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International 12/07/2026 12:50 Actualisé le 12/07/2026 13:23
Dans une tribune publiée après la victoire de l’Espagne sur la Belgique, l’ancien Premier ministre espagnol (2011-2018) parle des Bleus comme une équipe « sans Français ».

REUTERS
L’ancien Premier ministre espagnol verse à son tour dans le racisme pour parler des Bleus.
Neuf mots qui disent beaucoup. Après la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, qui est tombée dans le racisme le plus crasse pour parler du capitaine de l’équipe de France Kylian Mbappé, au point de susciter une vague de réprobation mondiale, c’est au tour de l’ancien Premier ministre espagnol de se livrer à un commentaire peu glorieux.
Dans une tribune publiée après la victoire de l’Espagne contre la Belgique au Mondial de football, vendredi 10 juillet, synonyme de qualification pour une demi-finale attendue contre les Bleus, Mariano Rajoy parle de l’équipe de France à sa façon. Celui qui a occupé le poste de Premier ministre entre 2011 et 2018 évoque un effectif « de très haut niveau », qui « joue un excellent football ». Mais ajoute ceci : « cela dit, il n’y a pas de Français ».
Membre du mouvement conservateur Parti populaire (allié aux Républicains, en France), le dirigeant ne s’est pas davantage épanché sur ces quelques mots. Il ne fait cependant aucun doute qu’il vise ici les origines diverses des joueurs sélectionnés par Didier Deschamps pour le Mondial.
« L’équipe de France ne comprend que des Français. La France n’est pas une nation ethnique, elle n’a pas de couleur de peau ou de religion. C’est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine. N’en déplaise à la droite raciste », a réagi sur X le socialiste Olivier Faure.
Des membres du gouvernement français réagissent
« Hier une sénatrice du Paraguay, maintenant l’ancien Premier ministre d’Espagne : ils ne peuvent pas s’empêcher d’exprimer un racisme crasseux pour tenter d’énerver notre belle équipe de France », a abondé son homologue du Parti communiste français, Fabien Roussel.
Des membres du gouvernement français ont aussi réagi. « À chaque victoire des Bleus, les mêmes obsessions et insultes racistes ressurgissent. Ce ne sont pas des “dérapages”. C’est une haine méthodique et banalisée de la France et de ce qu’elle est », a tancé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou (Horizons), invitant la Fédération française de football à engager des « poursuites ».
Sa collègue Aurore Bergé (Lutte contre les discriminations, Renaissance), a elle critiqué des « dérapages racistes répétés » : « il est temps qu’ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère ».
Également interrogé sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé que si cette déclaration « est exacte », elle « est absolument inacceptable ».
Nombreux propos racistes visant les Bleus
Ces propos à caractère raciste venus d’Espagne interviennent après plusieurs polémiques venues du Paraguay, mais également d’Argentine. On apprend ainsi ce dimanche que l’ambassade de France à Buenos Aires a déclaré une élue régionale « non grata » dans ses locaux ou dans la coopération bilatérale, à la suite d’un tweet où elle avait évoqué, à propos de l’équipe de France de football, une « équipe africaine, sans manières ».
Hebe Casado, vice-gouverneure (droite) de la prospère province de Mendoza, avait, dans la foulée du match France-Paraguay au Mondial, posté un message sur X disant : « bien, Paraguay. L’équipe africaine, sans aucune manières. Je ne supporte pas Mbappé ».
L’ambassadeur de France en Argentine, Romain Nadal, a dénoncé des propos dont « le caractère raciste ne fait aucun doute » et qui « la (vice-gouverneure) disqualifient pour travailler avec l’ambassade ou participer à des réunions où serait présente l’ambassade », a-t-il indiqué à l’AFP. « Il n’y a pas de place pour le racisme dans la coopération franco-argentine ».
Son message, qui a suscité des réactions croissantes sur les réseaux sociaux, avait été dans un premier temps occulté par le tollé déclenché par les propos insultants et répétés de la sénatrice paraguayenne Céleste Amarilla sur Kylian Mbappé.


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