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Plusieurs milliers de personnes vêtues d’orange se sont rassemblées mercredi matin, à Winnipeg, à l’occasion d’un événement organisé en l’honneur des survivants des pensionnats pour Autochtones et des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux, dans le cadre de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation du Canada. L’événement a été suivi d’une marche dans le centre-ville de Winnipeg et d’un pow-wow.
Pour des personnes comme Della Gregory, cette journée est chargée d’émotion.
Elle dit assister à l’événement pour rendre hommage aux enfants morts dans ces pensionnats, ainsi qu’à ses amis et à sa famille qui sont des survivants.
Si certains survivants ont pu mettre leur expérience au service des autres, d’autres sont encore aux prises avec le traumatisme de ce qu’ils ont enduré, ajoute Della Gregory.
Cette journée nationale, également connue sous le nom de la « Journée du chandail orange » (nouvelle fenêtre), a lieu le 30 septembre et en est maintenant à sa sixième édition.
Elle vise à rendre hommage aux survivants des pensionnats pour Autochtones canadiens et aux enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux, dans le cadre des engagements de réconciliation en cours découlant des 94 appels à l’action formulés dans le rapport de la Commission de vérité et de réconciliation.
C’est tellement important, parce que les gens ont simplement balayé cette question sous le tapis pendant des années, a affirmé Della Gregory. Ils ne veulent pas en parler parce qu’ils ont honte, alors qu’ils ne devraient pas avoir honte. Ce ne sont pas eux qui ont fait quelque chose de mal. C’est le gouvernement qui les a arrachés à leurs foyers.

Torri Hirsch McKay, qui tenait une affiche sur laquelle on pouvait lire « Vous avez essayé de nous effacer, mais nous sommes toujours là », faisait partie des nombreuses personnes vêtues de chandails orange qui se sont rassemblées mercredi à La Fourche à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey/CBC
Della Gregory espérait que le fait d’entendre des récits sur ce qui s’est passé dans les pensionnats pour Autochtones du Canada aiderait à sensibiliser les gens qui ne connaissent pas cette partie de l'histoire canadienne aussi bien qu’elle.
Sheila Ouellette indique que certains membres de sa famille avaient également été forcés de fréquenter des pensionnats pour autochtones.
Dans ma famille, on n’en a jamais vraiment parlé, affirme-t-elle. C’était simplement le mode de vie, vous savez — les enfants partaient à l’école, et personne ne parlait vraiment de ce qui s’était passé.

Une foule de personnes vêtues d’orange s’est rassemblée mercredi à La Fourche à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, également connue sous le nom de « Journée du chandail orange ».
Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey/CBC
Le maire sortant de Winnipeg, Scott Gillingham, a indiqué que cette journée nationale est un moment important pour se souvenir du passé, mais aussi pour réfléchir à l’avenir.
Il s’agit pour nous de nous rassembler en tant que communauté afin de nous engager sur la voie de la réconciliation et de bâtir un avenir meilleur, a-t-il affirmé. Un avenir meilleur pour Winnipeg, pour le Manitoba, pour le Canada. Un avenir où chacun aura sa chance. Un avenir où nous nous honorerons et nous respecterons mutuellement, et où nous établirons un partenariat qui garantira que notre ville et notre avenir soient plus solides pour chaque famille.
Une marche à fort symbolisme
Plusieurs milliers de personnes ont aussi pris part à une marche jusqu’au Centre Canada Vie. Les rues du centre-ville étaient d'ailleurs pendant plusieurs heures.
Il y a aussi eu un pow-wow au Centre Canada Vie, au cours de l’après-midi.

Une foule de personnes ont pris part à une marche commémorative au centre-ville de Winnipeg.
Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey/CBC
Derek Nepinak, chef de la communauté Minegoziibe Anishinabe (anciennement connue sous le nom de Première Nation de Pine Creek), a indiqué qu’il était important pour lui de continuer à parler de ce qui s’est passé dans les pensionnats pour Autochtones, à cause des personnes comme sa mère, une survivante à la fois des pensionnats et des écoles de jour.
Il a ajouté que cela revêtait une importance particulière, car le négationnisme concernant les pensionnats continue d’exister.
Il y a des gens qui refusent de croire à la véritable histoire de ce qui s’est passé au Canada, et ils se sont organisés; ils ont déversé leur haine dans les rues de nos villes — et cet amour et cette bienveillance que nous exprimons lors d’un événement comme celui-ci constituent une réfutation de tout cela, a affirmé Derek Nepinak, à l’issue de la marche vers le Centre Canada Vie. C’est la reconnaissance du fait qu’il y a bien plus de gens qui se souviennent, qui reconnaissent et qui soutiennent les survivants des pensionnats, comparativement à ceux qui sont là à nier ces faits.
Il a encouragé les gens à amener leurs enfants et leurs petits-enfants aux activités de la Journée du chandail orange mercredi, afin que ce message continue de se transmettre d’une génération à l’autre — pour que nous, en tant que Canadiens, n’oublions jamais ce que nous avons survécu ici.
Avec les informations de Mike Arsenault


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