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Dans un match qui a basculé dans une forme de folie, l’équipe de France s’est inclinée contre l’Angleterre (4-6) lors de la petite finale de Coupe du monde.
Dix buts, du spectacle, un scénario complètement fou, des records et deux équipes prêtes à se rendre coup pour coup. Est-ce Miami, son ambiance tropicale et ses plages de sable blanc ? La perspective des vacances ? Ou la volonté de Français et d’Anglais d’offrir un feu d’artifice d’émotions à Didier Deschamps pour sa dernière à la tête de l’équipe de France ? Toujours est-il que le public de Floride a vécu un moment inattendu pour cette petite finale que personne ne voulait jouer mais que tout le monde a fini par regarder.
Dans ses bureaux, la Fifa se frotte les mains face à des rebondissements qu’aucun scénariste n’aurait imaginés un seul instant. Et c’est finalement l’Angleterre qui a décroché la troisième place de cette Coupe du monde face à une équipe de France un temps indigne, puis révoltée, avant d’être mise KO en toute fin de rencontre (4-6). Plombée par ses faiblesses et un Bellingham sorti de sa boîte. Les vacances sont là, la déception réelle et la dernière de Didier Deschamps inaboutie. Un chapitre de plus à glisser dans un livre déjà bien rempli. Mais quelle folie. Quel feu d’artifice.
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Les Bleus font honte
Depuis des jours, les seuls bleus courageux pour se présenter devant les médias n’avaient qu’un mot en tête : finir sur une bonne note et offrir un dernier succès pour la dernière de leur sélectionneur. Raté. Une question de «devoir», «d’écusson», «d’hommage aux supporters français». Un discours de pacotille au regard du premier acte. Avec sept changements dans son onze de départ (entrée de Gusto, Konaté, Lacroix, T. Hernandez, Zaïre-Emery, Doué, Cherki), Didier Deschamps avait décidé d’effectuer un large turnover après la leçon de football reçue face à l’Espagne mardi à Dallas (0-2). Et les joueurs choisis ne lui ont pas donné raison dans un premier temps. Pire, ils ont fait honte.
Quand les « méchants » deviennent des chatons
Pendant quarante-cinq minutes, cette équipe de France est apparue désordonnée, apathique, lente et sclérosée. En face, l’Angleterre, sans Kane et Bellingham, ses deux meilleurs joueurs sur le banc, s’est amusée. Au point de ridiculiser des Bleus complètement catastrophiques. Et indignes de porter une tunique qui les a menés jusqu’en demi-finale. Dès le début de match, Rice profite d’une passe ratée de Doué pour progresser balle au pied, sans être attaqué, et tromper Maignan (0-1, 3e). Premier coup de chaud. Aucune réaction française, des mauvais choix, une équipe qui défend sans idée et ne fait que marcher sur la pelouse du Hard Rock Stadium. Quinze minutes plus tard, Konsa dépose Rabiot sur corner et double la mise (0-2, 18e). Un calvaire.
Sur son banc, Deschamps est consterné. Le naufrage est total. Ses choix désavoués par la désinvolture de ses troupes. Les fameux «méchants» sont devenus des chatons. Et ne font plus peur à personne. Les Anglais n’en demandent pas tant et poursuivent leur humiliation grâce à un doublé de Saka (37e, 45+2) qui profite des largesses d’une défense aux abois et d’un collectif bleu calamiteux. À l’image d’un Olise non concerné, d’un Gusto dépassé ou d’une charnière centrale Konaté-Lacroix qui donne l’impression de sortir du formol. 0-4 à la pause. Net et sans bavure.
Deschamps change presque tout… le match bascule dans la folie
Face à ce désastre, le futur ex-sélectionneur n’a pas d’autres choix que de trancher. Et éliminer. Quatre changements à la pause (Upamecano, Digne, Barcola, Dembélé pour Konaté, T. Hernandez, Doué, Cherki)... et une équipe de France transfigurée. Dans un match totalement illisible. Plus du tout les mêmes intentions, la même agressivité et des joueurs transfigurés, à l’image d’un Olise agaçant puis de nouveau concerné.
C’est lui, après une intervention musclée d’Upamecano, qui sert Mbappé (1-4, 48e) pour la réduction du score. Sixième passe décisive pour le Munichois, soit l’égal de Pelé en 1970. Déroutant. Et neuvième but pour le capitaine, soit un de plus dans cette édition que Messi, attendu dimanche et 21 contre 20 à l’Argentin dans l’histoire des Coupes du monde. Incroyable. Sur l’action d’après, Mbappé se mue en passeur décisif pour Barcola (2-4, 54e), provoquant l’explosion d’un stade sous le choc et gavé de buts. Formidable publicité pour la Fifa et sa petite finale au passage.
Mbappé et Olise mettent le feu… et entrent dans l’histoire
Dans un remake de France-Argentine 2022, et devant 65.000 spectateurs surpris par un match démentiel, ces Bleus ont donc décidé d’offrir frissons et émotions avant de quitter la scène. La honte et l’indignation d’abord. Le délice et la gourmandise ensuite. À ce petit jeu, le duo Olise-Mbappé a enfilé son costume de lumière en faisant chavirer l’assistance avec un somptueux une-deux, pour un nouveau but du capitaine français (3-4, 66e). Mbappé devant Messi. Olise devant Pelé. Et un match totalement relancé. Contre toute attente.
Sur son banc, Didier Deschamps prend dix ans dans la figure pour sa dernière après deux septennats. Les Anglais sont KO. Miami bascule dans la folie. Un moment irrationnel qui nous renvoie – sans comparaison aucune avec l’enjeu – à Doha quatre ans plus tôt. Olise, transfiguré, est à deux doigts d’égaliser (75e, 80e), Dembélé, auteur d’une belle entrée, aussi (63e). Et si l’équipe de France réalise l’impensable ? Et non surtout.
Gusto plombe l’équipe de France, le coup de grâce de Bellingham
En plein temps fort face à une Angleterre au bord du précipice, la France est plombée par un Gusto coupable d’une faute grossière, sanctionné d’un penalty du triplé pour Saka (3-5, 87e). Si certains se demandaient pourquoi Koundé a joué tous les matches, il suffit de regarder la copie rendue par son concurrent direct. Cataclysmique. Et des rêves de remontada fabuleuse qui s’envolent pour les Bleus.
Même si Dembélé, servi par un héroïque Upamecano (4-5, 90+7), redonne un peu d’espoir... avant que Bellingham n’humilie Lacroix et clôt un match totalement dingue (4-6, 90+8). Dément. De bout en bout. Et tout ça pour une troisième place. Les Bleus ne s’en satisferont pas. Deschamps non plus. Le feu d’artifice est là, malgré tout. Les émotions aussi. Cela valait le coup de rester trois jours de plus en Amérique.


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