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« C’était urgent » : Susan Holt défend la mise en place des cliniques collaboratives

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La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, défend la mise en place des cliniques collaboratives dans la province. Elle réagit au rapport du vérificateur général publié mardi qui fait état de certaines lacunes en matière de planification, de gouvernance et de mesure du rendement de ces cliniques.

La création de 30 cliniques collaboratives dans la province était l'une des promesses phares des libéraux de Susan Holt lors de la campagne électorale de 2024.

Son gouvernement a inauguré 19 cliniques de ce genre dans la province jusqu'à présent. Selon Mme Holt, la promesse des 30 cliniques collaboratives devrait être réalisée « l’année prochaine ».

Cependant, mardi, le vérificateur général du Nouveau-Brunswick, Paul Martin, a publié un rapport montrant que le ministère de la Santé ne disposait pas d’informations suffisantes pour prouver que ces cliniques amélioraient l’accès aux soins primaires.

Image du rapport du vérificateur général.

Le vérificateur général Paul Martin critique dans son rapport publié le 29 septembre 2026 la manière dont les cliniques collaboratives sont mises en place.

Photo : Charles-Étienne Drouin

Selon M. Martin, l'expansion des cliniques n'a pas été guidée par une évaluation provinciale complète et n'a pas montré une réduction de la liste d'attente pour l'accès à un médecin de famille.

Une réponse aux besoins

En réagissant aux constats du rapport, la première ministre reconnaît qu’il reste du travail à faire, mais soutient que les cliniques collaboratives répondent aux besoins des citoyens.

Une salle d'une clinique collaborative à Moncton. Une affiche indique «Salle de traitement».

Une clinique de soins en collaboration se caractérise par le travail conjoint de plusieurs professionnels de la santé, selon les besoins de la communauté.

Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau

On sait qu’elles répondent aux besoins parce que les besoins sont partout, explique-t-elle, en soulevant que le rapport de M. Martin ne freine pas la lancée de la province dans ce dossier.

Si une personne a besoin d’un soin primaire, [elle] mérite de l’avoir et on devrait livrer ce service-là.

Selon Mme Holt, l’instauration rapide des cliniques collaboratives se défend en raison des données du Conseil de santé du Nouveau-Brunswick et des demandes des Néo-Brunswickois et des Néo-Brunswickoises.

C’était urgent de commencer à travailler sur ce défi, soutient-elle.

Le ministre parle à un groupe de journalistes.

Le ministre de la Santé, John Dornan, a exprimé que son ministère « continuera de faire ce qui est nécessaire pour que tous les Néo-Brunswickois aient accès aux soins primaires ». (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Jeudi dernier, le ministre de la Santé, John Dornan, a annoncé que la province dispose désormais de nouveaux outils pour mieux déterminer le nombre de patients orphelins, un nombre que la province avait autrefois sous-estimé.

Maintenant, on peut savoir exactement qui n’a pas accès aux services, où ils habitent, et on peut assurer que nos investissements [...] vont exactement à la bonne place, affirme la première ministre en notant qu’il s’agit déjà d’un progrès que le vérificateur général recommandait dans son rapport.

L’opposition d'accord avec le vérificateur

Le député progressiste-conservateur Bill Hogan, porte-parole de l'opposition en matière de santé, juge que l’idée des cliniques collaboratives n’est pas mauvaise en soi. Toutefois, il se dit préoccupé par la façon dont le gouvernement a procédé.

Bill Hogan répond aux questions des journalistes à l'intérieur de l'Assemblée législative à Fredericton.

Bill Hogan se dit déçu de la manière dont le gouvernement libéral a décidé de s'attaquer aux enjeux de l'accès aux soins de santé. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano

Ça me dérange. Pour le faire aussi vite que possible, pour ouvrir une clinique, il faut connaître les coûts, il faut avoir une idée d’un budget, a-t-il expliqué mercredi matin à l’émission La matinale.

Je suis tellement déçu, déçu par le fait que le ministère ait été incapable de donner [au] vérificateur général des détails qui [auraient] été vraiment importants pour laisser savoir si c’est quelque chose qui va être un succès, dit-il, en ajoutant que l’avenir de ces cliniques est incertain, selon lui.

Le chef du Parti vert, David Coon, se désole quant à lui de l’absence d’évaluation provinciale complète, lacune soulevée par le vérificateur général.

Il n’y a aucun plan provincial [qui permet] d’assurer qu’il y a une clinique collaborative à chaque endroit où il y a un besoin, explique M. Coon.

Pourquoi il faut attendre des rapports? 

Mercredi, au micro de l’émission La matinale, un coprésident de la Coalition de la santé du Nouveau-Brunswick, Jean-Claude Basque, a expliqué que le besoin des cliniques collaboratives dans la province est bel et bien réel, mais que le manque d’un plan provincial est inquiétant.

Heureusement qu’il y a le vérificateur général, parce qu’on ne saurait pas, a-t-il affirmé.

Jean-Claude Basque dans un studio de radio.

Jean-Claude Basque, coprésident de la Coalition de la santé du Nouveau-Brunswick, salue les recommandations du rapport du vérificateur général publié mardi. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Toutefois, M. Basque souligne que des constats similaires en matière de santé avaient été soulevés par les rapports du vérificateur général sous le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs. Peu importe le gouvernement, selon lui, la transparence doit être la clé.

Je pense que nous et les citoyens devons nous [demander] pourquoi il faut attendre des rapports de vérificateurs généraux pour avoir l’heure juste, ajoute le coprésident de la Coalition de la santé.

Le ministère de la Santé a accepté les 12 recommandations du vérificateur général.

Avec les informations d'Esther Chaumont-Goneau et de l'émission La matinale

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