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Raphaël Glucksmann estime que les médias détenus par Vincent Bolloré « ouvrent grand les vannes à Mme Fedorova » et « se font les caisses de relais de la propagande poutinienne ».
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 14:08 | mis à jour aujourd'hui à 14:38 - Temps de lecture :
« Il faut retirer le micro » à la Russe Xenia Fedorova, chroniqueuse dans les médias du groupe Canal+, parce qu'elle « n'est pas une journaliste » mais une « agente russe ». Elle est ainsi au service d'un régime qui « menace directement » l'Europe, a estimé dimanche Raphaël Glucksmann.
« Il faut lui retirer le micro parce qu'en réalité, ce n'est pas une journaliste, ce n'est pas une commentatrice, c'est une agente russe et c'est une agente russe depuis le début » de l'offensive russe en Ukraine en 2022, a affirmé le patron de Place Publique, qui se prépare à une candidature à la présidentielle. Il s'exprimait dans l'émission Le Grand Jury pour RTL, Public Sénat, Le Figaro, M6. De fait, si Xenia Fedorova a un temps dirigé la chaîne RT en France, elle n'a aucune formation ni aucune expérience en matière de journalisme. Elle est pourtant présentée comme « journaliste » par les médias qui l'emploient, appartenant au groupe détenu par le milliardaire Vincent Bolloré.
Des gens « au service d'intérêts étrangers »
« Donc les médias de M. Bolloré quand ils ouvrent grand les vannes à Mme Fedorova, ils se font les caisses de relais de la propagande poutinienne », a-t-il ajouté. « Si c'est ça ce que l'extrême droite appelle du patriotisme, eh bien ça confirme juste une chose, c'est que ces gens sont au service d'intérêts étrangers hostiles à ceux de notre Nation, et en particulier d'un régime qui menace [...] directement la France, qui menace directement l'Europe », a-t-il ajouté.
Raphaël Glucksmann a déploré que les dirigeants politiques ne « parlent quasiment plus de l'Ukraine » avec « le risque d'une guerre sur le sol de l'Union européenne avant 2029 ». Par conséquent, « nous devons soutenir massivement les Ukrainiens, non pas simplement par solidarité envers une Nation dont le seul crime est de vouloir vivre libre, mais parce que c'est notre intérêt vital ».
Ancienne patronne de la chaîne officielle russe RT en France, Xenia Fedorova est accusée jusqu'au sein du gouvernement français de dérouler la propagande du Kremlin. De nationalité russe, elle a obtenu un titre de séjour de 10 ans en 2024 en France, deux ans après l'invasion russe de l'Ukraine - qu'elle nie.
Le groupe Bolloré défend sa chroniqueuse
Xenia Fedorova intervient sur CNews et Europe 1, signe une chronique dans l'hebdomadaire le JDNews et présente l'émission religieuse Lumières orthodoxes sur CNews et CStar (deux chaînes du groupe Canal+). Elle a été soutenue dimanche par Arnaud Lagardère, gérant de Lagardère Radio (qui détient Europe 1), et Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France : « Elle contribue depuis près de 10 ans à la diversité du paysage audiovisuel français » et « apporte sur le conflit russo-ukrainien un éclairage que l'on n'entend pas ailleurs », ont affirmé les deux dirigeants dans une tribune publiée par le Journal du dimanche (JDD) - autre média dans le giron de Vincent Bolloré. « Nous n'approuvons pas forcément chacune de ses positions. En revanche, nous nous opposons à sa délégitimation systématique », ont-ils ajouté.
Vendredi, le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, avait défendu Xenia Fedorova, voyant dans sa présence sur CNews un enjeu de « liberté d'expression ». « Je ne crois pas qu'on peut parler d'un agent russe », avait-il répondu.


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