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L’ancienne vice-présidente de Joe Biden et candidate à la présidentielle 2024 va faire une apparition aux côtés du démocrate Abdul El-Sayed dans le Michigan.
Kamala Harris fait son retour sur le devant de la scène politique. Ce mardi 22 septembre, l’ancienne vice-présidente et candidate à l’élection présidentielle 2024 va s’afficher dans le Michigan aux côtés du démocrate Abdul El-Sayed, dans le cadre de la campagne des élections de mi-mandat pour le Sénat. Mais si elle est la bienvenue dans cet État du nord des États-Unis, ce n’est pas le cas partout. Au point où des élus et des donateurs rejettent déjà sa candidature pour la présidentielle de 2028... alors qu’elle ne s’est même pas encore déclarée.
La démocrate a été relativement discrète au cours de la campagne des primaires ces derniers mois, se mouillant peu auprès des candidats après avoir elle-même renoncé à être candidate en Californie. Elle a notamment attendu qu’Abdul El-Sayed soit officiellement investi pour lui apporter son soutien dans cette élection particulièrement scrutée. C’est en effet avec ce candidat classé très à gauche (par rapport à la ligne officielle du parti) que les démocrates vont tenter de conserver un siège au Sénat. Une défaite anéantirait les chances du parti de reprendre la majorité aux républicains dans la chambre haute.
C’est dans ce contexte qu’elle est attendue dans le Michigan – État qu’elle a perdu face à Trump en 2024 à moins d’un point – pour une table ronde sur la santé des femmes noires pendant la maternité. Ce ne sera pas son seul stop pendant cette dernière ligne droite avant les midterms du 3 novembre. En octobre, elle est attendue auprès d’Aaron Ford, qui se présente pour devenir gouverneur du Nevada, et du sénateur Jon Ossoff, candidat à sa réélection en Géorgie. Cette implication est-elle synonyme de premier pas vers 2028 ? « Pour le moment, les midterms, les midterms, les midterms sont la seule chose qui occupe mes pensées, mon esprit et mon travail. Nous devons gagner », a-t-elle balayé début septembre dans le podcast de Megan Rapinoe.
Tous ces candidats qui lui disent « non merci »
Sauf que son intervention n’est pas vue d’un bon oeil partout. Plusieurs candidats démocrates ont ainsi tout bonnement rejeté son soutien, comme Josh Turek, candidat pour le Sénat dans l’Iowa. « Non », a-t-il sèchement répondu quand il lui a été demandé s’il souhaitait une visite de Harris pendant sa campagne. La réponse de Rob Sand, candidat pour le poste de gouverneur de l’Iowa, n’a pas été différente. « Non merci », a-t-il lâché, allant même jusqu’à rejeter l’hypothèse Kamala Harris pour 2028. Quant à Rebecca Cooke, qui veut remporter un siège à la Chambre des Représentants pour le Wisconsin, elle a estimé auprès de Politico qu’elle n’avait « besoin de personne pour faire campagne dans sa circonscription ». Ce qui ne l’a pas empêchée d’accepter le soutien de Pete Buttigieg ou Mark Kelly, deux potentiels candidats pour 2028.
Mi-août, c’est dans l’Alaska que Kamala Harris a reçu une fin de non-recevoir. Après l’envoi d’un email de levée de fonds dans lequel elle appelait les électeurs à soutenir l’aspirante sénatrice Mary Peltola, cette dernière a fait savoir qu’elle ne « cherchait pas de soutien du “Lower 48” [les 48 États américains situés entre le Canada et le Mexique, NDLR] ». Il faut dire que l’email, envoyé sans son accord, a été instrumentalisé par les républicains qui ont immédiatement accusé Mary Peltola de travailler « main dans la main » avec Kamala Harris.

Capture écran Google Maps
L’Alaska est délimité en rouge, à l’ouest du Canada.
Comme le souligne Politico, ce rejet épidermique vient d’États à majorité conservatrice, où les candidats démocrates sont frileux à l’idée d’être associés à des figures nationales. La lourde défaite de Kamala Harris en 2024 dans ces États – 13 points de différence avec Trump en 2024 dans l’Alaska par exemple – fait même d’elle un épouvantail. Face à ce constat, elle relativise. « Évidemment, ces candidats savent ce qu’il faut faire pour gagner. Donc je les soutiens dans ce qu’ils font pour gagner », a-t-elle affirmé sur MS NOW. Reste que ces réactions envoient un message trouble pour la présidentielle 2028, dont la campagne sera lancée dès le lendemain des midterms.
Son hypothétique candidature pour 2028 déjà contestée
Preuve que son aura est remise en question : de riches contributeurs du parti démocrate évoquent à voix haute leurs doutes. « Aucun donateur sérieux en quête de son candidat à la présidentielle n’attend un appel de Kamala qui lui dirait : “Je me lance.” Elle est tout simplement absente des discussions », a confié l’un d’eux à CNN. Mercredi dernier, le co-fondateur de LinkedIn Reid Hoffman a fait part de son scepticisme : « Je pense que ce serait un parcours très difficile pour elle et qu’il y aura beaucoup de candidats. » « Je ne veux pas qu’elle se présente. Je pense qu’il faut mettre de côté tout ce qui est associé à l’administration Biden et passer à autre chose », a aussi taclé l’influent avocat John Morgan auprès de Vox. Un consultant proche du parti démocrate parle même du « Mirage Kamala » : « Son nom ne ressort pas. Elle ne fait pas partie des calculs des gens pour 2028, qu’elle se présente ou non », a-t-il confié à Politico.
Ce manque d’enthousiasme avait aussi été relayé dans un long article de Vanity Fair publié en mai. « Je me suis entretenu avec plus de deux douzaines de membres de l’équipe de campagne de Kamala Harris, d’anciens collaborateurs de la Maison Blanche, d’élus, de stratèges politiques et de grands donateurs, confiait Aidan McLaughlin. À l’exception de ses proches conseillers, aucun n’a évoqué avec enthousiasme une éventuelle campagne de Kamala Harris pour 2028. »
C’est pourtant bien elle qui domine les sondages (à prendre avec des pincettes) réalisés pour 2028. Mais la popularité de Kamala Harris tient principalement au fait qu’elle est la dernière candidate du parti à la présidentielle. Depuis, aucune figure n’a réellement réussi à s’imposer, à part peut-être le gouverneur de Californie Gavin Newsom qui la talonne dans les enquêtes d’opinion. À la surprise générale, ce dernier a d’ailleurs déclaré il y a quelques jours qu’il « n’irai(t) pas si elle y va ». Pour le journaliste américain Astead Herndon, Newsom tente de « faire pression sur Harris pour qu’elle prenne une décision rapidement ». Cette dernière est, en tout cas, prête à prendre son temps.


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