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Montréal et Longueuil harmonisent leurs approches face aux campements itinérants

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Confrontées à l’épineux problème des campements itinérants qui se multiplient sur leur territoire sous l’effet de la crise du logement, les villes de Montréal et de Longueuil harmonisent leurs protocoles et leurs approches pour faire face à cette problématique.

Si les citoyens se montrent en général assez tolérants face à la présence de campements dans l’espace public, la cohabitation se fait plus problématique dans plusieurs secteurs où des enjeux de propreté, de sécurité et de qualité de vie affectent les gens qui vivent et travaillent près de ces campements qui se font de plus en plus permanents.

Aux prises avec des situations similaires, Longueuil et Montréal ont donc choisi d'agir de concert pour calmer le jeu tout en préservant la dignité des personnes vulnérables et la sécurité des citoyens riverains.

On peut briser le cycle de l’itinérance actuellement à Montréal et ne pas devenir une ville comme San Francisco, comme Vancouver.

De prime abord, les deux Villes se montrent prudentes avec la répression et précisent que les expulsions et démantèlements de campements doivent demeurer des mesures de dernier recours, en cas de menace imminente à la sécurité publique.

Soraya Martinez-Ferrada et Catherine Fournier s'adressent aux journalistes.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez-Ferrada, et sa collègue Catherine Fournier, mairesse de Longueuil, ont l'intention d'adopter des politiques cohérentes pour faire face à l'itinérance dans les deux villes séparées par le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Le reste du temps, Montréal et Longueuil comptent faire appel à la participation des itinérants et au maintien avec eux d’un lien de confiance pour que les interventions des autorités publiques et municipales soient plus durables.

Zones de tolérance

Les arrondissements et la Ville-centre pourront également désigner des zones de tolérance permettant l’installation de campements, selon la juridiction du terrain visé, annonce le cabinet de la mairesse Martinez-Ferrada.

Soyons clairs, on ne va pas rendre permanents les campements. Notre objectif, c’est que les Montréalaises et les Montréalais en situation d’itinérance sortent de la rue, de manière durable.

Le tout sera arrimé à une collaboration intersectorielle étroite entre les services municipaux, la police, les pompiers, les milieux communautaires et la santé publique, dit-on dans un communiqué.

Le but est d’adapter les interventions à chaque situation, en tenant compte des risques liés à la sécurité, à la santé publique, aux incendies, à la criminalité et à la vulnérabilité des personnes, écrit le cabinet de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez-Ferrada.

On n'a pas la choix d'être tolérants, sinon c'est quoi l'alternative? a questionné Mme Martinez-Ferrada en conférence de presse.

Logement et réaffiliation

Malgré cette approche en douceur du problème, l’objectif reste le même, souligne le cabinet de la mairesse Martinez-Ferrada, soit de trouver des solutions de logement qui permettront de réintégrer dans la société les gens qui n’ont aucune autre place pour vivre que dans la rue.

Des policiers parlent à un homme refusant de quitter un camp en cours de démantèlement.

Le démantèlement d'un camp de sans-abri à Montréal, en décembre 2024.

Photo : The Canadian Press / Christinne Muschi

C’est pourquoi les deux villes prônent, en plus d’un hébergement sécuritaire, salubre et stable, l’ajout d’un soutien social et communautaire pour accompagner les personnes sans-abri dans leur réintégration. C’est ce que les villes appellent des solutions de logement et de réaffiliation.

La crise et la sortie de crise, ça s’appelle du logement et du logement de transition.

La Ville de Montréal prévient par ailleurs que son protocole n’est pas un règlement municipal. Son rôle est d’orienter les actions de la Ville lorsqu’un campement est constaté, afin que la réglementation municipale soit appliquée avec discernement, précise-t-on.

Mesures déployées à Montréal

  • Un diagnostic systématique de chaque campement;
  • Un plan d’intervention concerté avec les partenaires de la Santé et du communautaire;
  • Le déploiement d’un outil centralisé de suivi pour mieux coordonner les actions sur le terrain;
  • La possibilité de désigner des zones de tolérance.

Longueuil opte pour des règles claires

À Longueuil, l’administration de la mairesse Catherine Fournier se penche depuis 2022 sur la démarche à adopter et la façon de composer avec ce problème combiné de pauvreté et d’accessibilité au logement.

Un itinérant de dos manipule des vêtements dehors.

Un campement de fortune sur la rue Bourassa, à Longueuil. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

L’itinérance ça n’a pas de frontière [...] Pour nous, des campements visibles, un peu plus organisés, c’est nouveau.

La Ville a notamment consulté les citoyens qui vivent dans la rue pour élaborer sa stratégie.

D’après la mairie, ces derniers souhaitaient eux-mêmes que des attentes claires soient formulées par la Ville pour éviter l’arbitraire et savoir à quoi s’en tenir.

La Ville de Longueuil a donc établi des règles précises pour régir la cohabitation entre les résidents des campements et les autres citoyens soit :

  • Une distance minimale d’au moins 250 mètres devra être respectée entre les campements et les écoles, les services de garde, les ressources pour femmes et les résidences pour aînés.
  • Un maximum de cinq tentes ou cinq personnes est toléré sur un même terrain public.
  • Chaque personne a droit à une tente et à un vélo (pour éviter l'accumulation de biens).
  • La sous-location de tentes est formellement interdite : une tente = un propriétaire.

Bien que ces principes soient déjà appliqués de manière informelle sur le territoire de Longueuil et de son agglomération depuis quelques années, les officialiser dans un cadre structuré nous aide à agir de manière cohérente, sensible et respectueuse sur le terrain, explique la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier.

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