En Suisse, on a tendance à «penser petit» et à «ignorer le coût futur de ce à quoi on renonce», a déploré le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet au récent Forum des 100 organisé par Le Temps. Deux exemples en donnent une image concrète: le Lötschberg et le métro M2. Tous deux ont été sous-dimensionnés, «amaigris» lors de leur conception afin d’en réduire la facture et d’augmenter leurs chances de succès en votation populaire. Un quart de siècle plus tard, la facture s’alourdit car il faut réaliser ce à quoi on a renoncé à l’époque. Il faut aujourd’hui répondre à la demande, élevée, et l’on en profite pour moderniser les installations.
Le tunnel de base du Lötschberg fêtera ses 20 ans en 2027. Comme le Gothard, il aurait dû être intégral, c’est-à-dire à double tube sur 35 kilomètres. Il aurait même pu comprendre une variante en Y au portail sud, avec une sortie en direction de Viège-Brigue et une autre en direction de Sion. C’est sur cette base que le peuple suisse approuva la construction des Nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes (NLFA) en 1992.


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