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FIGAROVOX/TRIBUNE - Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à huis clos ce vendredi 27 mars à la demande de Moscou. Pour le président du Brésil, son fonctionnement doit être réformé pour qu’il ne soit plus un simple spectateur des dérives et conflits qui frappent le monde.
Chaque violation du droit international est une invitation à de nouvelles transgressions. De l’Afghanistan à l’Iran, en passant par l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine, Gaza et le Venezuela, la ligne qui sépare le permis et l’interdit s’est progressivement estompée sous l’omission complice du Conseil de sécurité des Nations unies. Utilisant le veto tantôt comme bouclier, tantôt comme arme, les membres permanents du Conseil agissent sans fondement dans la Charte des Nations unies. Ils jouent avec le destin de millions de personnes, laissant derrière eux une traînée de mort et de destruction.
Jusqu’à récemment, on s’efforçait encore, du moins, de conférer aux interventions un vernis de légitimité par l’aval de l’ONU. Aujourd’hui, l’exercice décomplexé du pouvoir ne se soucie même plus de sauver les apparences. Les cadres institutionnels multilatéraux deviennent trop étroits pour contenir les rivalités hégémoniques. Sans multilatéralisme, nous risquons de remplacer un système imparfait de sécurité collective par la réalité brutale d’une insécurité généralisée. Lorsque toutes les contraintes à l’usage de la force disparaissent, le chaos s’impose.
Le monde connaît le plus grand nombre de conflits armés depuis la Seconde Guerre mondiale. Il n’est pas fortuit que cela survienne précisément au moment où la démocratie se trouve à la croisée des chemins. L’extrémisme est à la fois le point de départ et d’arrivée d’un cycle pernicieux. Lorsque des gouvernements se laissent entraîner vers la guerre par l’intolérance ou l’arrogance du pouvoir, ils sèment les graines du ressentiment, qui feront germer davantage de haine et de violence.
Les fluctuations du prix du pétrole renchérissent l’énergie et les transports, voire les rendent inaccessibles aux entreprises et aux consommateurs.
LulaLes avancées technologiques à double usage nous confrontent à des enjeux éthiques. La sélection des cibles militaires est déjà confiée à l’intelligence artificielle, sans que des paramètres juridiques ou moraux aient été établis. Les principes du droit international humanitaire, en particulier la distinction entre civils et combattants, sont remis en cause. Les femmes et les enfants sont les principales victimes de cette tragédie collective.
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Nous vivons une course aux armements, qui conduit les pays à consacrer des parts croissantes de leurs budgets à l’armement. Des dépenses militaires de l’ordre de 2 700 milliards de dollars absorbent des ressources précieuses qui pourraient être mobilisées pour lutter contre la faim et la pauvreté, faire face au changement climatique, universaliser l’éducation et promouvoir l’inclusion numérique. Plus absurde encore est de voir la faim utilisée de manière récurrente comme arme de guerre, et les déplacements forcés de populations pratiqués en toute impunité.
Aucune bombe, aucun drone, aucun missile ne peut mettre les économies à l’abri de l’impact des conflits armés. Les fluctuations du prix du pétrole renchérissent l’énergie et les transports, voire les rendent inaccessibles aux entreprises et aux consommateurs. Les blocus entravent le commerce. Le manque d’engrais fait augmenter les prix alimentaires et accentue les pressions inflationnistes. Les banques centrales relèvent les taux d’intérêt, aggravant l’endettement public et privé. Des opportunités d’investissement et des emplois sont perdus.
Les actions unilatérales, les mesures arbitraires, les atteintes à la souveraineté et les exécutions sommaires deviennent la norme. Des études publiées par la prestigieuse revue The Lancet montrent que l’imposition de sanctions sans l’aval de l’ONU, en particulier celles de nature économique, affecte les taux de mortalité des pays visés, ayant causé en moyenne la mort d’environ un demi-million de personnes par an depuis les années 1970.
Un pouvoir sans limites est synonyme d’instabilité. Un monde sans règles est un monde d’insécurité, où chacun peut devenir la prochaine victime. La violence ne peut se substituer à la parole, ni la force l’emporter sur la diplomatie. Les prérogatives des membres permanents du Conseil de sécurité sont déjà injustifiables dans un ordre international juridiquement fondé sur l’égalité souveraine des nations. Exercées de manière irresponsable, elles deviennent intolérables. Il est temps de réagir avec vigueur, en redonnant à une ONU réformée sa capacité d’action, afin qu’elle cesse d’être une simple spectatrice des événements qui nous frappent tous.


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