Le Stade olympique de Montréal encaisse une nouvelle facture, presque deux décennies après avoir soldé la précédente. Québec prévoit investir 870 millions de dollars pour remplacer la toiture et l’anneau technique du Stade olympique de Montréal qui a atteint sa durée de vie utile. Une somme colossale qui tombe alors que la dette originelle des Jeux de 1976 n’avait été totalement épongée que le 20 août 2006, quand les Québécois ont dû sortir 2,402 milliards de dollars de leurs goussets pour clore le dossier.
À retenir
- Le Québec investit 870 millions de dollars pour remplacer la toiture et l’anneau technique du Stade olympique.
- La toiture originale, conçue comme rétractable, a subi plus de 20 000 déchirures depuis sa construction en 1976.
- Le nouveau toit sera une structure fixe en acier et élastomère avec une durée de vie estimée à 50 ans.
Sommaire
Un stade taillé pour l’été 1976, jamais vraiment achevé
Le Comité organisateur des Jeux olympiques assurait pouvoir contenir à 190 millions de dollars le coût des installations, le stade lui-même devant coûter 71 millions de dollars. Le projet est confié à l’architecte français Roger Taillibert. Il propose une vision audacieuse : un édifice en forme d’immense coquillage, ouvert au centre, abrité par un toit amovible. L’ensemble est surmonté d’une tour habitable de 165 mètres de haut, penchée, censée retenir les câbles du toit.
La construction a connu de nombreux problèmes : des grèves, de la corruption, des retards importants. Lors de l’ouverture des Jeux en 1976, le Stade n’a pas de toit et la construction de la tour n’est même pas terminée.
Il faudra douze ans de plus pour voir la tour penchée achevée.
Le toit qui n’a jamais tenu ses promesses
Un toit suspendu accroché à une tour inclinée cumule les fragilités. Les câbles supportent en permanence le poids de la membrane, quelle que soit la météo. La toile, elle, vieillit sous les rayons ultraviolets, se dilate l’été, se contracte l’hiver, et finit par accumuler l’eau de pluie ou la neige plutôt que de l’évacuer.
Des déchirures suivent dès 1991, si bien qu’en 1993 la Régie des installations olympiques abandonne l’idée de rétractabilité et la toile devient fixe jusqu’à son remplacement, en mai 1998, par une nouvelle version.
Cette seconde toile ne tient pas mieux. Le 18 janvier 1999, un effondrement de neige laisse un trou béant dans la toile du stade olympique.
Avant la première décision gouvernementale de démanteler le toit, en 2017, près de 7 500 déchirures avaient dû être réparées depuis la construction de l’édifice. Le compteur continue de grimper. En 2024, la toiture est déchirée à plus de 20 000 endroits et menace de forcer la fermeture du site.
870 millions plus tard, la facture olympique repart
Le projet doté d’une enveloppe de 870 millions de dollars est officiellement annoncé le 4 février 2024 par le gouvernement de François Legault. Québec opte finalement pour une structure fixe et rigide d’une durée de vie estimée à 50 ans, tournant le dos définitivement à l’idée d’un toit rétractable.
La partie centrale du toit, composée d’acier et d’élastomère, sera soutenue à 75 % par le mât du stade et à 25 % par les 38 consoles qui composent la structure existante. Sa large bordure, en verre translucide, permettra de laisser entrer la lumière du jour. L’anneau technique de béton sera quant à lui remplacé par un tube d’acier au revêtement courbé pour s’harmoniser avec l’architecture du stade.
La toile qui recouvrait le Stade olympique avait une superficie de 27 000 mètres carrés. Son retrait, avec les câbles et structures qui la retenaient, a mobilisé jusqu’à 300 travailleurs.
Le contribuable québécois se retrouve donc à financer une seconde fois un ouvrage dont la dette initiale avait mis trente ans à s’éteindre. Et la note pourrait encore s’alourdir : la liste des projets d’infrastructure en cours au gouvernement comprend d’autres investissements liés au stade qui ne font pas partie du budget de 870 millions de dollars, notamment 20 millions pour le remplacement du matériel de sonorisation et 28,6 millions pour le système électrique.
Sources : quebec.ca | ici.radio-canada.ca | tourismexpress.com


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