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Le premier ministre Mark Carney était au courant des plans de la société pétrolière South Bow visant à relancer des parties du pipeline Keystone XL annulé lorsqu'il a évoqué cette idée avec le président américain Donald Trump, en octobre dernier, a rapporté mardi une source proche du dossier à Reuters.
Selon cette source fédérale, qui a requis l'anonymat pour parler librement, M. Carney savait à ce moment-là que South Bow était en pourparlers avec de potentiels partenaires américains pour ressusciter une partie de l'ancienne ligne Keystone XL.
Il était certainement au courant qu'il y aurait un certain intérêt du secteur privé, a déclaré la source.
Lors de sa rencontre à la Maison-Blanche en octobre, le premier ministre, alors sous pression croissante au Canada pour répondre aux douloureux tarifs américains sur l'acier, l'automobile et d'autres produits, a demandé à M. Trump s'il serait intéressé si le projet Keystone devait être relancé et bénéficiait d'un soutien canadien.
Le gouvernement canadien n'est impliqué d'aucune manière dans la proposition de South Bow, a précisé la source, tout en ajoutant que l'énergie en général sera un élément important des négociations lors de l'examen prochain de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Un porte-parole du bureau de M. Carney a refusé de commenter, renvoyant les questions au ministère des Ressources naturelles du Canada. Dans une réponse par courriel, la porte-parole du dit ministère, Charlotte Power, a déclaré : Le Canada est une superpuissance énergétique, et nous avons ce que le monde veut.
Alors que le gouvernement fédéral se prépare pour l'examen de l'ACEUM, nous nous engageons activement avec les dirigeants de l'industrie et les provinces et territoires pour nous assurer que notre position de négociation reflète les intérêts économiques du Canada.
De son côté, un porte-parole de South Bow, dont le siège est à Calgary, a confirmé par courriel à Reuters que la société évaluait une proposition qui tirerait parti de ses infrastructures existantes et de ses couloirs déjà autorisés au Canada pour potentiellement se connecter à des oléoducs de pétrole brut aux États-Unis.

Des tuyaux prêts à être utilisés pour la construction du tronçon canadien du pipeline Keystone XL en Alberta, près de la ville d'Oyen, sur une photo d'archive datant de 2020.
Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx/CBC
Le porte-parole n'a pas précisé quelles infrastructures existantes pourraient être utilisées ni avec quelle entreprise elle s'associerait au sud de la frontière.
En octobre, au moment de la rencontre Carney-Trump, South Bow avait déclaré qu'elle était passée à autre chose concernant le projet Keystone XL mais qu'elle soutenait les efforts visant à accroître le transport du pétrole canadien.
Du côté américain, la société Bridger Pipeline a récemment déposé une proposition auprès des régulateurs du Montana décrivant la construction d'un oléoduc potentiel de 1038 km commençant près de la frontière entre les États-Unis et le Canada dans le comté de Phillips, au Montana, et transitant vers Guernsey, dans le Wyoming.
Selon sa demande, le nouvel oléoduc aurait pour but de transporter jusqu'à 550 000 barils par jour de pétrole brut canadien vers le marché américain. Bridger a refusé de commenter l'affaire.
Avec les informations de Reuters


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