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DISPARITION - L’épouse française de l’aîné des enfants Picasso a légué plusieurs dizaines d’œuvres à l’établissement andalou, inauguré en 2003. Elle est décédée à l’âge de 97 ans.
Passer la publicité Passer la publicitéEn octobre 2003, Juan Carlos inaugurait le musée de Malaga consacré à l’autre roi d’Espagne : Picasso. La conclusion d’efforts menés entre autres par Christine Ruiz-Picasso, belle-fille de l’artiste, mécène et promotrice active de son œuvre. Cette « figure respectée dans le monde muséal et culturel », d’après un communiqué du musée de Malaga, vient de disparaître à l’âge de 97 ans, en Provence. Une autre terre « picassienne » où elle avait rencontré le maître dans les années 1950.
Christine Pauplin, céramiste parisienne née en 1928, a fait connaissance de l’artiste en visitant son atelier d’Antibes. Elle croise alors Paulo, son aîné, le fils d’Olga Khokhlova, le jeune Arlequin des tableaux du maître. Christine lui donne un enfant, Bernard, en 1959. Paulo mourra en 1975 d’une cirrhose. Celle qui a pu observer dans l’intimité le génie et le caractère difficile de Picasso hérite d’un nombre considérable d’œuvres.
233 œuvres léguées
Dans les années 1990, elle soutient la création d’un musée dans sa ville natale. Là où l’artiste est né en 1881, au premier étage du 36 de la Plaza de la Merced, où il vécut dix ans avant de déménager en famille à La Corogne, puis de voler de ses propres ailes à Barcelone et Paris. Christine Ruiz-Picasso et son fils, Bernard, légueront 233 œuvres à cet établissement installé dans le palais des comtes de Buenavista. Un édifice du XVIe siècle que le peintre appréciait, selon sa belle-fille.
« Je ne veux pas être traitée comme une sainte ; j’ai simplement exaucé le vœu de Pablo de voir ses œuvres exposées pour la première fois à Malaga », confiait-elle en 1994 à la presse espagnole.
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L’idée d’établir un musée à Malaga, lieu de souvenirs lointains mais vivaces pour Picasso, a été soulevée dès 1953. Quand le délégué provincial des beaux-arts de la ville, encouragé par des figures intellectuelles locales, en soumet la proposition au maître. Celui-ci l’accueille favorablement, mais le projet reste lettre morte, selon El Periódico Mediterráneo, en raison de ses sympathies communistes et son antifranquiste Guernica.
Fil rouge dans l’héritage labyrinthique du Minotaure, Christine Ruiz-Picasso a multiplié les visites au « Museo Picasso Málaga », dont la collection est admirée par environ 800 000 personnes par an. Seul ombre au tableau, elle critique vertement, en 2011, une exposition montrant des dessins antifascistes de Picasso, y voyant un geste « partisan » avant une période électorale. Des accusations balayées par le ministère de la Culture.
L’événement ne suffit pas à rompre les liens entre le musée et sa présidente d’honneur, décrite dans un communiqué comme une « figure essentielle à la création de cette institution et une infatigable protectrice de l’héritage artistique de Pablo Picasso ». En 2006, face à des céramiques de la période d’Antibes, Christine Ruiz-Picasso avait admiré ce qui était, d’une certaine façon, l’œuvre de sa vie : « Imaginez ce que cela signifie pour moi, au crépuscule de ma vie, de voir à Malaga ces œuvres », s’était-elle émue.


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