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CHRONIQUE - À la Philharmonie de Paris, le 24 avril, l’Ensemble intercontemporain célébrait la création musicale dans un langage fleuri. Tel est le drame de notre époque : plus les œuvres sont pauvres en substance, plus les commentaires qui les entourent deviennent grandiloquents.
Le 24 avril dernier à la Philharmonie de Paris, l’Ensemble intercontemporain présentait des créations musicales dans un langage particulièrement fleuri. Ainsi de cette pièce pour deux cors de Marco Stroppa : « Les deux cornistes se tournent le dos et dirigent leurs sons vers des caisses claires qui vibrent par sympathie, générant d’impressionnantes illusions acoustiques. » Dans l’œuvre d’un certain Gérard Grisey, le compositeur « convoque l’image d’archéologues découvrant une stèle et la dépoussiérant jusqu’à y mettre à jour (sic !) une inscription funéraire, deux percussionnistes travaillant alors un matériau sonore presque archaïque sur deux grosses caisses ». Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! Le problème avec la musique dite « contemporaine », c’est que les mots et les sons ne sont pas raccords. À l’audition, on ne s’affranchit pas sans douleur de la mélodie, encore moins de l’harmonie, une notion qui ne domine pas en vain toute l’histoire de l’art…


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