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Montréal est la ville québécoise où une famille de quatre personnes doit avoir le plus d'argent pour vivre dignement, selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).
Cet organisme de réflexion progressiste calcule que le revenu annuel viable à Montréal pour une famille de deux adultes et de deux enfants s'élève à 88 812 $ en 2026, soit une hausse de 4,2 % par rapport à l’an dernier.
Pour la première fois depuis la publication annuelle de ce rapport, en 2015, le revenu viable pour Montréal dépasse celui de Sept-Îles pour une famille de quatre personnes en raison des coûts liés au logement.
L'IRIS définit le revenu viable comme étant les revenus nécessaires (après impôt) pour répondre aux besoins de base tout en ayant une réserve pour des imprévus. C'est possible aussi d'investir pour changer sa condition de vie, par exemple en prenant des cours du soir. C'est un style de vie qui est modeste, où il n’y a pas de dépenses très frivoles, mais qui est digne, explique l'auteure du rapport, Ève-Lyne Couturier.
Le calcul de l'IRIS est basé sur les dépenses des ménages en fonction des coûts réels dans sept villes de la province, soit Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Saguenay, Trois-Rivières et Sept-Îles.
Du côté des familles monoparentales, le revenu annuel viable estimé à Montréal est de 55 820 $, ce qui place la métropole au troisième rang, derrière Sept-Îles et Saguenay. Pour les personnes qui vivent seules, le revenu annuel viable est estimé à 41 585 $.
Ève-Lyne Couturier explique que bien que le coût du logement puisse être moins élevé à Trois-Rivières, à Sherbrooke ou à Sept-Îles, les loyers y ont tout de même beaucoup augmenté. Par exemple, pour une personne seule qui vit à Sept-Îles, les loyers ont augmenté d’environ 13 %,, Dans le cas d'un ménage monoparental, cette hausse s'est établie à 15 %.
La crise du logement qu'on voit à Montréal, la crise de l’abordabilité, la difficulté de se trouver un logement dans le budget disponible lorsqu'on est au seuil de la pauvreté, c'est une situation qui est en train de se généraliser à l'échelle du Québec, soutient cette chercheuse.

Ève-Lyne Couturier est chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.
Photo : Radio-Canada
L’IRIS estime qu’une personne seule à Montréal doit gagner environ 30 $ l’heure pour que son revenu disponible lui permette de vivre dignement et de se sortir de la pauvreté.
Hausse du salaire minimum
Le 1er mai 2026, le salaire minimum augmentera de 0,50 $ au Québec pour atteindre 16,60 $ l’heure, ce qui fera croître le revenu disponible des travailleurs au bas de l'échelle, selon l'analyse du salaire minimum 2026 de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke. Le Québec compte 198 200 personnes qui travaillent au salaire minimum, soit 4,8 % des employés.
En tenant compte du système d’imposition et des transferts fiscaux, une personne seule au salaire minimum verra son revenu annuel disponible croître de 4,2 % pour atteindre 29 941 $, alors qu’un ménage monoparental verra son revenu croître de 4,1 % pour atteindre 44 817 $, soit une croissance supérieure à l’inflation prévue de 2,3 %.
Au Québec, le revenu disponible d’une personne seule au salaire minimum couvre le seuil des besoins de base (mesure du panier de consommation, ou MPC) à 116 %, alors qu’une famille monoparentale le couvre à 123 %.
Au Québec, on a une meilleure couverture de la mesure du panier de consommation parmi les provinces canadiennes, même si le salaire minimum est plus élevé ailleurs, explique le titulaire de la CFFP, Luc Godbout.
Selon les mesures fiscales accordées par les gouvernements fédéral et du Québec, quand on regarde la mesure du panier de consommation, qui peut varier d'une province à l'autre, ici, on a la meilleure couverture du panier de consommation avec le revenu disponible, selon le ménage, en travaillant au salaire minimum.
Selon l’IRIS, même si le revenu disponible au salaire minimum permet de dépasser le seuil de la MPC, cet indicateur ne comprend pas les dépenses liées aux services de garde, aux cotisations professionnelles, aux pensions alimentaires ou aux services de santé non assurables.


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