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Mais que fait l’Arcom ? Le régulateur sort du silence après le traitement médiatique du 17 octobre

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L’Arcom dit s’être emparée d’une dizaine de saisines, après des séquences diffusées sur CNews ou franceinfo en lien avec la mobilisation du 17 octobre et les actes de violences.

Par Maxime Birken avec AFP

L’Arcom dit avoir été saisi pour plusieurs séquences, dont une sur CNews impliquant une fausse information relayée par la journaliste du JDD Lara Tchekov qui avait été démentie par la DGSI.

Capture d’écran X

L’Arcom dit avoir été saisi pour plusieurs séquences, dont une sur CNews impliquant une fausse information relayée par la journaliste du JDD Lara Tchekov qui avait été démentie par la DGSI.

Fake news, manque de contextualisation, propos condamnables et échanges virulents à l’antenne… Après plusieurs jours de couverture controversée des mobilisations (et des violences, surtout) à la télévision et à la radio après les événements du 17 octobre en France, on pouvait légitimement attendre une réaction de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), le régulateur de l’audiovisuel français.

Celle-ci s’est fait attendre, jusqu’à jeudi 22 octobre. Le gendarme du PAF a fini par poser un regard critique sur la séquence et à commencer à distribuer les cartons jaunes. L’Arcom annonce ainsi avoir écrit aux chaînes de télévision et aux radios pour « les appeler à la plus grande vigilance dans le traitement des manifestations et des troubles à l’ordre public survenant depuis le 17 octobre ».

« Dans ce contexte inédit, le régulateur souligne l’importance d’un traitement rigoureux et équilibré des événements, en particulier lorsque les informations présentées à l’antenne sont susceptibles de provoquer la peur ou d’accentuer le risque de trouble à l’ordre public », tient à mettre en valeur l’Arcom dans un communiqué. L’autorité rappelle aussi « l’obligation qui s’impose aux chaînes de maîtriser à tout moment leur antenne, notamment si des propos susceptibles d’être discriminatoires ou de porter atteinte aux droits des personnes y sont tenus ».

Et compte tenu de la séquence d’actualité chargée, aussi bien dans les médias que sur les réseaux sociaux, l’Arcom assure également suivre « avec beaucoup d’attention la situation sur les réseaux sociaux et échange régulièrement avec les plateformes ». Un travail de vigilance que le régulateur entreprend en lien avec le gouvernement et la Commission européenne. « Les plateformes doivent notamment veiller au retrait des contenus illicites signalés », est-il indiqué.

Une dizaine de dossiers à étudier

Sur ce sujet aussi, les médias français ont été mis en garde. « Dans un contexte de diffusion massive de contenus accessibles en ligne », l’Arcom a tenu à rappeler « le rôle déterminant joué par les rédactions professionnelles dans la production et la diffusion d’une information vérifiée et contextualisée ».

Par ailleurs, l’Arcom affirme aussi avoir été saisie au sujet de plusieurs séquences. « L’Arcom a engagé l’instruction de plusieurs séquences en vue, le cas échéant, d’éventuelles interventions auprès des chaînes ou sanctions », est-il précisé. Celles-ci concernent, selon l’AFP, une dizaine de séquences.

Parmi elles, une saisine concerne des propos tenus dimanche soir sur CNews par une journaliste du JDD, Lara Tchekov. Celle-ci avait déclaré que des armes automatiques auraient été repérées entre les mains d’émeutiers, une affirmation depuis démentie dans la presse par la DGSI, le principal service de renseignement intérieur. Jeudi matin, Lara Tchekov avait de son côté admis sur CNews avoir « sans doute délivré trop prématurément l’information à l’antenne », dans la « précipitation » du direct.

Un autre dossier sur lequel doit se pencher l’Arcom concerne les propos de l’éditorialiste de franceinfo Alix Bouilhaguet. Elle avait affirmé mercredi, à tort, que le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, n’avait « jamais nettement condamné les violences du 17 octobre ». « J’ai commis une erreur et je m’en excuse », a-t-elle déclaré jeudi à l’antenne, après avoir posté un message similaire mercredi sur X.

D’autres saisines portent sur des propos d’Éric Zemmour, le patron de Reconquête !, sur plusieurs chaînes. Avant de connaître d’éventuelles sanctions prises par l’Arcom, le régulateur annonce se réserver « la possibilité de signaler tous les propos pénalement répréhensibles tenus à l’antenne au procureur de la République, afin que la responsabilité individuelle des auteurs puisse être engagée ».

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