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Matignon reconnaît avoir accordé un sursis à Édith Cresson pour conserver son véhicule avec chauffeur, mais cela devrait prendre fin au mois d’août.

LUDOVIC MARIN / AFP
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu quitte le Conseil des ministres hebdomadaire au palais de l’Élysée, à Paris, le 8 avril 2026.
Présentée comme un symbole de sobriété budgétaire, la suppression des avantages à vie des anciens Premiers ministres se heurte déjà à ses premières exceptions. Après les révélations de Mediapart sur le maintien de la voiture de fonction et du chauffeur d’Édith Cresson, Matignon a finalement livré sa version des faits, ce samedi 18 juillet.
Entré en vigueur le 1er janvier 2026, le décret voulu par Sébastien Lecornu mettait fin aux privilèges accordés à vie aux anciens locataires de Matignon et aux ex-ministres de l’Intérieur. Véhicule avec chauffeur, secrétariat et protection rapprochée devaient désormais être réservés aux anciens responsables ayant quitté leurs fonctions depuis moins de dix ans ou dont la situation sécuritaire le justifiait.
Pourtant, dans une enquête publiée ce vendredi, Mediapart a révélé qu’Édith Cresson, Première ministre de François Mitterrand entre 1991 et 1992, continuait à ce jour de disposer d’une voiture de fonction avec chauffeur plus de six mois après l’entrée en vigueur de la réforme. Plus encore, son frère, Harold Cresson, profite régulièrement de ce véhicule, notamment pour aller lui rendre visite tous les dimanches.
Interrogé, ce dernier a d’ailleurs expliqué que sa sœur a obtenu l’autorisation de conserver cet avantage... directement auprès de Sébastien Lecornu. Une information confirmée par l’aide à domicile d’Édith Cresson : « C’est Sébastien Lecornu qui lui a envoyé un courrier pour lui dire qu’elle pouvait garder cet avantage ».
Avant la publication de cette enquête, le cabinet du Premier ministre avait refusé de répondre aux questions de Médiapart. Finalement, Matignon a choisi de sortir du silence, et de donner quelques explications.
Un sursis temporaire, pour des raisons « sanitaires et humaines »
Matignon a confirmé auprès du Parisien qu’Édith Cresson bénéficiait bien encore d’une voiture de fonction avec chauffeur, mais assure qu’il ne s’agit pas d’un maintien d’avantage à vie. Les services du Premier ministre évoquent un sursis exceptionnel accordé pour tenir compte de « situations sanitaires et humaines particulières ». « Dans deux cas spécifiques, dont celui d’Édith Cresson, ces services seront retirés au 1er août », ont-ils précisé.
La deuxième personnalité concernée par cette dérogation était Lionel Jospin. Selon Matignon, l’ancien Premier ministre, décédé le 22 mars dernier, avait lui aussi bénéficié d’un délai supplémentaire en raison de son état de santé très dégradé, afin de lui permettre de « s’organiser ».
Matignon a par ailleurs précisé que six véhicules ont bien été retirés à leurs bénéficiaires dès le 1er janvier 2026. Toutefois, la mise au point du gouvernement ne répond toutefois pas à toutes les interrogations soulevées par l’enquête de Mediapart, notamment sur l’utilisation du véhicule d’Édith Cresson par son entourage.
Et cette affaire intervient quelques semaines après une autre polémique concernant l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été impliqué dans un accident de la circulation alors qu’il se trouvait à bord d’une voiture avec chauffeur. Il avait expliqué bénéficier de ce véhicule dans le cadre d’une mission confiée par le Quai d’Orsay.


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