix. 

Strasbourg : vers un triangulaire

L’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann est arrivée dimanche en tête du premier tour des municipales (25,9 %), talonnée par le LR Jean-Philippe Vetter (24,2 %), tandis que la sortante écologiste Jeanne Barseghian (19,7 %) est reléguée en troisième position. Une quatrième liste, celle du candidat LFI Florian Kobryn qui recueille 12 % des suffrages, peut se maintenir au second tour. Jeanne Barseghian a conclu un accord avec la formation mélenchoniste. 

Lyon : Doucet déjoue les pronostics face à Aulas

Annoncé loin derrière Jean-Michel Aulas par les instituts de sondage tout au long de la campagne, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a finalement remporté le premier tour avec 37,36 % des suffrages contre 36,78 % pour l’ex-président de l’Olympique lyonnais. L’écologiste est bien parti pour obtenir un second mandat. Lundi, la candidate LFI arrivée troisième, Anaïs Belouassa-Cherifi, a annoncé une « fusion technique » de sa liste avec celle de Doucet.

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