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Le décès à la veille de Noël d’Annette Dionne, la dernière survivante des quintuplées Dionne, marque la fin d’un chapitre et d’une époque, soulignent des proches de la famille et des historiens.
Mme Dionne a rendu l’âme cette semaine à l’âge de 91 ans. L’avant-dernière survivante des jumelles, Cécile s’est éteinte plus tôt cette année. Les trois autres sœurs, Émilie, Marie et Yvonne, sont décédées respectivement en 1954, 1970 et 2001.
Mike Gélinas parlait toutes les deux semaines à Annette. Le bénévole au musée des sœurs à North Bay, en Ontario, affirme que Mme Dionne était malade depuis trois ou quatre mois. Je pense qu’elle avait de la misère à voir, sa vision n’était pas très bonne, a-t-il confié à Radio-Canada.
M. Gélinas explique qu’Annette était vraiment bouleversée par le décès de Cécile lorsqu’il l’a vu dans la région de Montréal, où elle résidait, deux semaines après les faits. Annette et Cécile, qui ont vécu le plus longtemps, étaient très proches, dit-il.
Une enfance invraisemblable
Le décès d’Annette marque la fin d’une époque pour North Bay, le Québec et pour tout le monde, soutient M. Gélinas. Les jumelles sont nées à Corbeil, un village près de North Bay, où elles ont vécu une enfance invraisemblable pendant la Grande Dépression.
Il était alors très rare de voir des quintuplées survivre plus que quelques jours. L’histoire des fillettes a capté l’attention du gouvernement de l’Ontario, qui les a placées sous sa garde peu de temps après leur naissance.

Les soeurs Dionne ont capté l'attention du monde entier durant leur enfance.
Photo : Dionne Quints Museum Collection avec l'autorisation de A. et C. Dionne
L’Ontario a par la suite profité financièrement de cette tutelle, alors que les quintuplées ont notamment été montrées au monde entier, telles des bêtes des cirques, au parc thématique Quintland, dans leur village natal. En mars 1998, les sœurs ont obtenu des excuses officielles du gouvernement de l’Ontario, qui leur a aussi payé un dédommagement de 4 millions de dollars.
L’historien Serge Dupuis, natif de Sudbury, note que le décès d’Annette Dionne représente la fin d’un chapitre dans l’histoire franco-ontarienne. C’était quand même des fillettes qui avaient retenu beaucoup d'attention, mais qui avaient aussi beaucoup souffert dans leur vie, donc elles ont peut-être retrouvé une paix en passant au-delà comme ça, dit-il.
À quand l’histoire complète des Dionne?
Différents ouvrages sur les jumelles ont déjà été publiés au 20e siècle, comme Les jumelles Dionne et l’Ontario français (1934-1944) de l’auteur franco-ontarien Gaétan Gervais. Mais Serge Dupuis estime que davantage de documents concernant les jumelles pourraient être rendus publics dans les prochaines années.
Maintenant que cette histoire-là vient de se terminer, il y aurait un prétexte pour faire une histoire complète de la vie des jumelles Dionne.
M. Dupuis estime qu’il pourrait être pertinent de s’entretenir avec des gens qui ont connu les jumelles durant leur enfance, mais aussi durant le reste de leur vie. Il y a des gens qui pourraient témoigner, puis peut-être compléter l'histoire complexe et nuancée de ces fillettes, mais de ces femmes-là [aussi], qui ont été des adultes, des mères, des travailleuses, des amies aussi, explique-t-il.
Jeff Fournier, qui a milité il y a quelques années pour garder la maison d’enfance des jumelles à North Bay, estime que la municipalité du Nord de l’Ontario est redevable envers la famille et les cinq fillettes. Elles ont été un rayon de soleil pour notre ville et notre culture au Canada durant une période sombre, la Dépression, observe-t-il.


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