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RÉCIT - Pour pousser la porte blindée de la nation la plus paranoïaque du monde et y réaliser un reportage semi-clandestin, nos reporters ont actionné deux clés : la Russie et le cinéma.
Le cinéma mène à tout et partout, même en Corée du Nord. Pendant des années, je me suis rendu au Festival du cinéma russe de Honfleur, où j’ai rencontré plusieurs fois Karen Chakhnazarov, réalisateur, producteur et directeur des studios Mosfilm, créés en 1924 et d’où sortirent les plus grands chefs-d’œuvre soviétiques du septième art russe. Nous avons sympathisé.
En 2005, il a ouvert au Fig Mag les portes du « Hollywood russe ». Le reportage que le photographe Éric Martin et moi avons réalisé lui a plu au point de nous inviter, deux ans plus tard, à venir à Moscou assister à l’avant-première de son nouveau film, L’Empire disparu – il souhaitait même que nous en réalisions l’affiche internationale !
Lors du cocktail privé suivant la projection, nous sommes présentés à un diplomate nord-coréen. Un peu ivres, un peu excités, nous expliquons à notre interlocuteur que le cinéma de son pays est peu connu en France (litote). Mais miracle, ajoutons-nous, bientôt sort dans quelques salles…


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